‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 395 sur 479 · LES « BONS FRANÇOIS · texte numérisé non relu

LES « BONS FRANÇOIS

térature fort vulgaire et dont il ne faut pas exagérer l’'importance (1).

Toutefois, dans cet éphémère fatras, il est quelques pièces qui méritent d'être examinées avec attention. Ce sont celles qui, entre les excès de la thèse catholique et de la thèse protestante, préconisent une politique plus mesurée, plus sage, plus tolérante, une politique exclusivement nationale, mettant au-dessus de tout les intérêts de la couronne de France, et dont les adhérents se décernent assez à propos le nom de Bons François.

On ne peut pas dire qu'il y eût groupement politique et parti constitué. La doctrine même était flottante, plus empreinte de catholicisme chez les uns, plus nuancée de protestantisme ou de « libertinage » chez les autres. Nulle organisation publique ou secrète, nul chef reconnu : tout au plus des conciliabules, des conversations chez quelque bourgeois bien posé, dans quelque boutique de libraire ou dans quelque étude bien close et abritée contre l'indiscrétion du dehors. |

La causticité de la bourgeoisie parisienne raïllait, plaisantait, chansonnait. Tout en se jouant, elle rencontrait des critiques justes, des traits piquants, des observations fondées. Le bon sens alerte faisait le reste. Le mouvement si sincère des esprits à Paris, la communion des cœurs dans un sourire, l'entente

prompte et à demi-mot, donnaient quelque saveur à cette

(1) Je n’essaierai pas de dresser ici une bibliographie de ces publications éphémères. On la trouvera dans la Bibliothèque historique du Père LeLownc et dans le Catalogue des Imprimés de la Bibliothèque Nationale. — Une étude complète sur ces livrets serait intéressante, notamment au point de vue littéraire et philologique : Ces « petites lettres » sont, en somme, les aïeules des « Lettres provinciales ». L'un des recueils les plus

complets est celui qui a été formé, dans le temps même, sous letitre : Recueil des Piè-

ces les plus curieuses qui ont esté faites pendant le règne du Connétable de Luynes. J'ai sous les yeux une édition de 1625, marquée : troisième édition. Celles de 1628, 1632

sont plus belles et plus complètes. — M. FAGNIEZ a consacré à ces polémiques deux études

excellentes, l’une parue dans la Revue des Questions historiques et intitulée : L’opinion publique et la polémique au temps de Richelieu (année 1896, p. 442), et l’autre

parue dans la Revue d'Histoire diplomatique (année 1900, p. 352) et intitulée : L'opinion.

publique et la presse politique sous Louis XITI. — 11 faut avoir sous les yeux le livre de l'abbé DEenouvres : Le Père Joseph poleémiste, ses premiers écrits, 1623-1626, Picard,

1895, in-8°; livre où une véritable érudition est consacrée à soutenir une thèse bien fragile. — V. aussi la thèse de M. HupauLr, De polilicis in Richelium lingua latina libellis, et Surtout le livre, incomplet, mais suggestif, de M. Gezey : Fancan et la potiitaus de Richelieu, 1894, in-8°.

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