RETOUR EN POITOU
généralement en lui les grands efforts, l’éloigne alors de Paris. Il va chercher un refuge dans son prieuré de Coussay (1).
C’est là que viennent le trouver les protestations de ses admirateurs, — presque tous ecclésiastiques, — et des offres de concours, où il devait pourtant discerner les premiers indices d'une autorité naissante. |
Ce sont, d’abord, des lettres de Duvergier de Hauranne, qui, dans un style où le siècle et la théologie se confondent, lui écrit : « Je vous prie bien humblement, Monsieur, de croire que je n'aÿ
point de plus grand dessein que de vous faire paroître que je parti=
cipe autant de l’immobilité des anges en la volonté que j'ay de vous servir, que je confesse avoir un esprit subordonné au vôtre ae
C’est ensuite le propre frère de Richelieu, Alphonse, qui, d'un
un peu maussade, se joint au concert : « Un de vos amis m'a fait voir la harangue qu’avez faite à la clôture des États. Je loue Notre- Seigneur qu’elle vous ait réussi à votre contentement, ayant été assuré qu'elle a été fort agréée d'un chacun (3). » C'est l'évêque de
Nantes, qui, venu à Paris pour prendre part aux travaux de l’as-
semblée du clergé, soumet avec empressement à son collègue les résolutions vigoureuses prises par un grand nombre d’évèques sur une matière des plus importantes, et qui avait été traitée dans le discours prononcé devant les États : la réception en France du concile de Trente. « Nous ne faisons, dit l’évêque, que suivre, en tout, la trace de l'assemblée des États... Nous avons fait résoudre
(1) Il quitte Paris après le 16 mars 1615 (Correspond., I, p. 142). Il est à Coussay le 17 mai (p. 143-146); il profite de son absence de Paris pour faire faire des réparations à sa maison.
(2) Lettre de DUVERGIER DE HAURANNE, du 19 mai 1615 : « Il reconnaît que l’évêque a un esprit très supérieur au sien. 11 n’a pas d'autres desseins que de l’imiter; il loue sa circonspection en toutes ses actions... » Arr. ÉTRANG., Mém. et Doc. (t. 770, fo 19). — La note où SAINTE-BEUVE essaye d'expliquer l'origine des relations entre Duvergier de Hauranne et Richelieu est bourrée d'erreurs. Le passage des Mémoires de LAncrLor qui s’y trouve cité n'est qu'un ouï-dire d'après lequel l’illustre auteur de Port-Royal a échafaudé des hypothèses contredites par les faits. Comme nous l'avons prouvé déjà, comme nous le rappelons ici, Duvergier de Hauranne et Richelieu se connaissaient dès le début de leurs carrières, et notamment par Chasteigner de la Rocheposay; sur un point seulement Lancelot a raison : c'est quand il assure que « Saint-Cyran savait quelques particularités fort secrètes de la vie de Richelieu et qui n'étaient pas des plus belles ». V. Port-Royal, édit. in-12 (t. 1, p. 307).
(3) Arr. ÉTR. (t. 770, fo 41), 29 mai 1615.
DE Er it 6.4 LE % ag,