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CHAPITRE XXII

Administration intérieure du diocèse. — Les UrsuUnes de Clermont, de Saumur.— M" Daviau .

— M«' Donnet. — Le président de Gourgaes et les Carmélites. — Les PUes rei-)enties. — Les Dames du Puy. — Bulle du pape au sujet de l'évêque de Saintes. — La Chartreuse de Bordeaux. — Cruauté du Parlement envers quelques prêtres. — Protestation du cardinal. — Querelles suscitées à l'évêque de Saintes par quelques membres de son clergé. — Différends entre les chanoines d'Agen et le théologal. — Désordres à Saint-Macaire, à Sainte-Eulalie.

— Le cardinal est nommé à l'assemblée du Clergé. — Troubles en France. — Synode de Bordeaux. — Lettre de l'Ordre des Chartreux à M, de Sourdis. — Les Filles de Notre-Dame à Toulouse. — Le Parlement à l'offrande. — Le cardinal est nommé abbé de Saint-Lomer.

L'assemblée des notables dura dix-huit jours, et vingt propositions d'édits y furent portées. Les principaux de ces édits concernaient la composition des conseils, la distribution des affaires, la diminution des dépenses, le retranchement des pensions, la suppression de la vénalité pour les charges de cour et de guerre, l'interdiction des survivances aux bénéfices, la suppression du droit annuel et la réduction des offices.

Tout, dans cette assemblée, se passa avec le calme qui règne dans une cérémonie, plutôt qu'avec la chaleur qui se produit d'ordinaire dans les discussions, et on se sépara en parfaite intelhgence.

Le roi revint de Rouen Tesprit plein de bons et utiles projets; mais il y avait tant de gens intéressés à maintenir les abus, à commencer par les Parlements, que le souffle de l'opposition dissipa bien vite les feuilles légères sur lesquelles les notables avaient consigné leurs délibérations.

Le cardinal quitta Paris au mois de mars de l'année suivante.

Pendant son absence, un conflit dont on ne connaît pas la cause s'était élevé entre le maréchal de Roquelaure et les jurais. L'archevêque fut chargé par le roi de mettre un terme à ce différend.

Le premier acte de l'aduiinistration du pontife fut de réunir en congrégation un certain nombre de prêtres et de religieux expérimentés, pour conférer avec eux sur quelques points de discipline.

Un de ses plus grands chagrins était de voir les ecclésiastiques rechercher les modes et se couvrir de dentelles. En vain avait-il rendu plusieurs ordonnances somptuaires, rappelé les décrets du Concile de Trente et du Concile provincial: le clergé n'affectait pas moins un kixe ridicule et blamahle. 11 résolut de couper court à cet abus par une mesure énergique. « Nous exhortons, dit-il, et admonestons un chacun des ecclésiastiques, de quelque qualité et position qu'ils soient, qu'ils soient initiés aux sacrés ordres et pourvus de dignités et bénéfices quelconques, ou qu'ils aient la seule tonsure, de porter la tonsure et Thabit clérical conformément à leur dignité. De plus, leur défendons de porter fraises, rotondes, grandes manchettes, rosettes aux souliers et jarretières, habits découpés, manteaux doublés de panne, et tout ce qui ressent la vanité; et ce, dans deux mois prochains. Quant à ceux qui sont présents dans ce diocèse, leur assignons à cet effet vingt jours pour la première, vingt jours pour la seconde, et vingt pour la troisième admonition juridique et péremptoire. Et pour le regard de ceux qui sont hors le diocèse, en notre province, dans trois mois prochains, savoir : chaque mois pour la première, seconde et tierce admonition. Voulons, à faute de ce faire, que lesdits ecclésiastiques qui sont bénéficiers ou pensionnaires ecclésiastiques, soient privés, ipso jure, des fruits de leurs bénéfices, par nous applicables en œuvres pies, comme il sera requis; et pour ceux qui ne sont bénéficiers, qu'ils soient suspendus de leurs ordres, ipso fado ; en outre, déclarés incapables d'être promus et avancés aux ordres et bénéfices ecclésiastiques. Que si, dans un mois après le terme à eux fixé par notre présente ordonnance, il s'en trouve aucun qui ne porte la tonsure et fhabit clérical, et que, fayant pris, soit convaincu de lavoir laissé, le déclarons par ces présentes privé de tous bénéfices et offices ecclésiastiques qu'il peut obtenir, sans que, pour ce, il soit besoin d'une nouvelle déclaration. »

11 plut continuellement pendant les deux mois de février et de mars. Les eaux firent de grands ravages en inondant les terres et les cultures. On était menacé d'une disette très grande. Le cardinal ordonna les prières de quarante heures, pour obtenir la cessation du fléau.

Les églises si vénérées de la Terre-Sainte tombaient en ruines. Le roi invita les prélats de son royaume à faire partout des quêtes pour pourvoir à leur restauration. Le cardinal s'empressa d'engager les populations à apporter leurs dons à cette œuvre sainte, et sa voix fut entendue.

Les Jésuites avaient construit depuis quelques années une maison de noviciat, vis à vis du monastère de Sainte-Croix. Cet établissement n'avait pas de ressources suffisantes, et sollicita, pour l'aider à se maintenir, l'union d'une chapellenie fondée dans l'Église Sainte-Croix par Jean Eymerie, et vacante par la démission du titulaire. L'archevêque s'empressa de souscrire à cette demande, par ordonnance du 4- avril.

Après les fêtes de Pâques, Son Éminence ouvrit le Synode de Bordeaux. L'agitation politique qui troublait la France ne lui permit pas d'y édicter des règlements nouveaux. Il fit lire son décret sur le port de l'habit ecclésiastique et en ordonna Tenregistrement à roflicialité. Il décida que tous les archidiacres assisteraient aux congrégations quand la publication du jour de l'ordination serait faite, attendu que tous n étaient pas administrateurs, et que cependant ils étaient parfois appelés à la collation des ordres, et qu'alors ils ne pouvaient répondre de la capacité des ordinans. Il enjoignit aux curés de faire le prune comme il l'avait indiqué, et aux vicaires Ibreins de faire lire dans leurs congrégations les rubriques du nouveau Missel, afin que la célébration des oflices se fît d'une manière uniforme dans toutes les paroisses.

Quinze jours après, il tint le Synode de Blaye. Il y rendit un règlement portant que ceux qui ne pourraient venir au Synode feraient connaître les motifs de leur absence aux archiprêtres, qui s'informeraient de la vérité et de la valeur de ces motifs. Les religieux de Saint- Sauveur furent condamnés à trois livres d'amende, au prolit de riiopital de Blaye, « pour ne sètre trouvés processionnellement au logis pour le conduire avec les autres ecclésiastiques. y> Le prieur, curé de Saint-Andronic, fut condamné à quatre livres d'amende, au prolit de son église et de la Société de Miséricorde de Bordeaux, pour avoir violé le règlement sur la résidence. Entin, f archevêque lit saisir

quelques revenus de Tabbaye de Saint-Romain de Bourg, parce que le prieur s'était absenté du diocèse sans sa permission.

Il procéda ensuite à la visite de Tarchiprêtré de Bourg. Le procèsverbal de cette visite ne contient rien d'important.

On sait les humbles commencements de la Maison de Sainte- Ursule à Bordeaux, les tribulations qui l'accueillirent, les vexations du Parlement. Aujourd'hui Dieu semblait lui départir ses grâces, à proportion même des peines d'autrefois. La réputation des Ursulines de Bordeaux s'était répandue au loin comme un suave et céleste parfum. Les Ursulines de Glermont, qui n'avaient pas la même origine, furent touchées de l'exemple que leur donnaient leurs sœurs, et pour prouver à celles-ci leur sincère et profonde affection, elles demandèrent à être unies à la Maison de Bordeaux. Certes, l'accomplissement d'une pareille démarche, la générosité avec laquelle ces religieuses rendirent pleine justice aux Filles de Françoise de la Croix, supposaient dans elles une vertu bien solide, puisque la jalousie, ce sentiment si commun, n'avait pu trouver accès dans leur cœur. Le cardinal accueillit avec empressement ce projet d'union; mais il aimait tant ses chères religieuses de Bordeaux, qu'il mit pour condition à son consentement que leur établissement serait considéré comme la Maison-mère. Les religieuses de Glermont acceptèrent volontiers cette clause, par laquelle elles consacraient en quelque sorte leur vénération pour la respectable fondatrice des Ursulines de Bordeaux. Il y avait déjà quelques années que cette excellente mère avait envoyé des religieuses de son ordre à Poitiers et à Laval. En 1618, l'évêque d'Angers voulut aussi avoir un couvent d'Ursulines dans sa ville épiscopale. Sur ses instances, le cardinal lui envoya quelques religieuses sous la conduite de M. l'archidiacre Delurbe.

Le nouvel établissement fut accueilli avec une grande froideur par le peuple; mais la bourgeoisie et la noblesse témoignèrent aux religieuses les plus vives sympathies. « Monseigneur, écrivait M. Delurbe, toute la noblesse du pays et les meilleures maisons d'Angers font à l'envi à qui donnera ses filles. Nous espérons que cette Maison sera établie solidement pour la gloire de Dieu, mais non sans beaucoup de peine. »

A Saumur, il se passa des scènes bien différentes. On sait que le

cardinal avait un amour profond pour la Sainte Vierge. Or, Saumur possédait l'église miraculeuse de Notre-Dame des Ardilliers, qu'il avait visitée souvent, et à qui il se plaisait à envoyer des preuves de sa munificence. La ville voulait un couvent d'Ursulines, mais M. de Sourdis craignait d'affaiblir les Maisons de Bordeaux, et il hésitait à répondre aux vœux des habitants de Saumur. Toutefois, le désir de posséder une Maison de cet Ordre était si grand, qu'on alla jusqu'à faire une neuvaine pour l'obtenir. Enfin, le Corps municipal écrivit à Son Éminence en invoquant sa piété pour Notre-Dame des Ardilliers.

Le cardinal, vaincu par ces instances, se décida à y envoyer la iMère de la Croix, pour examiner le parti qu'il y avait à prendre. Peu de jours après, la supérieure lui écrivit la lettre si remarquable qui suit : (c Les fidèles ne cessent d'offrir leurs prières à Dieu et à Notre- Dame, pour l'initiation très samte que Votre Seigneurie a de l'avancement de la gloire de Dieu. Ils ont fait des dévotions l'espace de neuf jours en l'église de Notre-Dame pour votre prospérité, et afin qu'il plût à Dieu de vous inspirer de leur accorder leur requête. Leurs prières n'ont pas été inutiles, car dès le premier soir qu'ils commencèrent leurs dévotions. Dieu inspira une bonne damoizelle, priant devant l'image de Notre-Dame, de se rendre fondatrice, et sur l'heure même envoya quérir un notaire, et fit la donation de quatre mille trois cents livres pour l'achat d'une maison. »

Ce que ne dit pas la bonne supérieure, c'est une prédiction qu'elle fit à la pieuse damoiselle dont la libéralité venait d'assurer un toit hospitalier aux Ursulines. Elle lui annonça qu'elle serait un jour supérieure de la Maison qu'elle fondait. Les événements semblèrent démentir celte allégation; car peu après la donatrice s'engagea dans les liens du mariage. Cependant, elle devint veuve, et elle demanda un refuge aux Ursulines. Les religieuses s'empressèrent de lui donner la direction de l'Établfssement, et réalisèrent ainsi la prophétie de Françoise de la Croix.

Cet empressement des populations à demander des religieuses de Sainte-Ursule venait moins encore de leur excellente réputation que du soin que le cardinal apportait à la perfection des établissements. On le savait si bien, on connaissait tellement sa vigilance, sa sagesse, que pour profiter de ses conseils, pour arriver à d'heureux résultais, la phqiart des Maisons cherchaient à se placer sous sa

direction. C'est ce que constate une lettre que lui écrivit la Mère de la Croix. «Nous venons, lui disait-elle, de recevoir des lettres presque de toutes les Maisons des Ursulines de France, qui nous mandent que le Saint-Esprit les meut de se jeter aux pieds de Votre Éminence pour la supplier en toute humilité de les prendre sous votre protection. Je crois, Monseigneur, que Dieu veut que vous fassiez un corps de tous ces membres, et que vous soyez le chef de cette troupe virginale qui suivra l'agneau, sous la protection et obéissance d'un tel chef, sous lequel je désire vivre et mourir. »

Est-il un plus bel hommage que celui rendu par ces pieuses filles au cardinal de Sourdis? Malgré ses détracteurs et ses ennemis, le jour de la justice commençait à venir pour lui, et le nom de ce nouveau Borromée était plus fréquemment dans la bouche des hommes loyaux et désintéressés.

11 est encore d'antres établissements d'Ursulines qui, fondés par le cardinal de Sourdis, semblent devoir rester, par une faveur spéciale, sous la protection permanente des archevêques de Bordeaux.

M. de Sourdis était le cousin-germain de Gabrielle d'Estrées. A la mort de la marquise, il hérita du château de Suri, près de Montbrison. C'est là que plusieurs notables d'Annonay, de Boulieu et de Bourg-Argental, vinrent lui demander des Ursulines pour ces trois localités. En 1802, ces couvents furent rétablis par M^' d'Aviau, dernier archevêque titulaire de Yienne, devenu plus tard archevêque de Bordeaux. En 1864-, un autre archevêque de Bordeaux, celui qui a restauré les sanctuaires d'Arcachon, de Verdelais, arraché aux sables usurpateurs de l'Océan et rouvert aux pèlerins l'antique sanctuaire de Notre-Dame de la Fin-des-Terres, reconstruit la tour de Pey-Berland, et qui se propose, au moment où ces lignes sont écrites, de donner à sa primatiale une splendeur qu'ont vainement rêvée ses illustres prédécesseurs, le cardinal Donnet prodigua à ces Maisons des témoignages réitérés d'un intérêt particulier et véritablement personnel. Il a érigé, en face de l'un de ces établissements, en 1866, la statue de M^' d'Aviau, qui aura bientôt pour pendant celle de M^' de Sourdis.

A la date de 1610, il a été parlé de l'établissement de l'ordre des Carmélites de Bordeaux. Ces religieuses y avaient été appelées par

M™* Marie de Séguier, épouse du premier président, Marc -Antoine de Gourgues. Le terrain sur lequel s'élevait le couvent avait été primitivement donné par la ville au premier président Daffis pour y bâtir un hôtel, et M. Daffis, par son testament, Tavait laissé aux pauvres. M. de Gourgues s'en rendit acquéreur par contrat passé le 2 avril 1611. Les travaux commencèrent la même année; ils furent terminés, en 1618, par les soins d'Olive de Lestonnac, seconde femme de M. de Gourgues. Cette dame, qui était douée des qualités les plus précieuses du cœur et de Tesprit, avait voulu continuer l'œuvre si heureusement commencée par Marie de Séguier. Elle donna aux Carmélites des sommes considérables, décora leur chapelle, et acheva les constructions commencées.

Lorsqu'une mort édifiante eut couronné la vie si exemplaire de ces illustres bienfaiteurs, la reconnaissance des religieuses se manifesta d'une manière éclatante. Elles érigèrent, dans leur chapelle, à Marc-Antoine de" Gourgues et à Olive de Lestonnac un splendide mausolée en marbre, sur lequel les deux époux étaient représentés en prière.

D'autres joies aussi vives étaient encore réservées à M. de Sourdis. En 1613, il avait été question de fonder à Bordeaux un couvent de Filles repenties; on avait même acheté le terrain et construit la maison. Mais le cardinal n'avait pu s'entendre avec MM. Raymond et de Massip, conseillers au Parlement, qui voulaient donner do plus grandes proportions à rétablissement, et le nouvel édifice avait été abandonné aux Orphelines. Au mois d'août 1618, M. Charles de Chinbaud demanda au cardinal de lui vendre la maison des Orphelines pour y placer un couvent de Carmélites-Déchaussées. Il lui off'rit en échange une somme de 5,000 livres, payable en trois ans, et le loyer, pendant le même temps, d'une maison où l'on placerait les Orphelines. L'offre fut agréée et réglée par contrat le 25 août. Le lendemain, les Orphelines furent installées rue Sainte- Eulalie, et les Carmélites vinrent prendre possession de leur couvent. Le cardinal les y attendait, et les mit lui-même en possession de leur nouvelle propriété. L'année suivante, Pierre-Antoine de Redon, seigneur de Pransac, président au Parlement, leur légua, par son testament daté de Nérac, 5,000 livres payables en différents termes, à lu

condition qu'il serait enterré dans leur chapelle. En 1621 , M"'^ Lucile de Tarneau, sa veuve, agissant tant en son nom qu'en celui de son fils, remit entre les mains des jurats de Bordeaux 20,000 livres, pour constituer, en faveur du couvent, une rente de 1,250 livres, à la condition que son mari, son fils et elle seraient considérés comme les fondateurs du couvent.

Il s'était établi dans la ville du Puy, en Velay, une Société de douze femmes distiguées qui désiraient vivre selon les règles des Filles de Notre-Dame. Elles s'étaient adressées au Saint-Siège, qui, en accueillant leur demande, avait stipulé qu'elles feraient venir de Bordeaux quelques religieuses pour les initier aux détails de la vie monastique. Elles écrivirent, en conséquence, au cardinal : a: 11 y a trois ans que nous sommes associées, au nombre de douze, pour servir Dieu en cet Ordre, dont vous êtes le premier instituteur. Nous supplions en toute humilité votre illustrissime Révérence de nous favoriser de celles que vous jugerez capables de nous mettre en pratique. )) Cette lettre fut apportée par un vicaire général. Le cardinal leur accorda aussitôt trois religieuses, que cet ecclésiastique fit amener par un docteur en théologie et un notaire royal. Lorsque le vicaire général adressa ses remercîments à Tarchevêque pour ses bontés, il ajouta, en parlant des religieuses : (c Elles seront consolées et assistées, et pour le spirituel et pour le temporel, en sorte que Votre Seigneurie sera contente; j'ose promettre que le fruit qu'elles obtiendront sera très grand, vu d'un côté leur zèle et piété, et d'autre la dévotion des filles et femmes veuves de ces quartiers. De fait, leur congrégation est déjà de dix-huit et de sept pensionnaires. »

Le cardinal avait déjà accordé quelques subsides au monastère des Feuillants. Mais ces religieux étaient de véritables pauvres selon le cœur de Dieu; ils ne mendiaient ni ne quêtaient; ils ne possédaient rien, et cependant ils trouvaient le moyen de faire d'abondantes aumônes. Le cardinal, touché de leur humilité et de leur résignation, leur unit le prieuré hospitalier Saint-Jacques du Barp et la paroisse d'Andernos, qui en dépendait alors.

Vers le même tenjps, le pape adressa au cardinal de Sourdis un

bref qui fut pour le prélat une douce récompense de ses travaux. L'évêque de Saintes était mort, et M. Michel Raoul, doyen de la cathédrale de la même ville, avait été choisi pour le remplacer.

Le pape recommanda le nouveau suffragant à toute la sollicitude du métropolitain. « Pour mettre le comble, lui disait-il, à vos mérites et à votre réputation, si vous accordez votre appui aux personnes ecclésiastiques et surtout à celles qui sont revêtues de la dignité pontificale...; comme nous n'ignorons pas que votre bienveillance est nécessaire à notre élu, pour qu'il puisse remplir avec succès les devoirs qui lui sont confiés, nous vous prions de vouloir bien ne pas la lui refuser. )> Le cardinal s'empressa de remplir les désirs du Saint Père, et, comme on le verra plus tard, sa protection ne fut pas inutile au nouvel évêque.

Le roi avait nommé le duc de Mayenne gouverneur de la Guienne, en remplacement du prince de Condé. Ce seigneur fit son entrée solennelle à Bordeaux le 28 juillet. La réception fut magnifique. Suivant l'usage, le duc fut conduit par les jurats à 1 église Saint- André pour y prêter serment. Il y fut reçu par M. le cardinal de Sourdis, « qui fit une élégante et docte harangue. »

Peu après, l'archevêque se rendit à l'assemblée générale du clergé, qui se tint cette année à Paris. Les remontrances furent adressées au roi par Philippe Gospeau, évêque d'Aire, sous l'inspiration de MM. de Sourdis et de Guise.

On sait les efforts surhumains qu'avait faits le cardinal pour amener, à bonne fin l'assainissement des marais de la Chartreuse. Les prédictions les plus sinistres avaient annoncé l'insuccès de ces travaux. Pendant son séjour à Bordeaux, Marie de Médicis s'était écriée (( qu'une semblable entreprise exigerait les bras et les trésors d'un roi. y> Cependant, le projet du cardinal s'accomplissait, et de jour en jour les Bordelais pouvaient en constater le résultat.

Le 2 du mois d'août 1618, pardevant M" Antoyne Déalbètre, notaire royal, comparurent l'illustrissime et révérendissime cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, d'une part, et R. P. Dom Bernard Ghaluy, prieur de la Chartreuse de Toulouse et visiteur de

la province d'Aquitaine, comme procureur spécialement constitué par R. P. Bruno, général ministre de l'ordre des Chartreux, et RR. PP. Dom Ambroise de Gasc, administrateur de ladite Chartreuse et de celle de Yauclaire, et Dom Martial Fornier, procureur desdites Maisons et Chartreuses de Bordeaux et Yauclaire, d'autre part; pour, entre lesdites parties, être convenu et accordé que la fondation et construction dudit couvent et monastère des Chartreux de la présente ville, donation et union de la cure de Ludon et prieuré de Gajac , faites par ledit seigneur cardinal de Sourdis à ladite Chartreuse, en. considération de la fondation par lui faite, sortiront leur plein et entier etfet, en tant du fonds que bénéfices, qui seront perpétuellement et irrévocablement acquis audit monastère, toutefois aux charges suivantes :

c( Le nombre des religieux est fixé à vingt-quatre, sans compter les convers, les domestiques et les officiers qui habiteront hors de la maison ou dans ses dépendances. Il ne pourra être augmenté, à moins qu'il ne soit fait à la Chartreuse des libéralités, et que le donateur n'exige, comme condition expresse de ces libéralités, de recevoir de nouveaux religieux.

» Il est convenu que ce qui restera des revenus annuels de la Chartreuse, de la nourriture des religieux et du personnel de la Maison, après que le service de l'église, l'entretien des vases sacrés et des ornements auront été assurés , et que toutes les charges de la Maison auront été acquittées, sera employé pour les pauvres de la manière qu'en décideront les supérieurs. » Cette clause aurait dû suffire pour désabuser les insensés qui, depuis tant d'années, ont entrepris des fouilles pour découvrir dans les jardins et jusque sous les dalles de l'église Saint-Bruno un prétendu trésor, employé, du vivant des Chartreux, au soulagement des pauvres de Bordeaux.

» Pareillement, le cardinal s'engagea à bâtir et à construire, à ses propres coûts et dépens, un hôpital contigu au monastère, dans lequel seront logés, nourris et entretenus quinze malades estropiés, impuissants à travailler, de maladies incurables et de plaies non contagieuses. L'administration de cet hôpital et de ses revenus appartiendra aux religieux de la Chartreuse et aux supérieurs dudit monastère, privativement à tous autres

» On tiendra la main à ce que le but soit poursuivi conformément

à rinslitution dudit seigneur cardinal, auquel lesdits pauvres pourront se plaindre et dire leurs nécessités, sans empêcher que Monseigneur Tarchevêque de Bordeaux ne les puisse visiter une fois l'an. Défendons, au surplus, ledit seigneur cardinal, la connaissance directe et indirecte à tous juges et magistrats séculiers, sans laquelle clause contenant ladite défense et prohibition ledit seigneur n'eût fondé ledit hôpital, ni lesdits religieux accepté la fondation.

» Le nombre de quinze pauvres sera toujours gardé et observé....

» Aussi seront tenus les religieux qui seront dans ledit monastère et leur supérieur, bailler et distribuer la somme de six livres tous les samedis de chaque semaine, à l'issue de la messe de Notre-Dame que ledit seigneur cardinal a instituée en la chapelle des femmes, laquelle sera bâtie par ledit seigneur, joignant la porte du monastère, sous l'invocation de saint Charles Borromée, cardinal, à vingt-cinq pauvres honteux, savoir : quinze hommes et dix femmes, qui seront choisis dans toutes les paroisses de la ville par le supérieur des Chartreux.

» Et pour la fondation, dotation et entretien dudit hôpital et aumône de six livres du samedi, ledit seigneur a fait don et donation de la somme de 40,000 livres une fois payée, laquelle sera employée en fonds et héritages ou en rente constituée.

» Et d'abondance, ledit seigneur cardinal, pour donner plus de moyens de supporter les charges dudit hôpital et aumônes, et autres dudit monastère, a donné et donne audit monastère et hôpital la somme de 10,000 livres, qu'il emploiera comme il lui conviendra, soit en achats de biens, soit en constructions de bâtiments. »

Nous avons laissé aux passnges que Ton vient de lire la forme primitive que leur a donnée le notaire-rédacteur. Il y est fort clairement et expressément dit et spécifié que c'est bien le cardinal qui est le fondateur de la Chartreuse, et Dom Ambroise de Gascq, signataire au contrat, n'a ni réclamé ni protesté. L'union du prieuré de Gajac dont il est question dans cet acte, se lit à la même époque.

Cependant, le Parlement étendait ses empiétements sur l'autorité ecclésiastique, et comme pour mieux la braver, rendait contre les individus soumis h sa juridiction les jugements les plus cruels et les plus iniques. Le curé de Ballade avait été convaincu d'une faute grave dans un lieu joignant à l'hôpital de Bordeaux. Il fut condamné

à mort pour crime de sacrilège et eut la tête tranchée, quoiqu'il fût prouvé que cette partie de Tédifice ne servait depuis longtemps que de lieu de décharge. Le malheureux avait été d'abord appliqué à la torture. Un cordelier d'Agen, Jean Cosnières, dit frère Natal, fut accusé d'avoir ensorcelé la dame de Bassaumont, comtesse de Laugnac, et de lui avoir jeté des maléfices. La procédure fut instruite par le sieur Delpech, lieutenant criminel au siège présidial d'Agen, Malgré les réclamations du clergé et du cardinal, qui revendiquaient ce prêtre comme relevant de la juridiction ecclésiastique, le Parlement le condamna à être pendu, et son corps brûlé sur la place publique.

Contrairement aux Canons, il ne fut pas dégradé. Un huissier se présenta un jour chez le vicaire de Saint-Martin de Ludon et chez le curé de Saint- xMagne. Après les avoir déclarés en état d'arrestation, il leur mit les fers et les emmena dans les prisons de Bordeaux. Conduits en la chambre de la Tournelle, ils furent interrogés et déclarés innocents; mais on refusa de leur dire d'une manière précise de quoi ils étaient accusés.

Un mariage avait eu lieu entre le sieur Andinet et la dame Antoinette Ferragus. Plus tard, le mari prétendit que le mariage n'était pas valable, et adressa requête à la Cour, qui renvoya les parties devant l'officialité. L'affaire bien examinée, les juges ecclésiastiques décidèrent qu'aux termes du droit canon, l'union était bonne, et qu'il ne s'y trouvait aucun empêchement indiqué par les lois de l'Eglise. L'époux en appela de cette sentence au Parlement, qui, s'érigeant en assemblée de théologiens, annula le mariage, bien qu'il y eût eu cohabitation des époux.

Fatigué de ces scandaleux dénis de justice, le cardinal se décida à porter plainte au roi, et envoya à ce sujet M. de Peyrissac à Paris. Le Mémoire du cardinal contenait tous les griefs dont il a déjà été parlé dans le cours de ce travail. Le Conseil d'État ordonna que tous les arrêts attaqués seraient supendus jusqu'à ce que le procureur général en eût fait connaître les motifs. Mais qu'importait cette sentence à ceux que le bourreau avait frappés ?

Nous venons de dire, en très peu de mots, que le frère Natal fut condamné par le Parlement pour avoir ensorcelé la dame de Laugnac.

Supposons que la sentence eût été rendue par l'autorité ecclésiastique, et que, livrée à certains publicistes de nos jours, elle fût publiée par eux : trouverait-on assez d'anathèmes et d'imprécations pour maudire la barbarie et la superstition de l'Église? Or, en regard de la conduite du Parlement, examinons celle que tint le cardinal de Sourdis.

On sait que l'ordre des Cordeliers avait été douloureusement affecté de la sentence qui avait frappé le frère Natal. Le couvent de Paris écrivit à M. de Sourdis pour le prier de lui faire connaître son sentiment sur la possession de la dame de Laugnac. A la date du 16 février 1619, le cardinal répondit par le iMémoire suivant :

a François, cardinal de Sourdis, etc.;

» Nous faisons savoir à tous ceux qu'il appartiendra, qu'ayant été averti de la venue de la dame de Laugnac en celte ville de Bordeaux, qui se plaignait de quelque possession ou obsession du malin esprit, par quelque maléfice qui lui aurait été donné, nous aurions incontinent envoyé devers elle M. Jean Demoncy, chanoine en notre église de Saint-Seurin, et assesseur de notre officiai, saluer de notre part la dame de Bassaumont, sa mère, et ladite de Laugnac, sa fille, et leur offrir de notre part toute l'aide et assistance que nous pourrions, lui promettant que Dieu continuant son assistance à son Église, l'autorité qu'il lui a donnée sur les malins esprits lui apporterait un grand soulagement. Néanmoins, persuadée par quelques gens de chicane, elle nous fit réponse que ses affaires étaient au Parlement, et qu'elle ne pouvait en aucune façon s'en séparer. Ce qui nous fit entrer en quelque soupçon qu'il y aurait quelque fraude ou malice que Dieu manifestera en son temps. Puis, voyant la précipitation avec laquelle ils poursuivaient la mort d'un pauvre religieux, nous nous employâmes à donner toute la lumière et connaissance à Messieurs de la Cour qu'il nous fut possible, du tort qu'ils se faisaient d'entreprendre sur la juridiction ecclésiastique. Il fut enjoint de hâter le jugement du pauvre religieux, sans avoir pris avis ni des médecins, ni des théologiens, si le mal dont on l'accusait était vrai ou feint. Puis après, de l'avis de plusieurs personnes graves de notre Conseil, nous allâmes voir la dame de Laugnac, étant accompagné du père Sulfren, recteur des Jésuites, et du père Baisle, de la même Compagnie. Et étant entrés chez ladite dame, elle vint au devant de nous, accompagnée de la

dame de Bassaumont, sa mère, et après les avoir fait asseoir, nous interrogeâmes ladite dame de Laugnac de son mal, lui disant que nous trouvions étrange qu'elle ne recherchât sa guérison en TEglise de Dieu, qui nous a laissé Tautorité en icelle sur les malins esprits, desquels il avait affaibli et débilité la puissance par sa passion. A ces mots, elle se renverse et commence à aboyer et montrer une espèce d'évanouissement, duquel elle fut bientôt remise ; et ledit père Baisle, prenant de nos mains une boîte où elle pensa qu'il y avait des reliques, les y appliquant sur la tête, incontinent elle dit qu'elle se portait bien, et puis après avoir demeuré quelque petit espace de temps à parler, ledit père Baisle se rapprocha d'elle et lui voulant imposer cette dite boîte, elle feignit le même évanouissement. Or, les prétendues reliques n'existaient pas, car la boîte était vide. Et encore que nous sachions bien que ce n'est pas une preuve suffisante pour juger d'une obsession ou possession, néanmoins c'est un indice contraire. Du temps qu'elle a été ici, elle n'a montré aucun indice. Et a-t-on remarqué que sitôt qu'une personne de qualité venait la voir, et après une douzaine de paroles, elle s'évanouissait ou bien se laissait tomber fort doucement sur un lit, et elle poussait des cris quelquefois de façon d'un chien, quelquefois de façon d'un enfant nouveau-né. Il y a plusieurs laquais qui contrefont ces voix-là plus naïvement. Et notre jugement de nous est plutôt enclin à croire qu'il n'y avait nulle sorte de maléfice diabolique, sinon en tant que le malin esprit entre et coopère à tous les péchés. Depuis, l'on m'assure qu'elle dit être guérie, et son mari, le comte de Laugnac, maléficié. Nous ne savons si Dieu, en punition du crime d'avoir poursuivi et condamné ce pauvre religieux, comme aussi d'avoir raccroché la guérison de sa femme par de mauvais moyens, lui a infligé déjà une punition qui est incurable s'ils ne font pénitence.

» Nous prions Dieu leur en faire la grâce et miséricorde, ainsi qu'à tous les pécheurs.

» Fait à Bordeaux, etc »

L'évêque de Saintes ne fut pas longtemps sans recourir à la protection que lui avait promise le cardinal. Car il eut avec son chapitre des démêlés qu'il fallut soumettre à l'autorité du métropolitain.

D'après le pontifical romain, lorsque l'évêque assiste à la messe,

cest à lui qu'il appartient de donner la bénédiction au peuple, après Vite, missa est, comme fait un cardinal quand un évêque pontifie on sa présence Un chanoine de Saintes voulut cependant disputer ce privilège h Tévêque, et un jour que le prélat assistait on habit de chœur à la messe, il entonna la formule préparatoire de la bénédiction. Le diacre lui fit observer que le prélat se disposait à commencer cette même formule ; il ne tint aucun compte de Tavertissement, et couvrit la voix de Tévêque. Ce fait se renouvela plusieurs fois. Les chanoines sétaient aussi ingérés de remplir quelques fonctions épiscopales, comme de consacrer les calices.

Le cardinal, par une ordonnance motivée, rappela le chapitre à ses devoirs, punit d'un châtiment sévère le chanoine qui avait osé braver son évêque jusqu'au pied de fautel, et rappela que les Canons réservaient le droit de consacrer les calices et les patènes à l'autorité épiscopale.

Vers le même temps, le cardinal reçut de Rome l'approbation de l'ordre de Sainte-Ursule, qu'il attendait depuis si longtemps. La bulle d'institution n'était que la reproduction des règles proposées par lui. Les difficultés que le Parlement avait suscitées doublèrent le plaisir qu'il éprouva de voir ces saintes filles officiellement reconnues et placées sous le patronage de l'Église.

A peine avait-il aplani les difficultés qui s'étaient élevées à Saintes entre l'évoque et ses chanoines, qu'il fallut intervenir à Agen, où des contestations d'un autre genre divisaient le syndic du chapitre, agissant en cette qualité, et le théologal, agissant en son nom personnel. L'évêque n'avait pu être écouté, et il avait fallu recourir à l'autorité métropolitaine. Cependant, au fond, il n'y avait rien de sérieux. Il s'agissait d'abord du port du camail ou chape que les chanoines mettaient au chœur par dessus leur rochet, puis d'une prétention du théologal, qui voulait que le chapitre fut obligé d'assister à ses leçons.

Le cardinal décida que les chanoines porteraient le camail depuis le jour de la Commémoration des Morts jusqu'au Vendredi-Saint. Il ne leur imposa point l'obligation d'assiler aux leçons du théologal, mais il les rendit obligatoires pour les autres prêtres de la cathé-

drale, et il engagea les chanoines à y paraître pour donner le bon exemple. Pour que ces leçons fussent plus adaptées aux besoins du moment, il voulut que le chapitre en choisît lui-même le texte six mois à Tavance. Enfin, il rappela aux chanoines qu'il était de leur devoir rigoureux d'assister à la messe de matines.

L'éyêque avait déjà réglé la question des honoraires du théologal et de Torganiste de la cathédrale. Le cardinal approuva toutes les mesures qu'il avait prises; et quant aux autres griefs que pouvaient avoir les chanoines, il les renvoya à se pourvoir devant son auditeur pour être plus amplement informé.

Il y avait des questions litigieuses qui semblaient destinées à surgir tous les ans pour augmenter les ennuis du cardinal. L'une d'elles était la fondation du collège de Saint-Macaire. Depuis que cet établissement existait, il y avait toujours conflit entre le recteur des Jésuites de Bordeaux et le vicaire perpétuel du prieuré de Saint'Laurent. Les droits des parties étaient tellement confondus et mêlés, que le cardinal avoua ne pouvoir les discerner. Il fit adopter une transaction par laquelle le vicaire perpétuel renonçait à ses prétentions, à la condition, par les Jésuites, de lui accorder une augmentation annuelle de 240 livres.

Ce qui prouve les conséquences fâcheuses de l'exemption de juridiction qu'avaient obtenue les chanoines, c'est qu'il n'était pas de • jour que l'on ne découvrît des abus ou des faits graves dans les églises dont ils étaient les patrons.

Ainsi, le cardinal apprit, avec une douleur profonde, qu'il existait à Sainte-Eulalie cinquante-neuf chapellenies dont les titulaires étaient morts ou avaient accepté d'autres fonctions. Les intentions des fondateurs n'étaient plus remplies, et les revenus tombaient dans des mains déloyales. Le cardinal, tant pour encourager la piété des fidèles, la bonne tenue de la paroisse, que pour honorer les saintes reliques que possédait l'église, unit ces cinquante-neuf chapellenies au corps des bénéfîciers, à la condition par eux de chanter un service solennel tous les jours de la semaine qui seraient disponibles.

On vient de dire que cette paroisse était bien tenue. Il paraît

cependant que les membres de la fabrique étaient poussés par leur âpreté au gain à faire marchandises des choses les plus saintes. Il y avait sous Téglise une crypte qui s'ouvrait au dehors et qui avait été primitivement le charnier de la paroisse. Les fabriciens s'imaginèrent de la louer à un cabaretier; en sorte que parfois, dans la nef, au chant lugubre de rolTice des morts repondait le refrain d'une chanson à boire que l'on entonnait dans le caveau En l'absence de l'archevêque, M. de Peyrissac, vicaire général, se rendit sur les lieu.x, et ordonna de fermer ce cloaque; mais qu'attendre d'un homme aussi abject? Il résista, et la lie du peuple sembla vouloir prendre son parti. Le marquis de Roquelaure vint sur les lieux, et la pertuisane de ses soldats rappela les plus tapageurs au respect dû à la loi.

Le 14 mars, les délégués des deux ordres ecclésiastiques se rendirent à l'archevêché pour élire les députés qu'ils devaient envoyer à l'assemblée générale du clergé. Le cardinal fut encore, à Tunanimité, nommé représentant du premier ordre. Mais il fit remarquer qu'en raison des troubles toujours croissants de la province, il pourrait se faire que le service du roi l'empêchât de 'siéger. Les délégués persistèrent dans leur vote, et prièrent le cardinal de prendre pour le suppléer l'ecclésiastique qui lui agréerait le mieux. Le doyen de l'église de Sarlat fut élu pour le second ordre. Il fut expressément recommandé aux deux députés d'insister avec chaleur sur les empiétements de la justice séculière.

Il paraît néanmoins que l'archevêque put s'acquitter de son mandat, car on voit dans l'immense travail qui a pour titre : Recueil des actes, titres et mémoires du clergé de France, que l'assemblée se tint à Blois, et que les remontrances au roi furent adressées par Pierre Camus de Pont-Carré, évêque de Séez, assisté des conseils des cardinaux de Sourdis, de Retz et de La Rochefoucauld.

Après le traité de Loudun, Condé, naguère taxé de rebelle, avait pris la direction des alïiiires, et Concini avait été obligé de se retirer dans son gouvernement de Picardie; mais la conduite du prince fut bientôt si pleine de hauteur, il blessa si cruellement la reine-mère et le roi, que, sur les conseils secrets de Concini et peut-

être de l'évêque de Luçon, Louis Xlll le fit arrêter par Thémines, dont il connaissait le dévouement à sa personne. Débarrassé de son rival, le maréchal d'Ancre revint à la cour; mais, déjà, Albert de Luynes s'était emparé de la confiance du souverain. La perte du maréchal fut résolue : le roi le fit tuer par Lllôpital de Yitry, capitaine des gardes, espèce de spadassin qui joua plus tard un rôle odieux vis à vis de Tarchevêque Henri de Sourdis, frère du cardinal 0).

La reine, désespérée de la mort de son favori, fut obligée de se retirer au château de Blois, où son fils la retint prisonnière. Alors se produisit un de ces revirements si fréquents sous ce règne. Au retour du voyage de Bordeaux, le duc d'Épernon commandait les troupes royales, et le duc de Mayenne était au nombre des mécontents. Lorsque l'exil de Marie de Médicis et sa détention furent connus, quelques amis s'entremirent pour la délivrer. Des ouvertures furent faites dans ce sens à d'Épernon, qui s'empressa de les accueillir. A l'aide d'un ancien ami de Concini, l'abbé de Rucelai, et avec le concours de son fils, l'archevêque de Toulouse, il fit évader la reine, la conduisit à Angers, et leva des troupes pour la protéger. A son tour, Mayenne, qui avait fait sa paix avec le roi, fut chargé de marcher contre d'Épernon. 11 n'y eut pas d'engagement sérieux, mais l'habitant de la campagne n'en eut pas moins à souffrir. Le duc de Mayenne était à Agen, lorsqu'il accourut pour se réunir au duc de Guise et faire face à d'Épernon. Leur quartier général fut établi près de Libourne, et le pays tout entier, couvert de soldats, vit la misère et la mort dévorer ses campagnes.

Le cardinal de Sourdis tint néanmoins le Synode de Pâques. Il dépeignit aux ecclésiastiques qui purent s'y rendre le triste état de la province, et les invita à prier plus que jamais pour le repos de la France. Il leur rappela que c'était surtout dans les temps de trouble et de calamité que le bon pasteur devait redoubler de sollicitude pour son troupeau. Il ordonna, en conséquence, les prières de quarante heures, et partit pour se rendre à Blois où se tenait l'assemblée du clergé, puis à Paris, où il rencontra le roi.

(*) Il le frappa de sa canne en plein conseil de guerre et fut mis ù la Bastille.

D'Épernon avait cru que son nom serait un niot de ralliement, et qu il n'aurait qu'à lever son épée pour réunir une armée nombreuse. Il fut bien vite détrompé : personne ne répondit à son appel. Mais, de son côté, Albert de Luynes avait à craindre un mouvement populaire qui compromît son crédit auprès du roi. Dans de semblables conditions, il était facile de s'entendre. Luynes appela secrètement à lui révêque de Luçon, dont il connaissait le crédit sur lesprit de Marie de Médicis, et, par Tinfluence du prélat, la reine obtint le gouvernement de l'Anjou, une somme considérable, une maison nombreuse et la fiicilité de résider partout où il lui plairait. On cbanta des Te Deum, mais du bout des lèvres seulement. Le pauvre peuple seul demanda avec ferveur à Dieu que la paix fut enfin durable, car c'était toujours lui qui en faisait les frais. Pendant la guerre, il était forcé de fournir les vivres au soldat, et durant la paix on lui demandait encore l'impôt pour solder le vaiqueur qui l'avait spolié.

Au mois d'octobre, le cardinal, revenu de Paris, tint en personne le second Synode de Bordeaux. Il était assisté de son frère Henri de Sourdis, qui avait été élevé à l'évèclié de Maillerais. Les séances furent mieux remplies que celles de Pâques. Son Éminence reprocha à son clergé les abus qui commençaient à reparaître dans les campagnes, et les attribua à la négligence avec laquelle les vicaires forains procédaient à la visite de leurs districts. Il leur enjoignit de faire cette visite tous les mois et de lui envoyer un rapport écrit des observations qu'ils auraient faites. Il s'éleva avec force contre les mariages clandestins, dont le nombre allait toujours croissant par l'incurie des pasteurs, et il réprimanda quelques curés qui violaient sans cesse les ordonnances précédemment rendues.

Parfois, le clergé des campagnes était chargé par lui ou par l'ofïicial d'informer sur des faits ressortissant de la justice ecclésiastique. Dans ce cas, le prêtre qu'il commettait avait recours au ministère d'un notaire royal. Dans la seconde séance du Synode, M. de Sourdis défendit d'employer cet officier public, et dit qu'il suffisait au prêtre enquêteur de s'adjoindre une personne ayant le caractère ecclésiastique.

Sous sa haute direction, il s'était formé au sein du clergé rural un grand nombre de prédicateurs instruits et discrets; il les pria, au

nom de la charité chrétienne, de prêter le secours de leur talent à ceux de leurs voisins qui seraient moins bien doués du don de la parole. Il recommanda surtout renseignement du catéchisme, menaçant de sa juste sévérité ceux des curés qui négligeraient un point si important de leur ministère.

Il rendit quelques ordonnances contre les concubinaires et contre les fauteurs des mariages clandestins. Ce mandement en attribuait la multiplicité à la présence de prêtres nomades, peu scrupuleux de se conformer aux lois de l'Église, et à la coupable faiblesse de certains pasteurs qui accordaient aux jeunes gens la liberté de se marier où ils l'entendraient. Le Synode décida sur se point que, quand les conjoints seraient de deux paroisses différentes, le mariage se ferait dans la paroisse de l'un des époux, du consentement du curé de l'autre, et que désormais aucune permission ne serait accordée sans avoir été soumise à l'approbation épiscopale.

Enfin, comme l'abbaye de Lisle avait été complètement abandonnée, et qu'il n'y restait pas même un religieux pour veiller à son entretien et en constater le droit de propriété, il fut ordonné qu'elle serait visitée de temps en temps par les prêtres du voisinage.

Le Synode de Blaye confirma tout ce qui s'était fait à Bordeaux. Il y fut décidé en outre que les vicaires simples dont les cures dépendaient des abbés de Saint-Romain et de Saint-Sauveur, seraient tenus d'assister au Synode, ce qu'ils ne faisaient pas, et d'y rendre compte de leur administration.

Plusieurs ordres religieux avaient déjà écrit au cardinal pour le remercier du charitable intérêt qu'il portait à leurs monastères, et lui avaient demandé de permettre que son nom fût inscrit parmi ceux des bienfaiteurs de leur institut. Il avait fait trop de bien aux Chartreux pour que le chapitre ne se hâtât pas de lui en témoigner sa reconnaissance.

La lettre que lui adressa à ce sujet le père Bruno d'Afîringues, maistre-général de l'ordre, mérite d'être conservée, d'abord parce qu'elle constate le droit exclusif du cardinal au titre de fondateur de la Chartreuse de Bordeaux, et ensuite parce qu'elle prouve combien les religieux appréciaient ce que le cardinal avait fait pour eux.

a: A l'illustrissime et révérendissime François de Sourdis, cardinal

de la S. E. R., archevêque de Bordeaux et priuial d'Aquitaine, frère Bruno d'Affringues, humble prieur de la Grande-Chartreuse et ministre général de tout Tordre des Chartreux, et les autres membres du chapitre général du môme ordre, salut éternel en Jésus-Christ, etc. » Les splendides, les immenses bienfaits, les mérites de votre très illustre grandeur envers notre ordre des Chartreux, et les actes de votre prodigue libéralité dans l'érection et la dotation de la nouvelle Chartreuse de Bordeaux, nous ont attaché à votre personne, nous et notre ordre, par les liens d'une profonde reconnaissance. Et cependant, en échange de tant de générosité et de magnificence, nous ne trouvons rien qui soit digne de vous être offert, si ce n'est l'humble hommage de notre soumission et le concours de nos prières. Ces deux choses réunies sont d'une bien faible valeur. Cependant nous osons vous supplier de les regarder gracieusement, de les accueillir avec bonté, et de voir dans l'exiguïté même de l'offre, la grandeur de notre amour et de notre soumission. Afin donc que le souvenir reconnaissant de vos largesses se perpétue à jamais dans tout l'ordre et dans votre Chartreuse, afin que Yotre illustrissime Éminence trouve, soit pendant sa vie, soit après sa mort, près de Dieu, qui rémunère fidèlement toutes les bonnes œuvres, le prix qu elle désire, nous ordonnons aux religieux de votre Chartreuse de Bordeaux, qu'aussitôt que le nombre des pères aura atteint le chiffre convenu, outre la messe de la sainte mère de Dieu, Marie, toujours vierge, on célèbre conventuellement chaque année, il soit dit aussi dans toutes les Maisons de fOrdre, une messe conventuelle du Saint-Esprit, pour votre heureuse direction et pour votre bien-être, avec la seconde oraison Prœtende, au singulier. Et lorsque vous aurez terminé votre pèlerinage dans le monde, les religieux devront inscrire dans leur calendrier le jour de votre naissance à la vie immortelle, et le célébrer honorablement et pieusement. La messe conventuelle Pro dcfiinctis sera chantée par le prieur lui-même, ou, s'il est malade, par le vicaire de la Maison ; et si tous deux sont empêchés, par le plus ancien religieux. On y récitera les doux oraisons : Du )iobis Domine, ut anima fnmuU et sacerdotes lui, et Pro refn'tjerio animœ ejus. Pareillement, après votre décès, puisse-t-il vous rendre heureux après de longues et heureuses années. Un trenlenaire particulier sera fait dans toutes les Maisons de l'Ordre, et la messe de Domino sera

dite par tous nos religieux ayant le caractère sacerdotal, avec Foraison Du no bis Domine.

» Nous voulons, en outre, que dans la Chartreuse de Bordeaux et dans tous les monastères de l'Aquitaine, cette messe soit chantée en nmsique, avec accompagnement de tous les Instruments dont les moines peuvent se servir. Pour que la mémoire de vos bienfaits soit consacrée dans notre Ordre, et qu'aucun oubli ne puisse jamais l'effacer ou l'affaiblir, nous voulons que le jour anniversaire de votre

mort soit annoncé à l'Ordre par une lettre du Chapitre général

Nous désirons et nous prions qu'un si généreux bienfaiteur reçoive de Dieu, pour l'amour et la gloire de qui il fait toutes ses actions, l'abondante bénédiction du ciel.

y> En foi de quoi nous avons souscrit cette lettre, et ordonné d'y apposer le sceau de notre Ordre, notre Chapitre général séant le 29 août 1619. Frère Bruno, prieur de la Chartreuse. »

Une ordonnance de M. de Peyrussac nous fait connaître que de son temps les personnes qui étaient en deuil faisaient tendre de noir leur maison. C'était à propos de la fête du Saint Sacrement. Le vicaire-général voyait très assidûment M. le premier président de Gourgues, et tout deux avaient conçu la pensée de donner plus d'éclat à cette solennité. Dans ce but, M. de Peyrussac fit signifier à toutes les confréries de vouloir bien paraître avec leurs bannières et leurs croix. Il défendit de se tenir aux fenêtres pour voir le triomphe de la procession, et il voulut que chaque habitant descendît dans la rue et se mît à genoux pour recevoir la bénédiction du Saint Sacrement. Ce qui était tout simplement impossible, a De plus, que toutes les maisons où les habitants portant le deuil font tendre de noir, estant ces ornements de tristesse, tendront d'une autre couleur convenable à la fête. Enjoint aux curés de chaque paroisse de les en avertir. »

M. de Peyrussac était vraiment zélé, mais il se laissait parfois aller à l'emportement. Pendant l'absence du cardinal, l'excès de cette fougue le poussa à un de ces abus de pouvoir que les assemblées ecclésiastiques reprochaient si vivement au Parlement. Sur une simple dénonciation, il fit citer devant lui François Monnier, chantrier de l'abbaye de Bourg, et prieur de Saint-Saturnin de Lalibarde.

Ce religieux refusa de comparaître. M. de Peyrussac, irrité, le fit conduire en prison, avec la même rigueur que s'il eût commis quelque crime. Le prieur demanda un conseil; on le lui refusa. Puis après avoir entendu les témoins à charge, M. de Peyrussac le condamna à des peines sévères et à de fortes amendes, applicables à divers établissements religieux. Lorsque sa détention fut terminée, il* se hâta d'en appeler comme d'abus. L'affaire fut renvoyée devant le Parlement de Toulouse, et la Cour décida que M. de Peyrussac ne pouvait siéger comme juge après avoir été récusé, et qu'en sa qualité de vicairegénéral, il n'avait qu'une juridiction ordinaire et non contentieuse. En conséquence, elle le condamna à la restitution des amendes, au paiement de tous les frais et à des dommages-intérêts. La leçon était méritée.

Plusieurs personnes de Toulouse s'étaient adressées au pape Paul V pour qu'il permît dans cette ville la création d'une Maison des Filles de Notre-Dame. Le Saint Père y consentit, à la condition que les religieuses seraient prises dans la Maison-Mère de Bordeaux. On eut donc recours à M. de Sourdis, et la requête appuyée par le cardinal Lavallctte, fils du duc d'Épernon, qui était archevêque de Toulouse, quoiqu'il n'eût pas encore été ordonné prêtre. Il ne le fut jamais. En l'absence du prélat, M. de Peyrussac envoya à Toulouse quatre religieuses sous la conduite de l'excellent curé de Sainte-Colombe, l'abbé Moysset. Mais il eut soin de stipuler dans la lettre qu'il écrivit à ce sujet aux autorités religieuses de Toulouse, que tout ce que le pape avait prescrit dans sa bulle pour la sécurité et la commodité des religieuses serait ponctuellement exécuté. Le lecteur verra plus tard que la parole donnée ne fut pas tenue.

Le cardinal revint de Paris avec sa mère, M'"* la marquise de Sourdis, son frère Henri, évêque de Maillezais, et sa belle-sœur, M*"^ Sourdis. Il se plut à leur montrer les établissements qu'il avait fondés.

Dans le môme moment, il reçut la visite du sieur de Marchaumont, qui partageait la pieuse admiration du cardinal pour saint Charles Borromée, à qui il avait fait bâtir une chapelle. Touché de celte communauté de sentiments, M. de Sourdis donna à son luHe un

fragment d'une chasuble qui avait appartenu au saint archevêque de Milan.

Lorsque le Parlement assistait en corps à Toffice divin, il se rendait à Toffrande et y portait ses oblations. Dans cette circonstance, les membres de la Cour se couvraient de leur toque, pendant que le prêtre qui recevait ses dons restait la tête découverte. Cet usage qui était imposé par Tétiquette, blessait profondément le cardinal, qui ne pouvait comprendre comment un prêtre, exerçant un ministère divin, était obligé de rester tête nue, lorsqu'un juge, simple représentant de Tautorité, se couvrait.

Pour faire cesser cet usage et sans s'inquiéter s'il ne blesserait pas beaucoup d'amours-propres, M. de Sourdis ordonna que le prêtre qui donnerait l'ofPrande resterait couvert et assis. Cette prescription ne fut pas observée longtemps; la crainte de déplaire, d'irriter peutêtre, la fit bien vite oublier.

Dans le même mandement, le cardinal ordonnait que le prêtre revêtît ses ornements à la sacristie, et les y reportât au lieu de les laisser à l'autel. En traversant l'église, il devait avoir la tête couverte, et la gravité du ministre qui connaît la sainteté de l'acte qu'il accomplira. Le clergé était tellement étranger à cet ordre d'idées, qu'avant et après la messe, on voyait le célébrant se promener en aube dans l'église et s'y livrer à la conversation.

Le prieuré de Berson dépendait de l'abbaye de Saint-Romain de Blaye, mais on ne pouvait obtenir que le titulaire y fixât sa résidence; il se bornait à y envoyer un vicaire. Le cardinal se décida à unir le prieuré à l'abbaye, à la condition que le quart des revenus appartiendrait au vicaire perpétuel, qui serait désormais à sa nomination pleno jure.

Cette mesure avait d'ailleurs un motif sérieux. L'abbaye de Saint- Romain était située hors de la ville. Pendant les derniers troubles, l'église avait été pillée, l'habitation des religieux saccagée, et dans sa détresse, Paul de Genouilhac, abbé commandataire, avait été obligé de faire appel à la charité publique. On put ainsi procéder aux réparations les plus urgentes de l'église, mais on était sans ressources pour relever les bâtiments claustraux. Ce fut cette raison

qui délennina le cardinal; il eut pitié des moines, et les revenus du prieuré servirent à payer les constructions nouvelles.

Dans le cours de cette année 1619, le cardinal obtint Tabbaye de Saint-Loumer à Blois, par la cession que lui en fit Charles Miron, évêque d'Angers, qui la tenait en commande. En 1622, s'y trouvait, comme vicaire général, son frère Henri, Téveque de Maillezais; en 1627, il fît reconstruire les bâtiments qui tombaient en ruines, et y plaça des religieux de Tordre de Saint-Maur. La mort vint interrompre les projets qu'il avait sur cet établissement.

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