Tome XXXXI
jansénisme des Specimvia, et qa'on a voulu frapper en 1679 le cartésianisme de 1667. Il n'en est rien ; les passages modifiés dans la version sont dans l'édition romaine parfaitement identiques à ceux de l'édition bruxelloise. Rome interprétait la définition du corps, substance étendue, dans le sens bénin où l'avaient certainement comprise Philippi en 1664 et très probablement de Gabriel en 1667. Ces modifications sont conséquemment imputables à Dom Gerberon, plus scrupuleux sur ce point qu'en matière de jansénisme. Cependant les corrections de l'auteur et du traducteur et l'approbation du Maître du Sacré-Palais ne préservèrent pas la deuxième et la troisième édition d'une nouvelle condamnation en 1683. Ajoutons que de Gabriel était ami intime d'Arnauld, alors fugitif et latitant en Belgique. Celui-ci parle du religieux franciscain en termes très chaleureux dans plusieurs de ses lettres, et fit travailler activement à Rome pour empêcher sa condamnation : il était juste que cartésiens et jansénistes se vinssent mutuellement en aide.
Nous reparlerons plus loin du cartésianisme des Bogards. Gilles de Gabriel ne paraît d'ailleurs pas avoir donné d'autres preuves de son amour pour les nouvelles idées durant les dix-sept années qu'il vécut encore.