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PRESSION EXERCÉE PAR LE PAPE

Évidemment, Bouillon, entouré d'agents suspects, avait trop parlé. Parmi les plus chauds défenseurs de la cause protestante, 1l y en avait qui étaient en relations étroites avec l’archevèque de Cologne. Rome était instruite par ce canal. Bentivoglio, averti de longue date, avait eu tout le temps de prendre ses mesures dans la cour de France, dans le Conseil, et notamment auprès du favori. Il disposait de celui-ci à son gré; ce n'est pas seulement Rohan qui l’affirme avec une précision difficilement contestable, c'est la correspondance de Bentivoglio qui le prouve (1).

Luynes s'était lié les mains, en quelque sorte, par une décision capitale qu'il avait prise, dès le mois de février 1618 : celle d'accorder aux Jésuites l’autorisation d'enseigner à Paris, autorisation qu'ils n'avaient pu obtenir, malgré une insistance journalière, depuis l’année 160%, où Henri IV les avait rétablis. En ouvrant le collège des Jésuites, malgré l'opposition désespérée de l'Université et du Parlement, Luynes avait, en connaissance de cause, assumé une haute responsabilité; un acte pareil est de ceux qui engagent.

Nunziatura di Francia » (t. I, p. 327). Rome, renseignée, S'appliqua à faire échouer le plan de Bouillon. — Fancan, dont nous parlerons plus loin, était à la fois dans la confidence des chefs protestants et de l'archevêque de Cologne. — Sur l'influence prise par Bentivoglio sur Luynes, voir encore Nunziatura.… (t. I, p. 463-70); et sur les affaires d'Allemagne, au moment précis où le comte de Furstemberg est à Paris, voir une conversation du Nonce avec le Roi lui-même et ses démarches incessantes auprès de toute la cour, dans sa lettre du 18 décembre 1619 (t. IV, p. 21). — Rohan dit dans ses Intérêts des princes : « En France, avec l’aide du Nonce, on gagne le duc de Luynes : lequel ayant empiété auprès de Louis l'autorité que Marie y possédoit, en prit aussi les mêmes maximes, de s'appuyer sur l'Espagne... » etc. Mémoires de RomAN, éd. 1646 (p. 49). — Voir aussi Vittorio Sir1, Memorie recondite (t. 1, p. 10- 20). — Le Nonce Corsini, qui succède à Bentivoglio, est tout aussi formel au sujet des sentiments et surtout de la politique « catholique » de Luynes : « Ce que je trouve de louable en lui, jusqu’à présent, le voici : c'est la fermeté de son catholicisme; je ne

me fonde point, pour le dire, sur ses entreprises présentes : il y a été poussé, en par-

tie par ses intérêts particuliers, en partie par l'ambition, en partie pour enlever les affaires à ceux qui voulaient travailler contre lui; je le dis d’après ses actions qui sont celles d’un bon chrétien et d’après la voix commune. » Cité par B. ZELLER, Le Connélable de Luynes (in-8, p. 8).

(1) FoNTEeNAY-MAREUIL insiste sur l'intérêt particulier qui détermina les frères Luynes et notamment le maréchal de Cadenet à se prononcer en faveur de la politique catholique et impériale, et il ajoute : « Il est étrange qu'en une affaire de si grand poids, M. de Luynes ait osé prendre, de son chef, sans autre garant que le pouvoir que le Roi lui donnoit d’user de toutes choses à sa volonté, une conduite si contraire à toutes les anciennes établies comme des lois fondamentales. » Mémoires (E. Mich. et Pouj., p. 143).

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