‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 48 sur 479 · IL N'Y AVAIT RIEN · texte numérisé non relu

IL N'Y AVAIT RIEN

remplacant. Dans ses Mémoires, il dit de Concini : « La passion

du jeu était son seul divertissement les dernières années de sa vie : celle de l'amour n’y paraissait point. Il était rompu par deux hernies, de telle facon que la vertu ne faisoit en aucune facon par-

tie de sa chasteté (1). » L'observation, dans sa formule tortueuse,

va loin. En présence de ce témoignage, on doit penser, avec l'évèque, qu'entre la reine et le favori, «1l n'y avait rien » (2).

Il faudrait donc attribuer la fortune de Concini surtout à l'influence de Léonora Galigaï. Cette interprétation est d’ailleurs plus conforme aux faits publics. Il est incontestable que la reine, au début, n’accorda aux Concini que des marques de faveur particulière et que leur action sur les affaires ne se fit sentir que plus tard, alors qu’un parti politique organisé s’en empara comme d’un instrument de règne (3).

Durant les premières années de la régence, les Fe furent conduites par les ministres de Henri IV : Sillery, Villeroy, le président Jeannin. Ceux-ci restèrent les véritables chefs du gouvernement, jusqu'en 1615. Rien ne se faisait que par eux. Ils fussent restés les maîtres, probablement, s’ils ne s'étaient divisés et si, par leurs fautes, ils n'avaient prêté le flanc aux attaques de leurs adversaires.

Henri IV les avait choisis. Ils avaient, de ce chef, une autorité qui s’ajoutait à leur mérite réel. Mais leurs dissentiments aussi étaient anciens, et cette cause de faiblesse apparut dès le début du nouveau règne. Ils commencèrent par se débarrasser d’un rival dont l'influence brutale et présomptueuse avait suscité bien des haines, Sully. Celui-c1, d’ailleurs, s’y prit mal. Au jour de la mort

(1) Mémoires (t. I, p. 169). Les causes de mésintelligence entre Concini et sa femme sont exposées par Richelieu dans ce passage des Mémoires.

(2) C’est aussi l'opinion de M. ZeLLEr, après lecture attentive des dépêches florentines : « On ne peut guère s’attacher à celte idée (des relations intimes existant entre Concini et la reine mère), lorsqu'on sait que nos médisants diplomates s'entendent unanimement sur ce point que le maréchal d’Ancre n’obtenait rien de la reine qu'en considération de sa femme (p. 105). »

(3) C’est l'impression qui se dégage de la lecture des Mémoires contemporains et notamment de ceux du Maréchal »'Esrrées. Il montre aussi que les intrigues des grands qui espéraient, l'un ou l'autre, profiter du crédit de Concini, contribuèrent plus à la for-

tune de celui-ci que le choix même de Marie de Médicis. — Voir aussi Mémoires de :

RiCHELIEU {L. 1, p. 99-109, etc.).

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