FERMETÉ DE RICHELIEU
forcé la mesure. Il a quelques procédés aimables pour l’évêque de Lucon, dans des questions secondaires, permutation d'abbayes, etc. L'évêque envoie un nouvel émissaire, des Roches, pour le remercier. Mais le ton reste le même. Voici d’abord pour l'affaire du cardinalat : « Si M. le connétable parle de l'affaire de M. de La Cochère ou que M. de Marillac et lui jugent à propos d’en parler comme d’eux-mèmes, ils se souviendront qu'il y a lieu maintenant de le faire et qu'on sait assurément de Rome que si on le veut absolument la chose est faite, mais qu'Amadeau (c'est Riche-
lieu) n'en veut faire n1 pas, ni planche, d'autant qu'il sait assuré-
ment que, si on le veut, cela sera, et que si on ne le veut pas, il
ne le veut pas lui-même, ne désirant rien qui se fasse avec mécon- ”
tentement... »
Voici maintenant pour ce qui concerne les sentiments de la Reine : « Se gouvernant comme elle le fait, elle tiendroit à grande injure qu'on pensât qu'elle fût capable de machiner quelque mal et qu’elle en voulüt produire en quelque lieu qu’elle fût, sa bonne conduite étant attachée à sa personne et non aux conseils qu’on peut lui donner et à la nature des lieux. »
Quant à l'évêque, ses dispositions sont résumées en quelques phrases : « Le but qu'il a est qu'on ne trouve rien à redire à ses actions; la Reine est tellement jalouse de sa liberté, qu’on ne peut dire d'avance ce qu’elle fera... Ce qui est certain, c'est que l’évêque aimeroit mieux mourir que de manquer de fidélité à la Reine. »
Pour prendre les choses sur ce ton hardi, quand il s'agissait d'un favori dont tout dépendait dans le royaume, 1il fallait que l'on fût bien sûr de son hostilité irréductible et il fallait qu'on eût des raisons sérieuses de ne pas la craindré. Sur ces deux points, en effet, Richelieu savait à quoi sen tenir. Pour l’affaire du chapeau, Luynes n'avait en rien modifié les intentions qu'il avait fait connaître à la cour de Rome. Corsini, qui avait remplacé Bentivoglio, écrivait encore, le 4 novembre 1621 : « Si l'on considère les sentiments particuliers du connétable, il ne veut certainement pas que l’évêque de Luçon ait le chapeau... J'ai vu que le connétable ne se soucie pas, au fond, de l’évêque de
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