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LE ROI À PAU

quitte Bordeaux, traverse les Landes, atteint Grenade sur les frontières du Béarn

Là, on espère encore le faire rebrousser par des paroles. Le Conseil de Béarn vient le supplier ‘de s'arrêter. Mais c’est fini, maintenant. Le Roi dit : « Puisque mon Conseil de Pau a voulu me donner la peine d’aller moi-même vérifier mes Édits, j'irai et je le ferai plus amplement. » La Force insiste encore et se porte garant de l'entière soumission des Béarnais, et Louis XIIE lui répond, d’un mot à la Henri IV : « La Force, vous avez intérêt à ce que j'aille à Pau appuyer votre faiblesse (1). »

A la délégation des Béarnais qui se présente, en grand nombre, au-devant de lui, à Arzac, près de Pau, il fait connaître, sur les deux points en litige, son irrévocable volonté : « Je n’entrerai à Pau que comme souverain du Béarn (voilà pour la question politique), et s’il y a une église pour y descendre (voilà pour la question religieuse). » Il fit son entrée à Pau, le 15 octobre 1620, au milieu d’une foule silencieuse {2).

Les États furent convoqués pour le 19.

Mais, dès le 17, le clergé avait pris possession ïe l’église Saint-Martin, rouverte au culte catholique après cinquante ans. Le même jour, le Roi se porte sur la place de Navarreïins, qui est la véritable citadelle du parti réformé, en Béarn. Il l’occupe sans coup férir et remplace le vieux gouverneur, du Lau, par un royaliste ardent, ennemi juré de La Force, le baron de Poyanne.

Ces succès réitérés, ces actes de fermeté décident les habitants, qui jusque-là n'avaient osé se montrer. Dans les campagnes, les catholiques étaient nombreux. Ils ne contenaient plus leur joie, se sentant délivrés d’une si longue oppression : « En revenant de Navarreins, le Roi arriva à Pau, trouvant tous les chemins couverts de peuples qui lui rendaient mille grâces de son voyage et lui souhaitaient toutes sortes de prospérité en leur langage (3). »

(1) Voir Mémoires &e RICHELIEU (p. 231). — Cfr.Mercure françois, ANQUEZ, PuyoL, etc.

(2) Voir felation inédite du voyage du roi au Béarn, aux Affaires Étrangères, vol, 778: (11203°)

(3) Relation inédite (Loc. cit., £ 203).

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