‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 355 sur 479 · UNION DES FORCES PROTESTANTES · texte numérisé non relu

UNION DES FORCES PROTESTANTES

reuse rivale en Europe. « Les émissaires de la Cour de Rome et du Conseil de Madrid usaient de toute leur adresse pour allumer une guerre de religion en France... Le moyen le plus sûr d'arrêter les Français dans leur pays, c'était de faire en sorte que le Roi attaquât ses propres sujets. Dès lors, la Maison d’Autriche était en repos du côté de la France, sa plus puissante et sa plus dangereuse ennemie (1). »

Ce que cet historien devrait ajouter, c'est que le parti huguenot était bien téméraire et bien fou de se faire, pour la satisfaction de ses ambitions ou de ses passions immédiates, le complice de la puissance catholique qui était, à la fois, l’ennemie de la France et l’auxiliaire le plus redoutable de la Papauté. Ici, le prétexte de la religion ne peut plus servir; tout au contraire. Cependant les négociations directes avec l'Espagne sont un fait constant; les papiers de La Miletière ne laissent aucun doute à ce sujet (2).

D'ailleurs, ce rôle périlleux, réservé au corps des protestants de France, n'apparaissait à personne plus clairement qu'aux protestants eux-mêmes. L’étroite relation entre les affaires du dehors et les affaires du dedans était, pour eux, une continuelle préoccupation. Ils avaient le souci du drame qui se déroulait sur le vaste champ de bataille européen; ils se seraient volontiers sacrifiés au succès général de la « Cause », comme un corps

(1) Voir Levassor, Histoire de Louis XIIT(t. II, p. 158). — Sur la mission confiée à La Rousselière auprès du cabinet de Madrid, et sur les divers avis au sujet de l'importance de cette mission, voir ScHyBERGsON (p. 47). — Sur les intrigues de l'ambassadeur

d’Espagne auprès de la Cour, voir BourrarD DE MADIANE, Mémoires sur Les guerres du duc de Rohan (p. 12).

(2) Voir un lot de documents très importants qui présentent une sorte de tableau en raccourci de la politique extérieure du parti protestant de 1621 jusqu'à 1627 et intitulés : « Extrait d’un paquet trouvé entre les papiers de La Miletière touchant la négociation des Pays-Bas. » Au dos est écrit : « Extrait des papiers de La Miletière, 1627. Employé ». Ce dernier mot indique qu'ils ont fait partie du cabinet de Richelieu et ont servi à la rédaction des Mémoires. L'analyse de ces documents est de la main de Nicolas Fouquet. Je ne citerai, pour le moment, que les deux documents suivants, tous deux de 1621 : « Instructions aux sieurs de La Chapelière et de La Miletière députés de l'Assemblée générale des Églises réformées de France et souveraineté de Béarn tenant à La Rochelle vers messieurs les Estats des Provinces-Unies des Pays-Bas, en mai 1621. — Instructions au sieur d'Épinay député de l’Assemblée générale, etc., vers le sérénissime Roi de la Grande-Bretagne, du 14 août 1621. » — Voir tout cet ensemble aux Affaires Étrangères, Pays-Bas, Supplément, vol. II. — La procuration aux sieurs de La Chapelière et Miletière portait le fameux sceau : pro Christo et Rege.

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