CHAPITRE XI
1 ti L
Sommaire.
Poblication posthume do Compendium musieœ. — S. La congrégation générale
Jésuites devant les nou?elles idées. — 3. Bona-Spes (François Grespin), canne
lossd, professeur k Louyain; ses Commentaires sur la philosophie d'Aristote;
loes contre Descartes. — 4. Froidmont : sa nouyelles édition de la Météorolo0e
)S^uèque ai*ec commentaires ; il maintient sa tactique antérieure contre le carté-
inisme. — 5. Le cartésien Lipstorpius de passage en Belgique.
V Abrégé de la musique, ouvrage composé par Descartes en 8, pendant son séjour à Bréda, quand il n'avait que 33 ans, déjà été mentionné dans ce travail, lorsqu'il a été question rapports de Descartes avec Isaac Beeckmann. A peine premier fut-il mort, qu'on l'imprima sans le consentement *des héritiers, et même, d'après Baillet, dans le but de faire tort à Descartes par la publication d'un ouvrage, somme toute, assez imparfait, ainsi qu'en a jugé Fétis *. On ne voit pas que ce traité ait eu du retentissement dans notre pays.
Cest à Rome que nous allons nous transporter : la philosophie de Descaries devait se ressentir partout de l'accueil qu'elle trouvait dans la capitale du monde chrétien. Les décisions qu'y prenaient les généraux d'ordres et leurs chapitres devaient s'étendre aux maisons religieuses de tous pays. Qu'on juge dès lors de l'importance qu'elles acquéraient, quand il s'agissait des Jésuites, si nombreux et si influents dans notre Belgique. De tels faits, à la vérité, intéressent avant tout l'histoire
générale du cartésianisme; mais celui dont nous allons parler ayant passé, pour ainsi dire, inaperçu, il est bon de le relever.
La philosophie de Descartes s'était déjà fait connaître à Rome du vivant de son auteur. Lui-même s'était rendu dans la ville éternelle à la fin de 1624, mais il ne paraît pas qu'alors il ait traité de sciences avec personne. Lors de la publication du Discours de la Méthode, il y envoya des exemplaires pour le cardinal de Bagne et le cardinal Barberini. Son imprimeur en adressa une douzaine d'autres à un des libraires de la ville ^.
De plus, dès avant 1642, un Jésuite de ses parents séjournait à Rome; il s'appelait Charlet, et occupait un poste ëminent auprès du général de la Compagnie : celui d'assistant pour la France. Le P. Dinet, qui avait été préfetau collège de La Flèche, du temps où René y était pensionnaire, et qui, en 1642, était provincial de France, ayant fait un voyage à Rome sur la fin de cette même année 1642, ne manqua point d'entretenir le P. Charlet du livre des Méditations, et il voulut donner avis au philosophe de tout ce qui s'était dit de plus obligeant entre eux à son sujet, par une lettre qu'il lui écrivit de Rome vers le commencement de l'Avent. Descartes, ce dans le temps des » étrennes de l'année suivante », crut devoir faire part au P. Mersenne delà joie qu'il en reçut. « Il lui marqua aux termes » du P. Dinet l'estime que le P. Charlet faisait de ses études et » l'affection qu'il avait pour sa personne, croyant que ce Père » n'attendait à se déclarer ouvertement pour sa philosophie » que la publication de ses Principes 2. » Aussi eut-il soin d'adresser au Père assistant un ou deux exemplaires de ce dernier ouvrage, avec une lettre d'envoi 3.
* Baillet, volume I, p. 302. H ne semble pas qu^ils aieat trouvé des acheteurs; car, dit Descartes, ce libraire les renvoya, ou du moins voulut les renvoyer. 0. volume 8, p. 130.
* Baillet, volume II, p. 159.
* 0. volume IX, p. 180. Lettre au P. Charlet, du 8 décembre 1644. Ce religieux fut remplacé comme assistant parle P. Barthélémy Jacquinot, rectear à Dijon, pendant la congrégation générale qui se tint du 91 novembre 1645 au 7 janvier 1646. V. InsUtutam Socielata Jesu, Prague, 1757, vol. I, p. 611» col. a, col. b.
En 1646, les Jésuites romains imprimèrent pour la première fois quelque chose sur Descartes. Quand en effet le fameux P. Kircher mit au jour son grand traité sur la lumière, dont le titre un peu ambitieux était Ars magna liœis et umbrœy il y fitquatre fois mention de Descartes, et deux fois, d'une manière très élogieuse. Tous ces passages se rapportent à la Dioptrique, sauf celui dont nous parlerons en dernier lieu, qui regarde les Météores. Kircher nomme Descartes un opticien très ingénieux, '< sagacissimus opticus » ^. Ailleurs, il décrit le microscope d'après a Renatus Dechartes (sic) ^ ». Plus loin, il cite De Cartes 'ne) à propos des verres caustiques 3. La première mention est plus voilée, et aussi plus insidieuse. Il s'agit d'expliquer la forme des cristaux de la neige : « cur autem nix praesertim » stellata corpuscula exprimat, varii varie explicare conati » sunt. Quidam, Democritum secuti, omnia in atomos confe- » nint*. » C'est l'explication cartésienne, au discours sixième «les Météores ^. En voyant articuler une fois de plus ce grief contre sa philosophie. Descartes (qui avait été informé par IMcot) s'inquiéta fort 6 et s'imagina que les Jésuites d'Allemagne et d'Italie ne lui voudraient pas du bien; mais il sut depuis (dit Baillet) que Kircher n'avait point parlé au nom des autres, et il jugea, par la manière dont on lui marqua les éludes et le caractère de ce célèbre Jésuite, qu'il ne devait pas avoir l'esprit fort propre à examiner une chose qui aurait requis beaucoup d'attention, comme il croyait qu'en demandaient ses écrits t.
* P. 161. Il s*agii de U belle expérience de Descartes par laquelle il prouve, ^ premier de touSi que les objels visibles se peignent sur le fond de rœil ârec leurs formes et leurs couleurs. V. Dioptrique^ 0. volume V, p. 4S.
* P. 835. V. Dioptrique, 0. volume V, p. 130. ' P. 878. V. Dioptrique, 0. volume V, p. 116.
' 0. volume V, pp. 232 et suivantes.
' Baillet, volume II, p. 284. La leUre de Descartes à Picot est, d*après Baillei, du 29 décembre 1645: Touvrage de Kircher porte pourtant la date de 1646.
^ Cest Baillet qui rapporte ce Jugement. An reste, ce rapport est confirmé par i» paroles de Descartes que nous lisons daus sa correspondance (0. volume 111,
Le général de la Compagnie, Caralfa, étant décédé le 8 juin 1649, les Jésuites, du 13 décembre au 23 février de Fannéf suivante, tinrent la congrégation de règle à l'effet de pourvoir à son successeur et de concerter les mesures d'ordre commandées par la situation. Plusieurs décrets furent portés. Parmi eux, le vingt-troisième mentionne les plaintes de plusieurs provinces au sujet des professeurs de philosophie qui traitent des questions inutiles, ou donnent leur cours sans ordre, ou si* laissent aller à une trop grande liberté d'opinions : « nimiani sibi opinandi licentiam concedunt. » L'ordonnance émanée du P. Piccolomini à la suite de ces plaintes, ajoute que de semblables réclamations s'étaient produites dans la huitième cougrégation générale (11 novembre 1645 au 14 avril 1646). Voici k passage de ce décret qui nous intéresse : « quelques professeurs de philosophie et de théologie, trop libres dans leurs opinions, tiennent sur plusieurs points, et même professent publiquement des sentiments nouveaux, ou du moins réintroduisent dans nos écoles des manières de penser tout à fait démodées et hors d'usage ^. Quand, au nom de plusieurs provinces, on a exposé ces faits, et d'autres du même genre, à l'assemblée générale, celle-ci s'en est fort émue, et, craignant que le mal (|ui venait de prendre naissance chez un petit nombre ne s'étende davantage, elle a résolu de le conjurer par des mesures énergiques 2. » A la suite d'un nouvel examen 3, on fit dresser
p. 4âO), oii il dit notamment que i le dit N. a quantité de forfanteries et esi
> plus charlatan que savant. » Pour voir que cet « N » est Kircber, il suffit de comparer les paroles de Descaries avec la page 645 du iraiié du iésuitt intitulé Magnes^ sive de arle magnelica, edilio secunda posl Romaoam} mullo correclior, Colonise, 1645, in-f".
* Inslitulum Societatis Je8u, Prague, 1757, vol. 3, pp. 226 et suivantes.
• Ibidem.
^ Ces diverses propositions avaient déjà été, pour la plupart, après mûre délibération, proscrites antérieurement, mais pas toutes, t Plerâeque a praepo-
> sitis generalibus prldem doceri vetits in noslHs gymnasiis. » Si les noires font partie des proscriptions antérieures, il n'en est pas moins vrai qu'elles sont opposées au cartésianisme et que le nouvel examen aura trouvé eo elles un nouveau titre à leur proscription.
un catalogue des propositions à proscrire de l'enseignement philosophique et théologique de la Compagnie, tout en remarquant qu'on n'entendait pas enlever à ces doctrines la probabilité qu'elles pouvaient avoir, mais seulement fermer la porte aux dissensions domestiques et mettre l'unité et la solidité dans l'enseignement 4. Cette ajoute est très importante et montre l'esprit libéral de la Société de Jésus, en même temps que sa prudence, puisqu'elle se réservait implicitement le droit d'abroger ses défenses au cas où la probabilité des opinions proscrites deviendrait assez grande, et que, dans l'entre-temps, elle veillait efficacement au maintien de l'unité de vues, si désirable dans un corps moral et si profitable à son action.
Ce catalogue comprend 65 propositions philosophiques et 31 propositions théologiques. Nous rapporterons celles qui se confondent avec la doctrine de Descartes, en prenant le plus souvent pour terme de comparaison le résumé du système cartésien donné par Brucker, dans son Histoire de la philosophie.
a 5. 11 n'y a pas de matière première. » ^ Descartes dit que l'atome corporel n'est pas formé de deux éléments substantiels, incomplets l'un et l'autre, dont l'un serait la matière première et l'autre la forme substantielle. De plus, admettant que la matière première dans le sens scolastique est corrélative à la forme substantielle, et niant l'existence de celle-ci, il devait aussi nier l'existence de celle-là.
<c 18. Les éléments ne se composent pas de matière et de forme, mais d'atomes. » ^
' « Ncn quod doctrioam lis contentam qualificare allô modo animus sit ' (id eniin aliioris subsellii est), sed quia, qa»;camque tandem iis inesse |)ossit
' probabililaji, judicamus ad uniformilaiem et solidilalem docirinae
■ omoino expedtre ui nostri professores ab iis abslioeani, qaamvis non sit par > omoium causa, neque omnes sint xqualiter nostrisralionibus inopportunae."
' « Non dalur niaieria prima. » Pour loules ces propositions, voyez InsLSoc.Jesu, Prague, 1657, pp. 233-236.
* I Elementa non componuntur ex materia et forma, sed ex atomis. » Il s'agit des corps simples, tels qa*ils tombent sous nos sens, avec leur ("tendue visible et tangible.
Descartes soutient que tous les corps qui tombent sous nos sens sont des agrégats d'atomes.
ce 19. De même, les corps composés, excepté l'homme, n'ont pas de forme substantielle propre ; mais le mélange et la disposition variée de leurs atomes varient leurs différentes espèces t. »
Cette thèse, avec sa restriction, est tout à fait cartésienne.
c( 23. Il est douteux que la quantité se distingue de la matière et aussi que la quantité et l'impénétrabilité se distinguent de la forme substantielle ^, »
Descartes 3 enseigne que a la quantité ne diffère pas réellement de la substance étendue, mais seulement selon le concept, comme le nombre, de la chose nombrée. Ceux qui distinguent la substance corporelle de sa quantité n'ont qu'une notion confuse de la substance incorporelle, qu'ils attribuent faussement à la substance corporelle.
a 24. La quantité est réellement identique avec ce par quoi la substance matérielle est localisée et impénétrable ^. »
C'est dire, en d'autres termes, que la quantité consiste dans l'extension et la résistance actuelles; cette définition, qui va contre la doctrine traditionnelle sur la présence réelle, est dans l'esprit de Descartes s.
a 33. Dans un corps continu, il y a de petits vides, plus ou moins nombreux, plus ou moins grands, selon la raréfaction et la densité de ce corps 6. »
^ « Mlxta eliam corpora, excepto homiDe, non habenl propriain forroaiu o subslantialem ; sed pro varia atomoram mixtura ei dispositione, exhibent
> illas species quas videmus, auri, marmoris, etc. »
' • Dabium esl an quanlitas distingaatur a materia. Item an distioguatur
> a formis substantialibus qaanlitas et impeDetrabilitas. In hoc dubio, » P. Claudius jussit affirmativam a nostris docendam, et contrarium vetuit » quoque P. Mutins. »
3 D*après Brucker, Historia philosophiœ, Lipsiae 1766, t. IV, part. 2, p- 306, prop. 6.
* « Quantitas îdenliQcatar realiter cum ubi quo substantia materialis constiliiilur in ioco impenetrabiiiter. >
' V. les propositions 7, 8 et 9 de Brucker, p. 306.
' « In conlinuo inlercipiuntur vacua par va, pauciora vei plara, majora vel
C'est là une idée favorite de Descartes et dont il est fait mention ou qui est supposée à chaque page de ses œuvres ^.
« 35. La terre se meut de mouvement diurne 2. »
Descartes dit ^ : Le soleil peut être compté parmi les étoiles fixes et par conséquent la terre parmi les planètes.
« 37. Les éléments ne se transforment pas les uns dans les autres; mais les particules de l'un se cachent dans l'autre et y restent tout à fait intactes ; leur entrée est la raison de la dilatation et de la condensation. »
C'est la théorie cartésienne, telle que nous l'avons vu combattre par Compton, et telle que Brucker la rapporte aux endroits cités à propos de la 33™« proposition ^.
« 38. Les générations se font plus probablement par une union nouvelle de corpuscules, même selon Aristote ^. »
On remarquera, outre l'affinité avec la théorie cartésienne, la prétention de s'appuyer sur la théorie d'Aristote que nous
avons constatée dans les Principes, et que Froidmont y avait relevée en 1649 dans le Traité de Came.
DÙDora, pro raritate et deositaie ejusdem {vacua veut dire vides de substance de même uaiure que celle du corps cootiou).
' Brdckbb, loc. ciLy p. 320, propositions 19 et 20; p. 3âl, propositions 38 et ^f el surtout p. 305, proposition 5.
' • Terra movetur motu diurno ; planetae tanquam viventia, movenlur ab intrioseco. Fînnamentum stat. • Descartes avait, il est vrai, imaginé un système, d'après lequel il pouvait dire la terre immobile, parce qu'elle ne se iQouTait pas par rapport à Télher qui Tentourait en la transportant autour du soleil. C'est cette assertion qui a fait direà Merjot, médecin du Roi, « qu*un ver engendré dans un fromage de Hollande et porté d*Âmsterdam à Batavia fait aviron six mille lieues de cbemin, sans changer de lieu. • V. Cousi.n, Œuvres^ Bruxelles, 1841, in-4», t. Il, p. 197, col. a.
* Brccxib, loc, cit., p. 312, n* 7.
* « Eiementa non transmutantur invicem; sed unius particulae in alio * delitescunt incorruptae : quarum ingressus rarefaclionis el condensationis » est ratio. »
* < Probabilins dicilur Qeri gênera tio per novam conjunclionem corpus- > culonim, etiam secundum menten Aristotelis. > 11 ne s'agit pas de la géDéntion vitale, mais de celle dont II est question dans le célèbre aphorisme : Gtneratio unius est corruptio alterius.
« 41. La pesanteur et la légèreté ne diffèrent pas spécifiquement, mais par le plus et le moins 4. »
C'est encore une doctrine cartésienne, bien qu'elle ne se trouve pas en propres termes dans Descartes; mais elle est la conséquence immédiate de sa définition de la pesanteur, laquelle n'est autre chose que l'effort d^un corps pour gagner le centre de la terre, par la poussée d'un autre plus riche en matière subtile, et par conséquent plus porté vers le dehors du tourbillon terrestre 2.
c( 47. Il n'y a pas d'espèces intentionnelles dans les sens extérieurs 3 ».
Descartes, comme plus tard Malebranche, avait en horreur « ce fatras d'entités scolastiques , espèces impresses, espèces )) expresses, espèces sensibles, espèces intelligibles. » Dans le premier Discours de la Dioptrique *, « je veux, dit-il, délivrer » votre esprit de toutes ces petites images voltigeantes par Pair, » nommées des espèces intentionnelles, qui travaillent tant » l'imagination des philosophes. » Il parle de la même façon dans la réponse aux sixièmes objections ^.
c( 48. Il n'y a pas d'espèces impresses, pas même celles intelligibles 6. »
Même remarque que ci-dessus.
€( 49. L'immortalité de l'âme ne se déduit pas nécessairement des actes de l'intelligence t, »
Descartes avouait ne pouvoir démontrer que Dieu ne puisse annihiler l'âme, mais prétendait seulement faire voir qu'elle n'était point naturellement sujette à mourir avec le corps 8 :
* Graviias et leviias non differuot specie, sed tantum secundum magis et » minus. >
* V. 0. volume 3, p. 347.
> « Nulla datar in sensibus externis species inteniionalis; sed ejus looo, » verbi gratia, dalur in oculo extramissio radiorum visualium. •
* 0. volume V, p. 8.
B 0. volume II, p. 356.
* I Non dantur species impressae, nec intelligibiles quidem. •
^ « Immortalilas animae non saUs colligitur ex operationibus intellectitt. »
* 0. volume Ylil, p. 431. LeUre au P. Meraeone.
aussi avoue-t-il ne pas dire un mot de l'immortalité de l'âme dans ses MéditcUions et dans le Discours de la Méthode ^. 11 se borne à la remarque suivante : « d'autant qu'on ne voit point » de causes qui la détruisent, on est naturellement porté à » juger de là qu'elle est immortelle 3. » Dans la seconde édition des Méditations^ il change le titre primitif Démonstration de f immortalité de fâme en celui de Démonstration de la distvidion réelle de Fâme et du corps 3.
Dans les trente et une propositions théologiques, on n'en trouve que deux se rattachant aux idées cartésiennes. La onzième, selon laquelle un ange, qui n'est pas une forme, pourrait informer un corps ^ et la treizième, qui dit que, dans Teucharistie, les espèces réelles des accidents ne demeurent pas, mais seulement les espèces intentionnelles ^.
Descartes ne mettait pas de différence essentielle entre l'ange et Tâme humaine, ou plutôt, comme il aimait à dire, l'esprit humain : de là, il devait admettre que l'union à un corps était aussi possible pour un ange que pour notre âme ellemême 6. Enfin, on le sait, il niait la permanence des accidents réels du pain et du vin dans l'eucharistie.
Les Jésuites ont été les premiers à lutter contre Descartes à visière baissée ; leur exemple en entraîna d'autres. Mais leur originalité et leur ardeur dans le combat ne se retrouvent nullement chez le religieux Carme dont il va être question. Fran-
* 0. Tolume I, p. 190.
' V. cependant Tabrégé de la deuxième médilation, in Gne. 0. volume 1, p. 231.
^ V. BouiLLiER, volume I, p. 133; 0. volume 11, pp. 15-51.
* < Angélus qai non est forma, potest informare ma'eriam. »
^ « lo eucharistia non rémanent species reaies accidenliuro, sed tantum > inteotionales. »
* V. BoGiLLiKB, Yolume I, p. 155; Arnauld, dans ses objections, 0. volume II, p. 13.