‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 319 sur 479 · FERDINAND ET MAXIMILIEN · texte numérisé non relu

FERDINAND ET MAXIMILIEN

la Hongrie rejetaient son autorité et réclamaient leur indépendance, les armes à la main; une bonne partie de ses États autrichiens, répondant au mot d'ordre protestant, s'étaient soulevés. En Allemagne, l’Union des protestants se prononçait contre lui; enfin son rival, Frédéric, palatin du Rhin, était élu, à sa place, roi de Bohême. :

Des armées puissantes, commandées par des chefs comme Thurn, Bethlen Gabor, Mansfeld, opératent contre lui; sa capitale était bloquée. Il était presque sans ressources, sans troupes, sans argent. Et cependant il ne désespéra pas. Dans un moment aussi critique, il avait prié Dieu, et entendu une voix qui lui disait : « Ferdinande, non te deseram; Ferdinand, je ne t’abandonnerai pas ».

Il comprit vite que sa seule chance de salut était auprès de Maximilien de Bavière. Celui-ci l'avait sauvé, une fois déjà, en déclinant la candidature à l’Empire. Il fallait obtenir de lui quelque chose de plus, son concours effectif contre les protestants et contre le Palatin. Lui seul avait une armée assez puissante et une autorité suffisante pour contre-balancer, en Allemagne, les efforts combinés de tous les adversaires de la maison d'Autriche.

Huit jours après son élection, Ferdinand quittait Francfort pour se rendre en Bavière. Le 28 septembre, 1l se rencontrait avec Maximilien, venu au-devant de lui, à Augsbourg et, le 8 octobre, un traité secret était signé à Munich, par lequel Ferdinand s'engageait « à lui rembourser tous les frais de la guerre, à lui laisser en gage, en attendant, tout ce qu’il enlèverait aux rebelles, à le dédommager en Autriche de toute perte de territoire; enfin, il promettait, verbalement il est vrai, de lui transférer la dignité électorale du Palatin ». Maximilien avait dévoilé ses trames et perçu ses arrhes.

Ferdinand s'adressait, en même temps, à tous les princes catholiques de l'Europe, au Pape, au roi d'Espagne pour demander des secours en hommes, ou du moins des subsides. Il envoyait des ambassades auprès des princes hésitants, en Allemagne, et hors d'Allemagne, c’est-à-dire en Saxe, en Danemark, en Pologne. Mais, surtout, il recourait à la France. Dès le mois d'oc-

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