SIÈGE DE MONTAUBAN
de son pouvoir personnel. On en était encore à la « drôlerie » des Ponts-de-Cé.
Le premier avertissement fut la résistance de Clairac. Cette villette tint bon plusieurs jours et il fallut sacrifier du monde et plusieurs gentilshommes pour l'emporter d'assaut. Cependant, on prit, dans la ville, un officier protestant, nommé Sauvage, qui promit que si on le laissait faire, il saurait, par des moyens à lui, amener la reddition de Montauban qui était la capitale militaire du Languedoc. Des hommes expérimentés conseillèrent à Luynes d'aller mettre le siège devant la Rochelle. Mais les promesses de ce Sauvage le séduisirent. Le connétable était homme à s'engouer de ces procédures louches. Il dirigea donc l’armée royale vers le Midi et résolut d'attaquer Montauban. Il était plus enclin à traiter qu'à combattre.
La résistance avait été habilement et fortement organisée. Rohan ne s'était pas enfermé dans la place, comprenant que la confiance de ses défenseurs serait dans l'espoir d’un secours. Mais La Force y était, ainsi que d’Orval, un certain nombre de gentilshommes huguenots accourus des Cévennes pour aider leurs frères, et surtout plusieurs ministres et hommes de robe, gens de vertu, de sang-froid et de résolution : Dupuy, Chamier, Constans, Bardou, Natalis. La tranchée fut ouverte à une époque déjà avancée de l’année, le 17 août (1).
Luynes comptait sur ses négociations pour obtenir la capitulation presque sans coup férir. Les assiégés lui enlevèrent une première illusion en mettant la main sur son émissaire, Sauvage.
({) Je suis allé, à Montauban, étudier les péripéties du siège. J'ai été guidé sur les lieux par la science et la complaisance de mon confrère, M. Maisonnobe, archiviste de la préfecture, de M. Forestié et de M. Defrance. Qu'ils veuillent bien agréer tous mes remerciments. Je dois aussi remercier M. Delorme de Toulouse, qui m'a communiqué des pièces intéressantes. Aux archives de la préfecture du Tarn, j'ai pu consulter des documents importants; notamment, M. Maisonnobe m'a procuré une copie des mémoires manuscrits de siège par NaraLis. M. Defrance m'a montré les plans du siège et me les a expliqués sur les lieux. M. Foreslié neveu a publié dansles Éphémérides montalbanaises, 1882, in-8°, une relation complète du siège. — Parmi les documents anciens, il faut consulter surtout la relation insérée dans le Mercure françois ; — la relation de Joy citée ci-dessus; — l’État de Montauban... par le pasteur Pierre BERAULD, 1628, in-8°. — Voir enfin l'étude de M. l'abbé Daux dans Histoire de l'Église de Montauban, Paris, Bray, 1882, in-8°, 2° volume (p. 1-91).