‹ Histoire du Cardinal Pitra, bénédictin de la Congrégation de FranceChapitre 72 sur 91 · PRISE DE POSSESSION DU CARDINAL PITRA · texte numérisé non relu

PRISE DE POSSESSION DU CARDINAL PITRA

(A la page 250.)

Dimanche, 31 mai, Son Éminence le cardinal Pitra s'est rendu en train noble en Téglise de Saint-Thomas in Parione pour prendre possession, cette église lui ayant été donnée pour titre cardinalice lors de son élection.

Reçu à la porte principale du saint lieu par le clergé de la paroisse et par les associés de la confrérie de la Vierge des douleurs, et après avoir adoré le Saint Sacrement, le cardinal est entré dans la sacristie, où le trône avait été préparé. Après les cérémonies d'usage telles que la lecture des lettres apostoliques et la prestation du serment, le R. P. Joseph Cépollon, curé de Saint-Thomas, a adressé à son Ëminence un discours dans lequel il a rappelé avec beaucoup d'intérêt que cette église avait été fréquentée par sainte Françoise Romaine, que saint Philippe de Néri, l'apôtre de Rome, y avait été ordonné prêtre, et enfin qu'elle avait aussi été le titre du B. Grégoire Barbarigo.

Le Cardinal a répondu qu'il se trouvait heureux d'être attaché à une église spécialement consacrée à évangéliser l'Orient, région préférée vers laquelle il a, dans ses études constantes, porté ses regards.

La cérémonie de la prise de possession terminée. Son Éminence a assisté à la clôture du mois de Marie célébré pour la première fois dans l'Église de Saint-Thomas au milieu d'un grand concours de fidèles et à la suite de la consécration gé-

nérale, Elle a donné au peuple la bénédiction du Saint-Sacrement. Foule immense, magnifiques décorations, cierges innombrables, et le soir illumination des maisons voisines, telles ont été les manifestations imposantes auxquelles a donné lieu cette cérémonie.

PLAN d'Études histobiques tracé par le cardinal pitra

(A la page 308.)

I" volume. — Série des faits montrant le plan providentiel relativement au Saint-Siège.

II* volume. — Déduction logique de ces faits pour établir et confirmer la monarchie pontificale.

Dieu voulant que la Religion fut visible et permanente sur la terre, a voulu queTEglise format une société religieuse parfaite.

Une société religieuse parfaite exige un chef indépendant, une hiérarchie permanente, Fautonomie dans les lois et la discipline, la libre disposition des biens nécessaires au culte et au Sacerdoce.

Cette société fut constituée, après la famille patriarcale, dans le peuple Juif, et dès lors elle eut sous divers chefs toutes les conditions d'une société complète.

L'Italie ayant été choisie comme centre de la nouvelle religion qui devait embrasser, non pas un peuple, mais tous les peuples, saint Pierre vint librement établir à Rome le Siège apostolique.

La lutte de trois siècles entre l'Eglise et l'Empire romain s'explique surtout par la répugnance des empereurs à permettre qu'il y eut une libre société dans leur société, un libre empire dans leur empire.

L'Eglise triompha par ses martyrs et surtout par ses papes et par leur permanence à Rome. Constantin proclama le triomphe, en quittant Rome pour passer à Constantinople, fait étrange que la politique humaine n'expliquera jamais.

A partir du départ de Constantin jusqu'à Charlemagne, on peut constater, Thistoireen main, que lltalie, destinée à posséder le siège de Pierre, n'a jamais été un siècle entier sous la main d'un seul homme, en possession d'un seul pouvoir. Par les divisions successives de l'Empire, par les perpétuelles invasions des barbares, de cinquante ans en cinquante ans, l'Italie change de face, un seul pouvoir reste debout, rallie les populations et les couvre de sa protection, la Papauté.

Par le regeste de Grégoire le Grand, on peut constater que déjà existait un vaste patrimoine de Saint-Pierre, non seulement dans l'Italie centrale mais dans les Alpes cotliennes, la Sardaigne, la Corse, la Sicile, jusqu'en Afrique. Les rois de France n'ont pas créé l'Etat pontifical, ils n'ont fait que restituer ce qui était envahi parles Lombards; la France devint la protectrice précisément parce que n'étant pas en Italie, elle gênait moins la liberté pontificale.

Mais outre les invasions étrangères, les papes avaient à craindre les factions intérieures; dans la lutte contre les barons et les grandes familles, les papes non seulement sauvent leur liberté, mais celle des peuples. Une faction ne pouvait dominer sans écraser toutes les autres factions. Le Nord ne pouvait prévaloir sans opprimer le Midi.

L'intervention des bons empereurs a pour objet de dégager le Saint-Siège contre les brigues factieuses. Les mauvais empereurs n'interviennent que pour élever une faction sur les ruines de l'Italie. Le dernier de ces empereurs, Frédéric II, va jusqu'à s'allier aux Sarrazins. L'œuvre des Croisades a surtout sauvé l'Italie. La sagesse des papes éclate, entre autres, dans une bulle de Clément IV, qui en accordant le trône de Naples à la maison d'Anjou y met pour condition que cette maison ne régnera jamais dans l'Italie septentrionale, toujours pour éviter l'oppression du Nord par le Sud et vice versa.

Les guerres terminées, la papauté profite de la paix pour se montrer magnifique par les lettres, les arts, les monuments. C'est l'époque de la grandeur morale de l'Italie, du siècle de Léon X au siècle de Pie IX et de Léon XIII. En ce moment c'est l'oppression du Saint-Siège et de toute l'Italie par la prépondérance piémontaise..

Après cet exposé historique, il y aurait à développer dogmatiquement toutes les conditions de la monarchie pontificale

depuis la souveraineté temporelle jusqu*àrinfaillibilité qui est le couronnement de tout.

Parmi les points particuliers à traiter séparément et qu'on peut confier à différents auteurs, on peut indiquer :

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