‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 446 sur 479 · RICHELIEU ET SES INTIMES · texte numérisé non relu

RICHELIEU ET SES INTIMES

qui est peut-être le Père Joseph. Je suis à vous, en latin, en français et en grec si bon vous semble; je suis à vous autant que votre mérite m'y oblige et que votre franchise et votre affection en mon endroit m'y étreignent étroitement... À bon entendeur, peu de paroles. C'est ce qui fait que vous n’en aurez pas davantage; joint aussi que mon naturel me porte à faire mes lettres aussi courtes que mes amitiés de longue durée. »

IL est généreux et attentif pour ceux qui l'entourent; il sait se faire aimer, dire le mot tendre, au moment opportun : « Je suis extrèémement fâché du mal de M. des Roches: vous savez combien j'estime son affection envers ses amis, son esprit, son courage... Vous lui direz, de ma part, tout ce qu'il faut dire... Je ne lui écris point, me mourant de ma tête; ces lignes suppléeront à ce défaut. »

Aussi, ses intimes — ces hommes qu’on a toujours près de soi et qui vous jugent — lui étaient étroitement attachés. Un de ses secrétaires s'était forgé quelque souci. Le secrétaire Charpentier lui écrit : « Je me promets que la lettre que Son Éminence vous écrit tirera entièrement votre esprit de l'inquiétude où il est, convertira votre trouble en repos et vous fera avouer sans doute que la justice n’est pas la moindre des vertus qui exhaussent l'éclat de sa pourpre, ou que l'équité qui paroit entre toutes ses actions est l'unique règle de son autorité (1). »

Poussé par l’ensemble des préoccupations qui l’assaillent, à cette heure décisive, il se résout à se défaire de son évèché de Lucon. L’épiscopat n’a été pour lui qu’un marchepied. Sa dignité est intéressée à ce qu'on ne puisse lui faire le reproche de non-résidence. D'ailleurs, la combinaison à laquelle il s'arrête lui convient à d'autres points de vue : se démettant en faveur de M. Émery de Bragelongne, il se réserve une pension de cinq mille livres, dont il a grand besoin. En effet, son train de maison, ses frais, sa représentation s’accroissent soudain. Il s'installe (2). |

(1) Pour toute cette correspondance familière, voir Correspondance, t.:T, in fine et

t. VII (p. 936 et suiv.).

(2) Correspondance(t.T, p.764, t. VIT, p. 531-35, et & VIT, p. 23). — Cfr. LA FoNTE-

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