‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 350 sur 479 · LUYNES ET LE PARTI PROTESTANT EN FRANCE · texte numérisé non relu

LUYNES ET LE PARTI PROTESTANT EN FRANCE

La Rome catholique avait hérité de l'autorité qui appartenait à la Rome impériale. De toute antiquité, l'Italie savait comment on conduit les peuples. D'ailleurs, que ne savait-elle pas?

Elle continuait à se servir de cette langue latine qui depuis des siècles dictait la loi. Les sciences, les arts, les traditions, les secrets, elle connaissait tout. Belle etmystérieuse, demi-morte, demivivante, étendue dans des linceuls parfumés, toute enveloppée de l’encens universel, elle gardait la magie, le mystère des choses où il y a beaucoup de passé.

« Il suffit aux Italiens que vous regardiez dans un miroir pour qu'ils puissent vous tuer. Ils peuvent vous ôter tous les sens par de secrets poisons. En Italie, l'air est pestilentiel. La nuit, on ferme exactement les fenêtres et on bouche les portes. » Voilà l’idée que Luther, le Saxon, se faisait de l'Italie.

Oui, ces Italiens étaient plus habiles que tous les autres. Ils avaient pris le monde à leur savoir, à leur beau langage, peutêtre à leurs maléfices. L'argent du monde coulait vers Rome. Les moines vendaient des indulgences et délivraient les âmes du Purgatoire pour embellir la fameuse cité et bâtir Saint-Pierre. Les pays les plus riches étaient les plus exploités.

La résistance vint de là. L'argent est soupconneux. Les hommes d'argent sont de terribles éplucheurs de comptes. L'Allemagne, qui crevait de richesses, se lassait de donner. L'empereur lui-même, au début, avait dit : « Le jeu va commencer contre les prêtres ; prenez soin du moine. » Avant même que le moine ne parlt

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