RICHELIEU PREMIER MINISTRE
Cette fois, est-ce le tour du cardinal? Pas encore. Le Roi, pour qui cet homme devenait une obsession, ne cessait de répéter que c'était un fourbe et qu'il n’en voulait pas. Il disait tout bas au maréchal de Praslin, en voyant le cardinal passer dans la cour du château : « Voilà un homme qui voudrait bien être de mon conseil ;, mais je ne puis m'y résoudre, après tout ce qu'il a fait contre moi. »
Cépendant, d'ores et déjà, on ne prend plus une décision importante sans le consulter, soit directement, soit par l’intermédiaire de la reine mère, Le Roi veut encore se cacher à lui-même qu'il est déjà sous sa domination. L'ambassadeur vénitien, très perspicace, explique bien la situation : « Monsieur le cardinal de Richelieu, dit-il, est, 1ci, le contrepoids de tout ce que font les ministres; il met toute son étude à s'élever dans l’esprit du Roi, à s'assurer de son affection, en lun suggérant des idées de gloire et de grandeur pour la couronne; je l’ai pleinement instruit de toutes les nécessités; je l’ai pénétré de toutes les raisons que comporte l'affaire de la Valteline ; il m'a promis de trouver, avec la reine mère, l’occasion de parler au Roi et de lui faire comprendre toute l’importance de ces passages; car, viendra certainement le jour où la France montrera sa vigueur. »
Cependant, malgré cette influence occulte déjà si puissante, la coalition espère encore. Elle jette à la traverse une nouvelle ambition, une audacieuse et folle prétention qui, sans passé, sans titre et sans autorité, essaye de barrer le chemin.