HI8T0IBX DD CARDINAL PITRA
Le iSdéeembre, les trois abbés de la Congrégation béuédictioe de France, et plusieurs de 8{>s membres, dom Chamard, dom Legeay , dom Lévèque, auxquels leurs travaux sur ra&tiijuité ecclésiastique créaient un lien de plus avec leur illustre coufrire, dom Leduc, vieil ami du cardinal, compagnon de ws premières missions scientifiques, l'abbè Lazaire qui avait été rappelé dans son diocèse d'origine, vinrentà Rome pour cél^rer son Jubilé. La poésie s'unilà rénidition pour le chanter en français, en latin, en grec, et même en hébreu et en syriaque. La bibliographie de toutes ses œuvres imprimée avec luxe à Solesmes, témoignait de la fécondité de son labeur d'un dcmi-siècIe, tandis que des travaux de critique et d'histoire rendaient compte de ses découvertes dans le champ de la patristique et des autres
pOMà cette oceaiioa U prière suivante que nous avons retroUTée dam Ml papien : ■ 0 Jënu-Christ notre Dieu, prâtre et Tictime pour le aalnt dn rooEide, bénisui et aanctifîez les clerca des difera ordres da diocfeHe d'Ântun, présenté! anx ordinations <le l'année 1836. Le samedi 17 décembre 1836, ils étaient ntiuf pi'ijlrcs. Dans le 1qD|; espace de temps qui nous en sépare, quatre sont entrés dans la demeure de leur éternité. Les cinq survivants veulent, dans tout le cours de leur cinquantième année de sacerdoce, se préparer A les suivre.
> Celui qui était au pied du saint autel la gloire de leur couronne sacerdotale, orne aujourd'hui le Sacré-Collège des cardinaux et tient le troisième rang dans la sainte Eglise de Dieu . Puisse descendre sut tons un rayon de ses vertus et de ses mérites. Ensemble ils vous consacrent, 6 Jésus, cette année entière. Ils veulent la passer dans le recueillement, la prière et la fidélité au devoir, pour réparer \es fanles commises et vous remercier de la multitude de vos miséricordes. Que la bènêdictioa apostolique de votre dévot et glorieux vicaire Sa Sainteté le Pape Léon Xlll accompagne et soutienne notre résolution. Nous la sollicitons instamment prosternes à ses pieds sacrés, avec tous les seutiments de religieuse vénération, d'hnmble soumission et d'amour filial que l'éminentissime cardinal évéqae de Porto et Sainte-Rufine et sous-doyeo du Sacrè-Collège aimait à lui exprimer naguère avec tant de cœur et de vérité pour sa propre consolation, poar l'édification de notre sainte Hère l'Eglise catholiqoe romaine et pour la gloire de votre nom. •
sciences ecclésiastiques (1). Les nombreux amis que l'illustre savant comptait dans le monde des lettres et de l'érudition étaient heureux de s'unir à ses confrères pour lui envoyer le témoignage de leur sympathie ; ce fut une fête de famille et en même temps une fête religieuse que compléta une ordination sacerdotale célébrée par le cardinal dans sa cathédrale de Porto.
Mais ce qui donna à cette fête toute sa signification et en grava le souvenir plus avant dans l'âme du cardinal, ce fut l'audience du Souverain Pontife qui s'attacha à donner au savant bénédictin et à ses confrères les témoignages de sa bonté et de sa haute sympathie. Durant plus d'une heure, il s'entretint avec eux des grandes destinées qu'il entrevoyait dans l'avenir pour Tordre bénédictin en occident et en orient où les fondations monastiques ont exercé une grande influence. Il félicita ensuite avec une bienveillance touchante, l'illustre cardinal au sujet de son anniversaire (2).
L'année suivante amenait aussi un jubilé bien cher au cardinal, celui de Solesmes. C'est en 1837 qu'eurent lieu l'approbation définitive de la Congrégation bénédictine de France et l'élévation de Dom Guéranger sur le siège abbatial de Solesmes (3). On eut un moment l'espoir de voirie cardinal venir célébrer au milieu de ses frères cette date mémorable ; mais son âge et les circonstances ne le permirent pas. Il voulut du moins s'unir à cette fête par une lettre adressée aux abbés et à tous les pères et frères de la Congrégation des bénédictins de France.
En leur envoyant ce témoignage de sa bienveillance, il les félicite de leur constance au milieu de la persécution qui les a frappés. C'est hors de leur abbaye, gardée par les
(1) Bibliographie des œuvres de Son Ëm. le cardinal Pitra. In-4. Solesmes, 1886.
(2) Cf. les articles de dom F. Ghamard, Univers, 9 et 24 décembre 1886, et les Noces d'or du cardinal Pitra, Revue du Monde catholique, innyier 1887.
(3) Les fêtes jubilaires de V abbaye de Saint- Pierre de Solesmes, 9,i0 et a juillet 4887. Solesmes, Imprimerie Saint-Pierre, 1887, in-8o.
3Bï IIISTOIRE DU CAHD1NAL PITRA.
gc-iulaniit's, qu'ils célébreront cetle fêle. Comme cage d'ospéranco pour l'avenir, le cardinal rappelle alors ces einqiianli;! années écoulées depuis la fondation de Solesmea; « grande mortalis a-vi spatium ». grand espace de tenipB dans la vio d'une abbaye. Pendant ce demi-siécle ijue de trônes renversés, que d'institutions anéanties ! Solesmcsa montré sa vitalité et sa fécondité par des œuvres nombreuses dont le cardinal marque hni'rvement la portée {Ij,
Enlin comme couroouemenl à cetle séi'ie de jubilés, le cardinal Pitra eut encore la joie d'assister aux fêles qilij consacrèrent lo cinquantième anniversaire de prêlrise dw pape Léon XIII en 18H8. Nous n'avons pas besoin de rappeler ces ma^ninqucs solennités qui sont encore dans mémoire de tous et auxquelles toutes les nations, les roiSj|:i les empereurs, les princes, les chefs d'état se firent un devoir de prendre part. Jamais peut-être on n'avait va autour du vicaire de Jésus-Clirist un pareil concours.
Le cardinal Pitra ne voulut pas se présenter les mains vides h ces fêtes, où grands el petits, empires et républi-"i| ques, évêques et simples fidèles apportaient leur tribut. Il revint à ses chers mélodes. M. Stevenson senior éditait les couvres jusqu'alors inconnues d'un auteur byzantin du onzième siècle, Théodore Prodrome, Il demanda la collaboration du cardinal Pitra qui mil en tête de l'édition une belle et savante préface latine dans laquelle il étudie les œuvres et il apprécie le rôle de Théodore, on des écrivains qui nous représentent le mieux ce que fut Vhommeiie /e«res byzantin. A la fois théologien, philosophe, grammairien, historien, poète, il a, on peut dire, touché à tout; il vit d'abord à la cour et il devient lo poète officiel des fêtes impériales ; il se croit au moment de devenir un grand personnage; mais ces illusions sont bientôt dissipées, le dégoût le prend de la cour et de la ville ; il se fait moine et n'en continue pas moins à écrire (2).
(1) Ibidem, p. 27-30.
(2) Cf. Albert Martin, Revue critique, 1888, 1, 267.
Il y a là quelques pages substantielles et neuves pour l'histoire encore si mal connue de la littérature byzantine. Mais parmi les œuvres de Théodore, celles qui intéressent le plus le cardinal Pitra, celles qui le ramènent à ses études sur rhymnographie grecque, ce sont les commentaires de Técrivain byzantin sur les mélodes (1). Chose étrange, ces commentaires de Prodrome et ceux des autres écrivains du moyen âge byzantin, ne donnent aucun éclaircissement sur la métrique des mélodes ; leurs auteurs se placent au point de vue théologique et se contentent d'interpréter les passages des hymnes qui présentent quelque difficulté dogmatique.
Pour son propre compte, le cardinal offrit encore au Saint-Père de nouveaux extraits de son poète préféré, cher entre tous, Romanus, le prince des mélodes, comme il aimait à l'appeler. Ces fragments sur saint Etienne, le chaste Joseph et les dix vierges sont tirés d'un manuscrit du Tropologion conservé dans un monastère grec de l'île de Pathmos (2). Nous y trouvons la même poésie suave et inspirée, le même accent religieux qui donne aux cantiques de Romanus un caractère si élevé.
Peu de mois après, l'infatigable vieillard publiait un autre volume qui venait s'ajouter à la série de ses Analecta sacra (3). Ce volume contient des fragments de saint Athanase, de saint Basile, de Macarius Magnés, saint Cyrille d'Alexandrie, Tite de Bosra, Osius, saint Augustin (4) et
(i) Tkeodori Prodromi commentarios in carmina sacra melodorum Cosmae Hierosolymitani etJoannis Damasceni.., praefatus est J. B. Pitra, in-So, Rome, 4888. A part, in-8° de xxvii pages.
(2) Sanclus Romanus veterum melodorum princeps cantica sacra ex codd. mss. monasterii S. Joannis in iosula Patmo primam in Jucem edidit J. B. card. Pitra. Anno Jubiliœ Pontificii. Romœ, ex typ. polyglotta S. Gong, de Prop. fide, 1887, format atlantique. C'était le quatrième manuscrit du Tropologion que découvrait le cardinal. (Voyez plus haut p. 269.)
(3) Analecta sacra et classica Spicilegio Soîesmensi parata. Tome V, 1 vol. in-4°, Paris et Rome 4888. Cf. notre article : les dernières découvertes du cardinal Pitra, dans la Science catholique, 45 avril 4889.
(4) Il faut remarquer cependant que le prétendu Liber testimoniorum dei contra Donatistas attribué à saint Augustin est de Fauste de Riez
quelques autres. Plus de la moitié du volume est consacrée à des œuvres inédites d'un fameux philosophe alexandrin, Proclus, que Cousin appelait TAristote du mysticisme alexandrin... le pontife du monde et le prêtre de tous les mystères (1).
Mais la maladie continuait son œuvre sur le cardinal; il était devenu sa proie; elle ne devait plus le lâcher ; lentement mais sûrement elle minait sa puissante constitution; il fallut bien se résoudre à prendre des précautions et à vivre comme le reste des mortels. A partir de 1888 son écriture ferme, déliée et alerte devient pesante et tremblée. Emporté par son ardeur, il se laissa de nouveau aller à des excès de travail qui accélérèrent la marche de la maladie; dans l'été qui précéda sa mort, malgré une chaleur accablante, il continua ses longues séances à la Yaticane pour terminer son dernier ouvrage (2).
Dans la préface de ce livre il disait : « Si nous avons des lecteurs, ils seront indulgents pour un travailleur fatigué dont la vue baisse et Tardeur s'éteint dans une vieillesse maladive (3). » La vieillesse venait en effet avec son cortège d'infirmités ; la maladie semblait prendre sa revanche de la longue indemnité dont il avait joui durant les plus belles années de sa vie ; elle l'accablait à coups redoublés ; dans les derniers mois, il ne pouvait sortir que porté sur sa chaise par deux domestiques. Mais son intelligence conservait toute sa lucidité, son cœur restait affectueux et tendre. Il se répandait sur ses derniers jours comme une teinte de mélancolie douce et résignée que l'on remarque chez les malades qui se sentent mourir. Les espérances se ferment du côté de la terre pour s'ouvrir du côté du ciel.
comme nous nous sommes efforcé de le prouver : Le Liber testimoniorum de saint Augustin et deux traités inédits de Fauste de Riez^ Revue dei questions historiques, 4880, p. 232 et suiv.
(1) Procli philosophi platonici opéra inedita.,, edidit Cousin, p. xxm.
(2) Lettre à do m Couturier, 25 janvier 1888. (Une des dernières qu'il ait écrites à Solesmes.)
(3) Analecta sacra, t. V, p. xxxi.
On eût dit un de ces soirs d'automne que Ton peut contempler à Rome du haut de la Trinité des Monts ou des terrasses du Pincio ; le jour baisse insensiblement, le soleil jette un dernier rayon avant de disparaître derrière les collines et d'abandonner notre terre à la nuit pour aller briller dans d'autres contrées.
Son entourage s'effrayait de ces symptômes. Mais lui restait calme et continuait son travail ; il voulait mourir les armes à la main. Il put terminer à peu près l'édition de Démétrius Chomatianus, uncanoniste grec dont les œuvres complètent les travaux du cardinal sur le droit canonique de réglise de Byzance (1). Il songeait à rééditer avec des additions son Histoire de saint Léger et recueillait les notes des mauristes sur les bulles des papes. La veille de sa mort il travailla encore plusieurs heures.
La fête de sainte Scholastique approchait ; c'était un de ses grands anniversaires, celui de sa profession religieuse et de sa promotion au cardinalat ; ce jour allait recevoir pour lui une dernière et suprême consécration. La veille, un samedi, 9 février 1889, il paraissait moins oppressé et ses amis pouvaient espérer une améhoration dans son état. Vers trois heures et demie de l'après-midi, se sentant mieux, il voulut quitter son lit, mais sa tête retomba lourdement sur sa poitrine et il perdit connaissance. Alors ce fut très rapide. Il y avait en ce moment à Saint-Calliste Son Eminence le cardinal Dusmet, bénédictin comme lui et archevêque de Catane, qui se rendit en toute hâte auprès du malade ainsi que le Révérendissime abbé Cristofori, procureur général des bénédictins du mont Cassin, et quelques-uns des moines de Saint-Calliste. Ses serviteurs et ses secrétaires, Mgr Battandier etMgrGrimaldi, s'empressèrent aussi autour de lui. Le curé de Sainte-Marie du Transtévère put lui administrer l'extrême -onction. On comprit bientôt que
(1) Ce Yolume, le septième des Analecta sacra et classica, a paru en 1891 avec ce titre : Juris ecdesiastici grœcorum selecta paraliponiena, par les soins de Mgr Battandier qui, dans sa préface, consacre we intéressante notice à la vie et aux ouvrages du cardinal Pitra.
tout espoir était perdu et ceux qui étaient présents commencèrent à réciter les prières des agonisants. La respiration du malade devenait plus lente, les extrémités se refroidissaient, mais il conservait son calme. Un peu avant sept heures du soir, comme Mgr Battandier et Mgr Grimaldi récitaient la prière : Proficiscere anima christiana^ une grosse larme s'échappa de l'œil du moribond, il poussa un soupir lent et doux et rendit au Seigneur son âme immortelle (1).
Cependant, dès que le danger s'était déclaré, par les soins du cardinal Dusmet, un convers de Saint-Calliste, le frère Gabriel, avait été en toute hâte envoyé au Vatican. Le Saint-Père le fit introduire aussitôt, s'enquit des nouvelles de l'auguste malade et lui envoya dans les termes les plus affectueux sa bénédiction apostolique que le cardinal reçut quelques heures avant de mourir. Ce fut sa consolation dernière et la grâce suprême qui vint fortifier son âme.
Un de ceux qui Font vu sur son lit de mort revêtu de ses ornements pontificaux, nous le décrit ainsi: « Sa figure était très belle, plus belle que de son vivant ; il paraissait bien recueilli en Dieu, attentif à considérer la beauté éternelle et comme content d'être arrivé à la maison du Seigneur (2). »
« On a cru savoir, écrit de son côté Mgr Perraud évéque d'Autun^ que particulièrement dans ces derniers mois, le cardinal s'attendait à rejoindre sous peu la sœur qu'il avait perdue il y a trois ans... La touchante légende de sainte Scholastique et de saint Benoît se serait-elle renouvelée pour les imitateurs du couple fraternel dont le pape saint Grégoire le Grand a raconté avec tant de charme la dernière entrevue dans ce monde » (3) ?
(1) Lettre de Mgr Battandier à l'abbé Lazaire, 14 février 4889.
(2) Lettre de dom Gauthey, 44 février 4889, aux Pères et Frères de Solesmes sur la mort du cardinal Pitra.
(3) Lettre à ses diocésains sur la mort du cardinal Pitra, 47 février 4889. Ce passage fait allusion à un fait singulier de la vie du
L'Eglise romaine entoure la dépouille mortelle d'un cardinal des soins les plus religieux. Le lendemain de la mort de dom Pilra, un notaire apostolique du Vatican vint dresser un acte dans lequel il résumait en quelques traits la vie du défunt; c'est, si Ton peut s'exprimer ainsi, son curriculum vitae que la mort vient de fermer pour jamais. Il constata le décès devant témoins et fit mettre le corps en bière sous ses yeux avec la mitre en tète et le visage recouvert d'un voile violet de calice. L'acte dressé fut mis dans un rouleau et déposé dans le cercueil avec le sceau du cardinal. Le cercueil scellé et fermé d'un grand ruban violet aux armes du défunt fut déposô dans une seconde bière en zinc scellée de plomb, et celle-ci mise à son tour dans une caisse de bois d'ormeau.
Après que ces formalités du cérémonial des cardinaux eurent été remplies, le corps fut porté dans l'appartement cardinalice appelé salle du trône, gardé par les secrétaires, les serviteurs et les pères de Saint-Calliste et visité par une foule nombreuse.
Le 11 à quatre heures, le clergé de Sainte-Marie du Transtévère vint chercher le corps et après l'absoute il fut conduit au cimetière dé Saint-Laurent m agro verano. Le lieu choisi pour son sépulcre était le caveau de la Propagande ; on l'y déposa dans un loculus à côté des cardinaux
cardinal Pltra que nous ne croyons pas pouvoir passer sous silence. Une fille cIq la Charité de l'hôpital de Santiago du Chili, connue pour avoir 'des communications surnaturelles, assura avoir vu l'àme de la sœur Ëulalie Pitra qui annonçait sa prochaine délivrance du purgatoire et prévenait son frère de se préparer lui-même sans retard â la mort. Le cardinal fut très frappé de cette lettre et il écrivit au supérieur des filles de la Charité de Santiago pour avoir des renseignements plus précis. Celui-ci n'avait pas manqué de réprimander la sœur sur ce qu'il appelait une témérité indiscrète et il allait répondre quand il reçut dans son courrier, le matin du même jour, la nouvelle de la mort du cardinal qui confirmait ainsi d'une façon inattendue la prédiction de la sœur. Ce fait, qui avait beaucoup Irappé les amis du cardinal, a été établi et confirmé par les lettres de plusieurs filles de la Charité et par un lazariste, M. Dupuis, supérieur du grand séminaire de Montpellier, qui a recueilli de nombreux témoignages.
de celle Congrégalion. On sait que le tombeau de Pie IX est non loin de là, dans l'Eglise Saint-Laurent.
Le service qui eut lieu le 16, à Sainte-Marie du Transtévère, réunit, comme nous l'avons dit, le Sacré-Collège tout entier, les amis du cardinal défunt et une foule nombreuse accourue pour lui rendre un dernier hommage.
Exprimons le désir que la dépouille mortelle du cardinal Pitra, après avoir reposé quelque temps, comme il l'avait souhaité, à Rome et près de Pie IX, puisse en des temps meilleurs être rapportée à Solesmes, en terre monastique, auprès de son abbé dom Guéranger, restaurateur en France de l'ordre bénédictin. Il y serait sous la garde de ses frères en religion et des moniales de sainte Cécile dont il était le protecteur; chaque jour un large tribut de prières lui serait payé et les saintes louanges de la liturgie qui l'ont soutenu durant sa vie retentiraient encore sans interruption auprès de sa tombe.