L’ASSEMBLÉE DE LA ROCHELLE
la désobéissance : ce fut bientôt la rébellion. À Montauban, on expulse les catholiques de la ville. Dans le Béarn, on fait une tentative pour reprendre Navarreins. L'Assemblée « illicite » se réunit à la Rochelle, le 25 décembre 1620. La municipalité la recoit, malgré l’ordre formel du Roi. Elle est composée de soixante-cinq membres, représentant toutes les provinces de France où il y avait des protestants (f).
L'Assemblée prend, dès le début, l'attitude d’un Comité de salut public. On décide que les votes auront lieu par têtes et non par provinces; les députés ne pourront voter que conformément aux instructions émanant de leurs églises respectives : c'était donc une sorte de mandat impératif et la haute direction remise aux violents des démocraties communales; enfin, le bureau sera renouvelé tous les trois mois.
Ces mesures affirmaient la prépondérance de l’élément démocratique et des ministres. C'était déjà un gouvernement qui se constituait. |
Le 4 janvier 1621, l’Assemblée enjoignit à MM. de Chandollan, de Sully et du Plessis de prendre toutes les précautions nécessaires pour la conservation des places les plus exposées, Marrans, Jargeau, Saumur et Sancerre; le 8, on étendit la mesure à toute les places de sûreté : on en était, maintenant, à une sorte de mobilisation générale des forces du parti. Le 13 janvier, on vote la constitution d’un fonds destiné à subvenir aux besoins les plus pressants:; le 19, l’Assemblée désigne six de ses membres pour assister « au conseil extraordinaire établi près le maire de La Rochelle, afin d’aviser aux affaires les plus importantes ; » enfin, dans les derniers jours du mois de février, les hostilités furent ouvertes par l’enlèvement, de vive force, de la ville de Privas. Le duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, et le duc de Ventadour, lieutenant du roi, font, sur l’ordre de la Cour, de vains efforts pour reprendre la place (2).
(1) Levassor (t. IT, p. 270) et ANQUEZ (p. 340 et suiv.). — Une assemblée prépara- | toire avait eu lieu à Milhau, le 12 nov. 1620. — Voir les décisions prises dans cette assemblée, Affaires Etrangères, vol. 773 ({° 158).
(2) Sur l'affaire de Privas, qui ouvre les hostilités, voir Mercure François, et ZeLrer, Luynes (p. 31).