‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 476 sur 479 · LOUIS XIII CONSULTE RICHELIEU · texte numérisé non relu

LOUIS XIII CONSULTE RICHELIEU

incapable de connaitre « les remèdes salutaires à la guérison des plaies de la France ». He

La main de Richelieu se reconnait dans ce remarquable libelle, qui lui est d’ailleurs attribué : « C’est pourquoi Votre Majesté doit résoudre hardiment les choses qui regardent sa conservation ; elle doit voir librement Mansfeld, maintenir ses anciens alliés, sans s'arrêter aux spéculations des moines, n1 du nonce, lesquels ne prèchent que l'intérêt du Pape et non celui de votre service. Si chacun ne se méloit que de son métier, les vaches en seroient bien mieux gardées. »

La Vieuville est affolé. Il se débat, cherche une issue, songe à appeler le prince de Condé, puis le vieux Sully. « Ses extravagances vinrent si grandes que toutes ses entreprises se contredisoient les unes les autres, et comme un ivrogne, il ne faisoit plus un pas sans broncher. »

Son voisin, vêtu de rouge, le regardait s’avancer en trébuchant et prenait la peine de lui indiquer parfois où 1l devait mettre les pas.

Le Roi, lassé de tout ce bruit qui se faisait autour d’un homme qu'il n'avait aucune raison particulière d’aimer, consulta le cardinal de Richelieu et le garde des sceaux. Celui-ci, d'Aligre, était une créature du cardinal. Les deux compères conseillèrent au Roi de réfléchir mürement avant de changer une fois encore de ministres.

Le Roi demande au cardinal de lui exposer franchement ses idées au sujet du nouveau personnel qu'il convenait de désigner. Richelieu fit quelque résistance, puis nomma ses amis, Schomberg, Marillac, Champigny, Molé. C'étaient des choix excellents, des noms respectés. Le Roi approuva tout.

Le cardinal pria encore le Roi de bien peser : « Après avoir fait une énumération aussi entière que possible des désordres passés du gouvernement de son État, il lui représente que si, à l'avenir, en l'établissement de son Conseil, il fait encore une pareille faute, elle seroïit sans remède; qu'il étoit facile de détruire, mais difficile d'édifier, que l’un étoit diable et l’autre Dieu... »

Le Roi était à bout de patience ; il n'avait plus de volonté devant

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