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LA MAISON DE HABSBOURG

animé par sa femme, l’ambitieuse fille de Jacques I°', rêvait les plus hautes destinées. | Une situation exceptionnelle qu'il occupait parmi les protestants d'Allemagne lui imposait d’ailleurs des responsabilités particulières. En 1608, quelques-uns des princes réformés, effrayés des progrès de la contre-révolution catholique, s'étaient assemblés et avaient jeté les bases d’une « Union » qui, dans leur pensée, devait grouper toutes les forces du protestantisme en Allemagne. Elle n’entraîna pas, il est vrai, les éléments luthériens, et elle resta calviniste; mais elle avait su se concilier des’ appuis à l'étranger. Henri IV et Jacques I‘ l’introduisirent, comme un élément précieux, dans le calcul de leurs combinaisons po-

litiques. Aussi obtenait-elle une certaine influence internationale.

Elle disposait d’une armée; les éléments qui la composaient étaient actifs et entreprenants: elle s'était déclarée hostile à la monarchie des Habsbourg. En somme, c'était une force. Or, cette Union avait pris pour directeur le comte palatin du Rhin.

Frédéric V, élevé dans les idées de ses oncles de Hollande et de France, avait donc les meilleures raisons de se considérer comme destiné à jouer un rôle décisif dans le conflit politique et religieux qui menaçait l'Allemagne. En 1617, persuadé, comme le lui avait rapporté son ambassadeur, le comte de Dohna, que c’en était fait de la maison d'Autriche, 1l se fit l'instrument de la vaste conjuration calviniste et libérale dont il se croyait le chef.

IL avait affaire à forte partie. Avant la mort de Mathias, la maison d'Autriche avait pris ses précautions et, par de sages arrangements de famille, elle avait ramassé tous les titres et toutes les chances sur la tête d'un de ses membres, cousin de l'Empereur, Ferdinand de Styrie. Celui-ci était le héros catholique par excellence. Sa mère, Marie-Anne, était fille de cet Albert V, duc de Bavière, qui avait tant fait pour la cause romaine en fondant, à Ingolstadt, le premier collège de Jésuites (1555). Ferdinand était lui-mème élève des Jésuites. On peut dire que c’est le triomphe

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