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LE PALATIN ÉGALEMENT

Enfin, il avait pris son parti et avait accepté (1). Comte palatin, chef de l'Union protestante et roi de Bohème, gendre du roi d’Angleterre, neveu du duc de Bouillon et du comte Maurice de Nassau, il devenait le lien vivant de toutes les oppositions contre la maison d'Autriche. Mais, non moins que l’empereur Ferdinand, il avait besoin de la France.

Aussi, il se hâta d'écrire au roi Louis XIII pour lui exposer les motifs de sa décision (2) : il insistait particulièrement sur la nécessité où étaient lui et ses alliés de défendre « la liberté commune » contre les progrès menaçants de la maison d'Autriche: il rappelait au Roi l'alliance qui, du temps de Henri IV, avait uni la France et les protestants d'Aïlemagne. Il réclamait conseil, appui, SeCOurS.

Dans une lettre à Bouillon qu'il nommait « mon père », il s'expliquait avec plus de confiance encore : « Je vous supplie de croire que cette résolution ne procède d'ambition ou désir d’agrandir ma maison, mails que mon unique but est de servir à Dieu et à l’Église... » Lui aussi, comme son rival Ferdinand, croyait à sa mission, tant la religion est indulgente aux passions humaines : « C’est une vocation divine laquelle je ne dois rejeter. » « Je vois bien force incommodités et traverses devant les yeux... Mais il s'agit d’abattre cette maison d'Autriche qui a toujours tâché d’opprimer l'Église de Dieu... » Il rappelait aussi les raisons qu'il avait d'espérer : 1l se promettait l'alliance de son beau-père, Jacques I*; il escomptait le concours de tous les princes de l’Union; il tablaït sur les succès de Bethlen Gabor qui allait, disait-il, se faire couronner roi de Hongrie, à Presbourg. Il invoquait maintenant, comme décisive, l'intervention du roi Louis XIII, ou du moins la promesse de rester neutre. Il faisait appel à toute l'amitié de Bouillon pour disposer en sa faveur Les sentiments de la cour de France (octobre 1619).

(1) Voir l'exposé général des raisons et des griefs du Palatin, dans la déclaration solennelle qu'il fit en acceptant la couronne, Mercure françois (t. VI, p. 156).

(2) Deux lettres du comte Frédéric Palalin au Roi de France, l’une du 2 octobre 1619, l'autre du 24 mars 1620, sont publiées dans les Mémoires de Vizceroy, édit. 1623, in-16 (t. V, p. 238 et 243). La lettre du même au duc de Bouillon datée du 27 octobre 1619 est à la page 240.

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