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L'ESPAGNE ET L'ALSACE

pens, renoncer aux États autrichiens, à la Bohème, à la Hongrie et surtout à la couronne impériale. Évincée par l’hostilité des peuples et par l'habileté de Ferdinand, elle avait prétendu faire ses conditions : elle avait réclamé le Tyrol et cette province d'Alsace, voisine de son comté de Bourgogne et de ses États de Flandre. Obtenir ces provinces, c'eût été, en effet, assurer Ia continuité de sa domination européenne depuis l'Italie jusqu'aux Pays-Bas, et fermer le cercle autour de la France.

La négociation relative au Tyrol et à l'Alsace n'avait pas réussi. On avait objecté, alors, que les sentiments des peuples n'étaient pas favorables (1). Maïs l’ambitieuse politique ne se découragealt, pas. Habituée à compter avec les hésitations et les lenteurs de la fortune, en raison même de l’immensité d’un Empire qui couvrait toute la planète, elle attendait patiemment une occasion nouvelle. |

Le massif des Alpes opposait un obstacle naturel à ces projets. Les Républiques suisses avaient, depuis le temps de Charles le Téméraire, une réputation militaire qui les gardait, non moins sûrement que leurs montagnes. Mais, si cet obstacle ne pouvait être emporté de haute lutte, encore pouvait-il être tourné, et le gouvernement espagnol avait toujoursles yeux fixés sur cette fameuse vallée de la Valteline qui forme, au pied de la Bernine, comme un étroit corridor, assurant les communications entre le Milanais et le Tyrol. |

Par ce couloir, l'Italie essayait, depuis longtemps, de se clisser en Allemagne. Mais, en sens inverse, par ce même couloir, l'Allemagne s’efforcait de descendre en Italie. La France, de son côté, avait un intérêt capital à ce que n1 l’une ni l’autre de ces communications ne s'établit d’une facon durable. De sorte que, la géographie, l'histoire, la politique et la religion s’en mèlant, elles avaient, toutes ensemble, embrouillé à. plaisir la toile compliquée que la diplomatie internationale filait dans les détours de cette étroite vallée. |

(1) Sur les ambilions particulières de l'Espagne pour obtenir l'Alsace, notamment au moment où la branche espagnole renonce à l'Emjire, voir les négociations racontées par GINDELY, Geschichle des Bühmischen Aufstandes (1. I, p. 8, 26, 49).

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