CHAPITRE XVI
Année stérile en événements. — Visites dans les églses de Bordeaux. — Les Feuillants inscrivent le cardinal de Sourdis parmi les bienfaiteurs de leur Ordre. — Joulac. — Synodes de Bordeaux et de Blaye. — Les filles de Notre-Dame. — Règlement donné par le cardinal sur la discipline intérieure de cette Maison.
Les procès-verbaux de Tannée 1G12 ne contiennent qu\in petit nombre de faits d'une importance secondaire, mais que Ton doit relater, d'abord parce qu'ils démontrent la sollicitude constante du cardinal pour son diocèse, et ensuite parce qu ils fournissent des détails intéressants sur Tétat des églises à cette époque.
Le cardinal de Sourdis commença Tannée par la visite de quelques églises de Bordeaux. Suivant la coutume qiTil avait adoptée, ces visites furent précédées d'un mandement qui convoquait tout le personnel attaché à ces églises, et qui invitait les paroissiens à s'unir d'intention avec leur évèque par le jeûne et la prière.
L'église Sainte-Colombe possédait un petit reliquaire d'argent qui, au lieu d'être placé dans le trésor de la sacristie, se trouvait entre les mains du président de la fabrique. On le prêtait aux femmes en mal d'enfant. Le cardinal ordonna que ce reliquaire serait réintégré dans Téglise, et il défendit de le prêter à Tavenir.
A Saint-Siméon, s'élevait un autel dédié à saint Cloud. La population Tavait en grande vénération. L'archevêque le trouva dans un tel état de malpropreté, qu'il défendit d'y célébrer la messe Unit qu'il n'aurait pas été nettoyé et restauré.
Le curé de Saint-Siméon, M. Charron, était aussi curé de la paroisse de Saint-IVojet. M. de Sourdis témoigna son mécontentement d'un cumul qu'il avait si souvent interdit, et il enjoignit à cet ecclésiastique d'opter, dans le délai d'un mois, pour Tune ou l'autre de ces paroisses.
Cependant ce n'était pas une pensée ôc lucvc qui avait inspiré à ce vénérable ecclésiastique Tidée de prendre la direction de ces deux paroisses. Il était d'un désintéressement dont il donna alors un remarquable exemple. Il avait une certaine fortune personnelle; il remploya tout entière à la reconstruction de son presbytère et à l'achat des maisons voisines, qu'il fit restaurer. Lorsque tout fut en état, il en fit don à son église, ne se réservant que l'usufruit, et laissant aux membres de la fabrique la faculté d'en disposer comme ils l'entendraient, et suivant les besoins de l'église.
Le curé de Saint-Gristolly n'habitait pas le presbytère, sous le prétexte qu'il avait besoin de réparations. Ordre lui fut donné de mettre la maison en bon état. Ce curé avait été assez favorisé pour se faire agréer parmi les bénéfîciers de Saint-Michel : il dut se démettre de ce bénéfice, comme incompatible avec sa charge.
Ainsi, partout le prélat constatait des infractions aux décrets des conciles. 11 était obligé de sévir. De là les haines sans nombre qu'il accumulait contre lui.
Depuis son élévation à Tépiscopat, M. de Sourdis avait associé les Feuillants pour une large part à son travail apostolique. Dans ses voyages, dans ses visites, dans les cérémonies solennelles, il était toujours accompagné de quelques Pères distingués de la maison de Bordeaux, et il leur confiait le soin de porter la parole de Dieu aux populations. L'Ordre voulut reconnaître un intérêt dont les preuves ne faisaient que s'accroître, et à la date du 2 janvier 1612, le Frère Martial, de Saint-Bernard, général des Feuillants, lui annonça que, comme témoignage de sa reconnaissance et de celle de ses Frères, il avait associé Son Eminence à tous les mérites, à toutes les prières et bonnes œuvres de l'Ordre.
C'était une faveur que les Feuillants n'accordaient qu'à leurs bienfaiteurs et aux prélats les plus remarquables par leur piété et l'austérité de leurs mœurs.
M. de Sourdis dut être vivement touché de cet éloge rendu à son zèle pour l'Église.
Il leur dunna peu après une nouvelle marque de sa sympathie. Les Feuillants de Bordeaux étaient très pauvres. Le 18 avril, il unit à leur couvent deux chapellenies, fondées, l'une à Saint Seurin, Tau-
tre à Saint-Maixent, par un noble du nom de Bertrand de Larra. Elles étaient devenues vacantes par la démission du titulaire, Jean Turmer. 11 fut bien entendu que les clauses de la fondation seraient rigoureusement observées.
Vers le même temps, Jean Bataille, huissier royal et syndic de réglise de Lesparre, vint représenter au cardinal que le curé, Jean Sicard, n'avait qu'un revenu de 18 à 20 écus, et qu'il était ainsi réduit à findigence. 11 lui rapporta que pour faire vivre les deux prédécesseurs de cet ecclésiastique, Bernard Des Vignes et Louis Duplessis, il avait fallu les pourvoir successivement des trois chapellenies établies dans la paroisse, celles de Deyrans, du Heys et de Paule, et lui donner en outre les revenus du prieuré de Saint- Léonard. Comme ces mesures n'avaient jamais reçu de sanction canonique, le requérant suppliait Son Éminence de vouloir bien les ratifier, ajoutant que tous ces revenus combinés ne présentaient qu'une somme très modique, à peine suffisante pour donner au curé le strict nécessaire. Le cardinal ordonna une enquête, et, sur les conclusions conformes du rapporteur, il approuva les annexions proposées.
La démarche faite près de lui en faveur du curé de Lesparre détermina le cardinal à faire la visite de l'archiprêtré de ce nom. Ce district méritait une attention spéciale, car il renfermait des établissements religieux très importants; et l'état de relâchement dans lequel il avait trouvé ceux qu'il avait visités jusqu'alors, lui faisait craindre que 'là aussi il neût à exécuter quelque acte de sévérité.
L'abbaye de Saint-Pierre de Verteuil, de l'Ordre des Augustins, comptait plus de six cents ans d'existence, car on en faisait remonter la fondation au ix'' ou au x** siècle. Elle possédait de beaux revenus, et néanmoins elle ne comptait que trois chanoines réguliers, qui, outre leurs bénéfices, étaient encore pourvus de cures annexées à l'abbaye. L'archevêque constata qu'ils ne se rendaient que très rarement dans leurs paroisses. Aussi , après avoir entendu l'abbé dans ses explications, il lui ordonna d'alfocter aux besoins du service divin de l'abbaye quatre religieux et doux novices, et il enjoi-
gnii aux chanoines curés d'avoir à o[)ter à bref délai entre leurs bénéfices ou leurs paroisses.
L'abbaye de Tlsle s'élevait sur un monticule entouré de toutes parts par les eaux, qui, après avoir parcouru le sol imperméable des landes, venaient se déverser dans la Garonne. L'ile que formaient ces couvents représentait plus de 1,000 journaux de terre, qui produisaient un revenu net d'environ 7,000 livres. Cependant, il ne s'y trouvait qu'un prieur claustral. Comme à Verteuil, le cardinal exigea de Tabbé qu'il y eût habituellement dans le couvent quatre religieux et deux novices pour pourvoir aux exigences du service divin.
Lesparre renfermait deux couvents, l'un de Cordeliers, fondé vers h2iO, et l'autre de Trinitaires, érigé vers 1350. Ces deux Maisons étaient pauvres; mais l'archevêque eut la consolation de voir qu'elles étaient bien tenues, que la règle était observée, et qu'elles donnaient l'édification aux habitants. L'amour de la pauvreté rend les autres vertus plus faciles.
La paroisse de Gaillan donnait de nombreux revenus décimaux, et cependant l'église était dans un triste dénûment; les maisons qui en dépendaient tombaient en ruines. Le chapitre de Saint-Seurin, qui était le gros décimaleur et qui nommait le curé pleno jure, n'avait jamais fait la moindre avance pour les restaurer. Le vicaire perpétuel raconta à farchevêque que, pour sauver l'église et le presbytère d'une ruine certaine, les habitants s'étaient volontairement imposés un don annuel du huitième d'un boisseau de blé, à la condition que les membres du Conseil de fabrique qui auraient consciencieusement rempli leurs devoirs, seraient enterrés dans l'église. M. de Sourdis fut touché de ce pieux accord, et s'empressa de le ratifier.
Saint-Pierre de Grayan relevait directement de farchevèché. M. de Sourdis avait lieu d'espérer qu'il ne trouverait, dans cette paroisse, que des sujets de satisfaction. Il fut donc très étonné de voir la nef coupée transversalement par une haute barrière qui cachait fautel aux habitants; sa surprise redoubla, lorsqu'il apprit que cette espèce de palissade avait été élevée, malgré les réclamations du curé, par un membre de la fabrique. Il manda l'inventeur de ce chef-d'œuvre, et comme il ne put obtenir de lui aucune explication raisonnable, il fit enlever la barrière aux frais de son auteur.
L'antique basilique de Soulac était trop vénérable, elle avait été
lémoin de trop d'événements miraculeux, pour que le pieux cardinal pût se dispenser de porter aux pieds de Notre-Dame de la Fin des Terres ses houuiiages et ses vœux. D'ailleurs, des titres qu'il avait en sa possession lui avaient appris que le vénérable Pey-Berland l'avait enrichie de reliques précieuses. M. de Sourdis se fit un devoir d'aller les honorer, et comme il remarqua que plusieurs des reliquaires étaient rompus, il les fit immédiatement réparer.
Depuis cette époque, Téglise de Soulac a disparu sous cette mer de sable dont les vagues toujours mouvantes ont déjà fait tant de ruines. Mais voici qu une main généreuse l'arrache de son tombeau, et celte main est celle du pontife dont le nom se trouve écrit partout après celui de Pey-Perland et du cardinal de Sourdis.
L'église d'Escurac était dépourvue d'ornements. Elle avait élé frustrée de la majeure partie de son revenu par un gentilhomme du pays, et ce qui en restait pouvait à peine suffire aux besoins du curé pendant la moitié de l'année. Le cardinal conçut alors le projet, qu'il exécuta plus tard, d'unir cette paroisse à celle de Civrac.
Après la fête de Pâques, Son Éminence tint un synode à Bordeaux. Les travaux de cette assemblée n'eurent rien de remarquable. Il s'y passa cependant deux faits qui méritent quelque attention. Le jour de l'ouverture, la messe fut célébrée à Saint-André par le vicaire général Levenier, et M. de Sourdis y assista pontificalement. Le choix que fit le prélat de son vicaire général en cette circonstance souleva de grandes tempêtes entre le chapitre et cet ecclésiastique. L'affaire fut déférée au grand Conseil.
Il paraît que, malgré les demandes réitérées du cardinal, les assemblées synodales n'avaient pas maintenu la création du syndic chargé de poursuivre les griefs du clergé. Monseigneur insista encore cette année sur cette question. Il se plaignit que des outrages faits à divers ecclésiastiques du diocèse étaient restés impunis, que des meurtres avaient même été commis sans que justice eut été faite. Le Synode rejeta la proposition pour ne pas grever le diocèse de nouveaux frais. Était-ce bien là la raison, et le clergé ne subissait-il pas rinlluence de quelques prêtres qui, cumulant des bénéfices ou ne voulant pas s'astreindre à la résidence, craignaient de se donner un censeur et un juge?
Ce synode siégea deux jours. Dans la seconde séance, le cardinal y reçut le serinent de M. Miard, chanoine de Saint-Séverin, comnio proto-notaire apostolique.
Le synode de Blaye y fut présidé par le vicaire général. Il s'y éleva une question de préséance entre les archiprêtres de Blaye et de Bourg; le délégué épiscopal les engagea à se pourvoir devant TOfficial du diocèse.
En dehors de ces synodes, le cardinal publia un décret qui défendait d'entreprendre aucune construction de charpente dans les cimetières. Cette mesure avait été provoquée par une plainte venue de Castres.
Malgré le soin qu'avait apporté Son Éminence à apaiser les différends qui avaient divisé le clergé de Saint-Michel, de nouvelles difficultés s'étaient élevées entre les prébendiers et les fabricicns. Ces derniers se plaignaient de ce quaux messes chantées, le diacre et le sous-diacre ne conviaient plus les fidèles à Toffrande, et que cette négligence privait la cure d'une source abondante de revenu.
Les fabriciens demandaient, en outre, qu'il leur fût loisible de bâtir, sur des terrains dépendants du cimetière, quelques maisons qu'ils auraient données en fief au profit de Téglise. Le cardinal confia à deux de ses vicaires généraux le soin d'examiner chacune de ces affaires. Dans la première, le droit des impétrants était évident; il fut reconnu. La seconde demande leur fut accordée sous diverses réserves. 11 leur fut permis de bâtir deux maisons de chaque côté du grand portail de l'église, à la condition de laisser entre elles et rédifice un espace sufïisant pour le passage des processions qui se faisaient autour de l'édifice, et de ne construire ni évier ni égout déversant sur le cimetière. En outre, les fenêtres donnant de ce côté durent être grillées.
La liquidation de la fortune donnée par Dom Ambroise de Gascq à la Chartreuse de Bordeaux avait été loin d'atteindre le chiffre à laquelle on favait évaluée. Non seulement M. de Sourdis avait acheté le terrain sur lequel s'élevait fédifice, mais encore il avait été obligé de payer le prix de la construction des bâtiments, et, malgré ces sacrifices, les revenus des biens de ce dernier ne suffisaient pas à l'entretien des quelques Chartreux que fOrdre avait envoyés.
Le cardinal constata cet état de choses par une charte adressée à Doin Ainbroise, qu'il qualifie de recteur et d'administrateur de la Chartreuse Sainte-Marie de Bordeaux; et pour venir en aide au dénûment des religieux, il unit au monastère Téglise paroissiale de Ludon, qu il érigea en vicairie perpétuelle.
Depuis la Saint-Michel jusqu'aux premiers jours de décembre, des pluies torrentielles n'avaient cessé de tomber à Bordeaux. Il en était résulté de nombreuses maladies. La plupart des champs n'avaient pu être ensemencés, et Ton craignait que le grain déjà confié à la terre ne vînt à pourrir. Le ^ décembre, Tarchevéque ordonna qu il fut fait des prières publiques pour obtenir le retour du beau temps. Il fit exposer le Saint Sacrement dans le couvent de Xotre-Dame, et invita la population à se réunir tous les soirs dans les paroisses, pour y chanter les litanies des saints. La pluie cessa peu après.
L'archevêque annonça pour le jour de la Sainle-Lucie une messe solennelle d'actions de grâces, suivie du chant du Te Deum. La plupart des membres du Parlement se firent un devoir d'y assister.
Son Éminence n'était pas allé visiter les Filles de Notre-Dame depuis leur installation près du fort du Hà, et ne voulut pas que l'année se terminât sans leur avoir donné des marques de sa sollicitude; il les fit prévenir de sa venue pour l'un des derniers jours de décembre.
En raison de l'intérêt qui se rattache à cet établissement, il convient de citer textuellement le manuscrit de l'abbé Berlheau, qui était présent, et qui a bien vu les faits.
<k Pour parvenir à l'effort d'une sainte visite, et imprimer une religieuse crainte dans les âmes de ce couvent, il avait en partie ordonné l'Oraison des quarante heures dans le lieu dressé pour chapelle de ce couvent; et, après plusieurs célébrations de saints sacrifices et prédications, ayant pris avec soi le sieur Levenier, chanoine; maître Eschols, de la métropolitaine, son vicaire général; le sieur de Moucy, prêtre, chanoine de Saint-Seuvrin; leR. W Poltia, recteur du Collège de la Compagnie de Jésus; le P\. P. Chambores, custos du couvent des Récollels; l'un de ses aumôniers, qui portait la croix, et le sccrélaire de son Archevêché , est entré en la clôture, reçu par toutes les religieuses, icelles les genoux en terre, tenant, la
première , un crucifix à la main , et les autres entonnant le Vent Creator. Fini qu'il est, il fait entendre les causes de sa visite, et le bien que chacune devait en espérer. Voit en premier lieu le bref d'approbation de cet Ordre, les règles en conséquence d'icelui dressées par son commandement; et, prenant avis de son assistance, il entend chacune des religieuses séparément sur l'observation des règles et état de la Maison, visite les logements des religieuses, les appartements des pensionnaires, et considère que le tout attend do nouveaux bâtiments et église pour garder ponctuellement le bref et les règles. A cette cause, il donne les règlements suivants, pour être gardés selon le temps et état présent du couvent :
(( 1" Ordonnons que la pension des filles pensionnaires ne sera moindre de cinquante écus par chaque année.
)) 2° D'autant qu il a été trouvé fort à propos de ne recevoir lesdites filles pensionnaires en si bas-âge, pour la difficulté qu il y a de les gouverner, nous voulons que d'ores et en avant celles qui y seront admises aient atteint l'âge de neuf ans pour le moins, et qu'au dessus de dix-huit elles n'y soient reçues, sauf à nous de dispenser aux occasions.
» 3° Quant à l'observation de la clôture, pour une plus grande assurance d'icelle, que chaque soir deux Mères religieuses, à leur tour et ordre, comme il sera avisé par la supérieure, se transporteront jusqu'à la chambre de la tourière, exclusivement pour voir si les portes sont bien et sûrement closes et fermées.
» 4^ Et en ce qui touche la porte du jardin, qu'avec le temps elle sera murée et fermée. Mais pour le présent, attendu qu'il n'y a commodité de faire entrer par autre côté les provisions pour l'entretien dudit couvent, elle demeurera. Voulons toutefois que par le dehors de ladite porte soit mise une serrure fermant à clé, laquelle sera gardée par le confesseur, qui ouvrira de son côté ladite porte quand il sera requis de faire entreries provisions.
» S*" Exhortons au surplus, en notre Seigneur, lesdites religieuses de continuer et persévérer à l'accomplissement de leur règle, pour le bien et augmentation de leur Ordre. »
En présence de ce récit si clair, si sec, appuyé d'une pièce officielle, que devient cette scène de vivacité faite par le cardinal à la Mère de Lestonnac, au milieu de ses religieuses tremblantes; cet ordre
brutalement donné de faire murer la porte; ce châtiment infligé de lire publiquement le samedi, au réfectoire, le blâme qu'il adresse à la vénérable? Tout cela est de la mise en scène. On a voulu produire de Teffet; mais l'histoire élève la voix et proteste. Tôt ou tard, la vérité démasque les imposteurs, en leur présentant son céleste miroir.
Cette année vit la fondation du noviciat des Jésuites. La Compagnie dut cet établissement à la piété du président Marc- Antoine de Gourgues et de son angélique compagne, Marie de Séguier. Les deux époux donnèrent aux RR. PP. une somme de 30,000 livres. Leur parent, M. Jacques de Gourgues, conseiller, aumônier du roi, et prieur de Saint- Georges d'Oiéron, était prieur de Saint-Martin des Bouches; à la demande du président, il consentit à abandonner aux Jésuites son prieuré avec son annexe et ses dépendances. Son exemple fut imité par maître Denys Hurault, prêtre et curé de Yayres, paroisse dont M. de Gourgues était seigneur. Hurault donna au noviciat le prieuré de Saint-Michel de Bertuilh, dont il était titulaire. Plus tard, c'est à dire en 1651, Olive de Lestonnac, seconde femme-du président, fît don aux Jésuites d\m hôtel qu elle possédait rue du Marché, à la condition d'y placer leur maison professe.