VI
Comme on le pense bien, l'ordonnance plut à l'assemblée. On convint qu'elle serait publiée dans les classes par les professeurs, et qu'on en enverrait une copie à l'internonce avec la lettre suivante * :
Très illustre et très révérend Seigneur,
Votre Excellence a requis le secours de notre Faculté pour que, comme un sage médecin, eUe remédiât au mal que font certains dogmes dangereux de Descartes. Kotre sollicitude accoutumée pour la diffusion des saines doctrines ne nous a pas permis de mettre du délai à satisfaire le désir si légitime d'un aussi haut personnage. Voici, très illustre Seigneur, une ordonnance de notre Faculté où nous enjoignons à tous les membres de notre corps en général et à chacun en particulier, spécialement aax professeurs de philosophie, de prévenir sérieusement et de prémunir par de forts arguments la jeunesse qui dépend de nous contre les fondements de ces dogmes. Nous désirerions beaucoup pouvoir défendre avec la même autorité aux sujets de l'Université qui ne sont pas de notre Faculté *, ce zèle désordonné pour ^ doctrine de Descartes. Daigne Dieu très bon et très grand longtemps faire briller Votre Grandeur au milieu des défenseurs du Siège romain.
La Faculté n'ose pas dire qu'elle empêchera les cartésiens notoires d'être promus; mais elle adapte les recommandations sévères de la première partie de son décret aux idées de Descartes. Il y a là un raffinement qui ressemble à de la mauvaise foi. On ignore quel accueil l'internonce fit à cette lettre et au document qu'elle accompagnait.
* Voir pièces jastificatives n» IV.
* Allusion (raosparente aux professeurs cartésiens de la Faculté de Médecine.