L'AFFATRE DE LA VALTELINE
nouvelle honte et de nouvelles fautes à la première honte et aux premières fautes : c'est ce qu’il faut essayer d'expliquer maintepant.
La France, si petite en Europe, avait en face d'elle, au xvn° siècle, l’une et l’autre dynastie héritière de Charles-Quint, la Maison d'Autriche et la Maison d’Espagne. L'Espagne était véritablement l’ennemie héréditaire. Au temps de la Ligue, elle avait mis le royaume à deux doigts de sa perte. Elle était partout, sur nos frontières : du côté des Pyrénées, où la grave question de la Navarre et du Béarn, pas plus que celles du Roussillon et de la Catalogne, n'étaient entièrement réglées; du côté des Alpes, où elle occupait le Milanais, sans compter que, par son établissement dans le royaume de Naples, d'où elle nous avait chassés, elle dominaït la péninsule; en Franche-Comté et dans les Flandres, où elle détenait la partie la plus importante et la plus grasse de l'héritage de Bourgogne. |
Elle était, alors, à l’apogée de sa puissance et elle poursuivait, dans ses fameux Conseils, le fastueux dessein de la monarchie universelle : ses intérêts étaient si nombreux dans le monde qu'elle n'aurait eu de repos que dans la conquête du monde. Le roi qui s'appelait « catholique » n’avait-il pas, d’ailleurs, une sorte de mandat universel? Partout, en Europe, en Asie, en Afrique, en Amérique, il prenait position de défenseur attitré de l'Église romaine. De cette immense domination et de cette orgueilleuse prétention, il subsiste encore, aujourd'hui, le fait considérable que, sur la surface du globe, de vastes contrées restent attachées à la religion catholique.
Or, ces trois intérêts de la royauté espagnole, héritage de Bourgogne, monarchie universelle, défense de la catholicité, étaient engagés dans la crise germanique. Non sans un amer regret, la branche espagnole des héritiers de Charles-Quint avait dû, au moment où la succession de l’empereur Mathias était.en sus-