‹ Histoire du chapitre de Saint-Étienne de Bourges;Chapitre 6 sur 8 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

PRIVILÈGES DU CHAPITRE*, — JUSTICE DU CLOÎTRE ; — EXEMPTIONS ; — ACTES DE SA JUSTICE ; — RAPPORTS AVEC LES AUTRES CHAPITRES ; — REVENUS , PAROISSES SUR LESQUELLES LE CHAPITRE POSSÉDAIT DES BIENS EN 1789, ADMINISTRATION ; — TAXES EXTRAORDINAIRES; — PRODUIT DES PRÉBENDES , COMPTABILITÉ *, — ARCHIVES ; — SUP- PRESSION DU CHAPITRE EN 1790.

§ XV. Justice du cloître ; — Attribution au Parlement de Paris des causes du Chapitre.

Le Chapitre de Saint-Étienne jouissait de nombreux et importants privilèges. Nous avons parlé de l'exemption de la juridiction de l'ar-

(1) Grand cartulaire, I, fû 395.

chevêque : un droit non moins exorbitant et plus ancien encore était celui de ceindre et fortifier le tour du cloître, à la charge de le rendre à la demande du roi, d'y être exempt de toute puissance laïque, et d'y avoir le droit d'asile et de toute justice.

La juridiction civile attribuée aux Chapitres n'était qu'une conséquence de la juridiction ecclésiastique. Dans les premiers conciles de France on interdit aux clercs d'intenter aucune action devant un juge laïc ; la désobéissance à ces décrets était punie du fouet et de la réclusion. L'entrée des églises était interdite aux magistrats qui auraient fait arrêter un ecclésiastique pour toute autre cause que vol, meurtre ou maléfice. Un édit de Clotaire, rapporté par Baluze (615) , statue que les procès criminels contre les clercs seront jugés par l'évêque et le magistrat civil ; que les causes qui intéresseraient un prêtre et un laïc seront jugées de même.

Bientôt il fallut établir des tribunaux entièrement composés d'ecclésiastiques ; c'était la conséquence du droit d'asile, consacré par un édit de Clotaire (1), 595 : Nullus latronem vel quemlihet culpahilem sicut summis episcopis convenit de atrio ecclesie trahere présumât. Quod si sunt ecclesie quitus atria clausa non sint, ah utraque parte parietum terrœ spatium arpennis pro atrio ohservetur. Il fallut' établir la justice dans ces cloîtres qui, souvent, comme celui de Bourges, renfermaient plusieurs rues, et, comme celui de Saint- Martin de Tours, servaient de refuge à un grand nombre d'hommes de tous rangs et de toutes conditions : Imprimis juhendum est ut haheant ecclesie earum justitias tant in vita illorum qui habitant in ipsis ecclesiis quamque iispecuniis et suhstantiis eorum (2).

Les chapitres en vinrent bientôt à exercer cette justice sans le concours des évêques ; il en fut ainsi à Bourges. Cette situation fut régularisée en 1 il h, par Louis VU, à Bourges, devant le grand autel de la cathédrale, moyennant un anniversaire solennel pour lui et pour l'archevêque Etienne. Le roi accordait au Chapitre tout droit de justice dans son cloître : celui de se clore et de se fortifier et hi

(1) Voir sur ce sujet deux dissertations de M. de Pouilly'; — Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 39, 566 (1770), 40-19.

(2) Cap. IV de 806 ; — Baluze, 1.

droit d'asile ; il soustrayait à toute juridiction laïque ou religieuse tous les membres du Chapitre et jusqu'aux domestiques des chanoines. Le roi avait déposé sur l'autel de Saint-Étienne son anneau d'or enrichi d'un saphir ; cet anneau fut attaché à la charte par un lacs de soie avec un morceau de parchemin sur lequel était écrit : Hoc annulo investivit ecclesiam heati Stephani dominus Ludoviciis Francorum Rex, de Uhertate claustri concessa, sicut in presenti privilégia continetur. En 1562, l'anneau fut arraché par les protestants, puis racheté à un soldat, rattaché à la charte, dont il fut entin séparé à toujours en 1793, sans qu'il nous ait été possible de constater s'il a été brisé ou envoyé entier à la Convention.

Philippe, fds de Louis VII, avait aussi déposé le sien sur l'autel en confirmant le privilège dont il s'agit. Nous lisons dans le grand cartulaire de Saint-Etienne (1) : De quodam facto notahili super approhationem dicte lihertatiset immunitatis per regem Philippum notum sit presentibus et futuris quod dominus Philippus filins domini Ludovici illustrissimi Francorum régis de Uhertate claustri a pâtre suo collata et concessa sicut presenti scripto privilegii continetur ecclesiam heati Stephani annulo super altare ohlato liheraliter investivit et eam concedens ratam hahuit, actum publice Bit.

Après cette confirmation solennelle de Phihppe-Auguste vient, en 1260, celle de saint Louis et celle de janvier 1269 (à sceau de cire verte), celle de Philippe-le-Long, 8 avril 1317 ; lorsque le roi Jean fonda le duché de Berry, en 1360, pour son fils Jean, comte de Poitou, il promit au Chapitre de le garder en sa protection spéciale, de le faire ressortir de ses officiers exclusivement ; cette exception fut refusée, en 1361, à tous les exempts du nouveau duché qui ressortirent du bailliage de Saint-Pierre-le-Moutier, au siège de Sancoins, acte confirmé par Louis XI, à Tours, 27 octobre 1A62.

En 1411, le 20 juin, le duc Jean reconnut au Chapitre la possession et saisine de toute justice et juridiction temporelle, haute, moyenne et basse, et la faculté de la faire exercer par ses baiUis, prévôts et sergents dans toute l'étendue du cloître, reconnaissance renouvelée par Charles VII, le 6 mars l/i62.

(1) I, fo b9, ro, Ire col.

Louis XI, sur le point de venir à Bourges pour la première fois depuis la mort de son père, envoya, le 13 juin 1466, son maître d'hôtel, Jacquelin Trousseau, exposer au Chapitre qu'il avait bien voulu confirmer les privilèges, mais qu'en même temps il exigeait le serment de fidélité qui fut prêté par le chantre, et dont il donna acte (1). La charte de confirmation du 30 avril 1466 porte, sur le replis : « Par le Roy, Monseigneur, le duc de Bourbon, les sires de « Chastillon et de La Forets, Jacquelin Trousseau, maîtres d'hôtel « et autres présents. — Roustain. » Scellé d'un sceau de cire jaune pendant à lacs de soie verte et rouge. Le roi était alors à Artenay. Nouvelle confirmation par Charles IX, en octobre 1582.

Les principaux arrêts obtenus par le Chapitre en Parlement pour maintenir son droit de justice sont de 1398, 1615, 1654, 1662,

ATTRIBUTION AU PARLEMENT DE PARIS DES CAUSES DU CHA- PITRE:— Au milieu delà confusion des tribunaux anciens, l'attribution de juridiction avait une haute importance; aussile Chapitre n'avaitil garde de néghger ce grand intérêt. Nous l'avons vu obtenir un juge indépendant du duc de Rerry lors de la fondation du duché ; il redemande le juge le plus rapproché, dès que la province rentre dans la main du roi et retourne au bailliage de Saint-Pi erre-le-Moutier, quand Louis XI donne leBerry à son frère Charles. Après les lettres du roi Jean (1360), on trouve celles où Charles Vit (août 1452) établit le bailH du Berry ou son heutenant-général à Bourges, seul juge et gardien protecteur et défenseur des causes, droits, hbertés, franchises, justice, juridiction, rentes, revenus, cens et possessions quelconques de l'église de Bourges, et des causes dont le doyen et le Chapitre voudront prendre la garantie et défense ou auxquelles ils voudront se joindre pour leur église « au regard des choses étant « audit bailliage de Berry, avec interdiction à tous autres juges d'en « connaître. » Privilège important pour un corps qui possédait des biens très-éloignés.

Ce privilège fut renouvelé chaque fois que le duché de Berry rentra dans la main du roi, par François 1^=^, en 1515 ; par Henri II, en 1552 ; par Charles IX, en 1563 ; par Henri III ; par Henri IV.

(1) Acte capitulaire.

Le Chapitre avait encore le droit de porter ses causes comme demandeur ou défendeur devant Je parlement de Paris, droit constaté par une ancienne ordonnance qui portait : « Au roy seul et « pour le tout, partout le royaume appartient la connoissance sou- « veraineté et ressort en moyen des églises cathédrales et des églises M qui sont de fondation royale, de garde antique et d'autres qui sont « réservées et exemptées par privilèges ou en autres manières en « chiefs et en membres et aussi de leurs hostels, hommes et subjets d serviteurs, terres et possessions et des autres droicts appartenans « à eulx en quelque manière que ce soit » (copie faite en 1562, sous le scel de la prévôté de Paris) .

Nous avons encore des lettres de Louis XI relatives à ce privilège. Né à Bourges, il avait été baptisé dans la cathédrale, et le rappelait dans tous les actes relatifs à cette église.

Ce privilège fut confirmé par Charles VIIÏ, en juillet 1A86 ; par Henri II, le 16 juin 1548, à Joinville, et le 5 août 1557, à Paris ; enfin par Charles IX, en juin 1563, à Vincennes.

Aux confirmations du privilège de justice dans le cloître, il faut ajouter celle du pape Alexandre IV (l25/i-1261), celle du roi Philippe VI (H août 1344); ce dernier maintient « les privilèges qui « lui ont été présentés munis de deux anneaux d'or ; » il défend au bailli de Berry de troubler le Chapitre dans l'exercice de sa juridiction ; enfin celle du roi Jean en 1352.

Les lettres de garde gardienne données par le roi Jean, à l'érection du duché de Berry, sont renouvelées par Charles VI, le 20 octobre 1390.

§ XVI. Actes de la justice du Chapitre ; — Police du chœur et du cloître ; atteintes à ce privilège.

Comme tous les seigneurs justiciers, le Chapitre faisait administrer la justice du cloître et les différentes justices de ses seigneuries de Lury, de Beauheu, de Bengy, etc., par des baillis, prévôts, sergents, geôliers, greffiers et autres agents. Il avait, pour le cloître, ses prisons dans le Pilier, cette massive construction destinée à préserver la tour du midi d'une chute alors imminente. En 1440, une ordonnance du Chapitre prescrit aux bâtonniers d'empêcher les concubines, s'ils

les rencontrent dans le cloître, d'entrer chez leurs maîtres, et, si elles résistent, de les conduire in Pilarî (1). Ces condamnations in Pilari pour toutes sortes de méfaits sont très- fréquentes, et l'on voit plusieurs fois le Chapitre prendre des mesures pour la nourriture des prisonniers in Pilari existentes. Il résulte d'un procès-verbal des réparations exécutées en 1588, que les anciennes prisons étaient sous le portail latéral du nord appelé Sous-Grâce, avant la construction du pilier.

Le tribunal de lofficialité possédait, au XVIII^ siècle, une des maisons voisines de l'église (2), mais les séances se tenaient, au XIII^ siècle, sous la porte du côté de l'archevêché (3); plus tard, sous le grand porche, le mardi {à). Le 1 1 janvier 1527, le Chapitre arrête qu'on ne rendrait plus la justice dans l'église pendant le service divin, mais après l'élévation, à la grand'messe ; que le greffier assisterait les officiaux et tiendrait registre des jugements.

Nous citerons quelques actes parmi ceux qui nous restent de cette justice. Au XII1« siècle, Pierre Hareau, bailU de Bourges, atteste qu'il se rendit à Sury-en-Vaux, seigneurie du Chapitre, pour assister à un duel qui devait avoir lieu devant la cour du Chapitre et dans lequel figurait un bourgeois du roi, qui voulait se faire rendre justice ainsi (5) .

Quelquefois, dans de grandes circonstances, le Chapitre justiciait lui-même, ainsi que le constate l'acte capitulaire suivant de 1441 : De illo qui violavit ecclesiam in die Nativitatis; le coupable est condamné à venir nu-pieds, sans ceinture et sans capuce, depuis la grande porte jusqu'à l'endroit où eut lieu l'effusion de sang, et à aller de là jusqu'au grand autel avec une torche ardente à la main, à être conduit en prison pour un temps indéterminé, ad voluntatem dominorum, et, enfin, à payer 10 écus d'or d'amende pour acheter des ornements noirs, et les frais du procès.

En 1454,réghsefut de nouveau déclarée polluée par le Chapitre,

(1) Chapitre général du A août.

(2) Acte cap., 1518.

(3) Cartulaire de M. Vermeil, page 3.

(4) Voir Cathertnot.

(5) Cartulaire Saint-Étienne, 1, f« 91.

et Jean Vincent, dit Labbe, masson, condamné à une amende pour avoir frappé, jusqu'à effusion de sang, avec les clefs des voûtes, un clerc qui voulait pénétrer dans cette partie de l'église que ledit Labbe faisait réparer.

En 1561, le Chapitre condamne un serrurier pour fausse monnaie par lui fabriquée, et fait saisir ses biens.

En 1712, un chanoine du nom de Néraud allant à matines, à cinq heures du matin, le 6 janvier, fut assassiné par des inconnus dans la rue du Doyenné : aussitôt le procureur fiscal de la justice du cloître, autorisé par le bailU du Chapitre, fut trouver l'official, « se (( complaignant à Dieu et à notre mère sainte Eglise, contre tous « ceux et celles qui savent et ont connoissance que certains quidans « n'ayant Dieu en mémoire ny le salut de leurs âmes en recom- (( mandation ont commis cet assassinat ; » et il réquit des lettres monitoires à fin de révélation, qui lui furent accordées. Ces lettres, imprimées, affichées et pubhées, ordonnaient à tous ceux qui connaissaient quelque chose de relatif à l'assassinat du chanoine Néraud de le révéler dans les six jours de la publication, sous peine d'excommunication ; elles étaient lues chaque jour après l'offertoire de la messe canoniale.

Dans un Chapitre aussi nombreux, dont beaucoup de membres même ne recevaient pas les ordres, la vigilance des chefs avait peine à maintenir un ordre parfait, surtout pendant les XV« et XVP siècles. En lZi72, le doyen dépose une plainte contre les chanoines tant des habits laïcs, jouant aux cartes, etc.; le 8 février 1516, quatre chanoines ou vicaires sont condamnés à tenir prison un jour à pain et à eau « pour avoir joué devant le cardinal une farce avec « plusieurs paroles déshonnêtes, et ne convenant pas à des personnes (( ecclésiastiques. » En 1531, défense de se masquer; en 1602, défense d'assister aux représentations des bateleurs et comédiens.

Quant aux chanoines qui n'accomphssaient par leur temps de résidence, ils étaient exclus, et leurs prébendes déclarées vacantes par désertion.

On a vu que les nombreux vicaires attachés à la cathédrale formaient une communauté quelquefois hostile à celle des chanoines. En 1485 (le 5 des kalendes de juin), ils obtinrent du pape Inno-

cent Vlir, une bulle qui instituait l'abbé de Saint-Sulpice de Bourges, le prieur de Saint-Austrégesile du château et l'official de l'archevêché juges des appellations qu'ils interjetteraient des règlements faits par le Chapitre, ou sentences rendues contre lesdits vicaires, soit conjointement, soit divisément.

Un arrêt du U mars 1690 interdit au Chapitre de nommer des juges officiaux particuliers pour chaque affaire, et lui enjoignit d'en nommer un qui fût permanent, à peine de privation de sa juridiction.

POLICE DU CHŒUR ET DU CLOÎTRE. — La pohce de l'église et du cloître exigeait aussi des prescriptions spéciales.

En 1312, le Chapitre, pour imiter Jésus-Christ chassant les marchands du temple, interdit de vendre et d'acheter dans l'église. Il est défendu, dans un Chapitre général du 12 janvier 1516, d'y faire le commerce des chandelles ; en 1502, des poursuites avaient été ordonnées contre les marchands qui se tenaient ïn parquetis et in valvis ecclesiœ, en vertu des défenses de J312 et de U80. Mais le même désordre se reproduisit en 1542 ; on arrête « que le prévôt du « cloître chassera du portique les merciers et libraires qui y vendent « tous les jours, à cause des tumultes et insolences qu'ils y com- (( mettent, » et les récalcitrants sont menacés de prison et d'amendes arbitraires. En 1 560, deux serviteurs de la cathédrale reçoivent l'ordre de chasser les marchands qui vendent sous le portail et les mendiants valides qui se battent et errent dans le cloître, au déshonneur de r église. -

Les mendiants, en effet, envahissaient le cloître, et le Chapitre pouvait à peine maintenir l'ordre dans ce ramassis de gueux, qui étabhssaient là une sorte de cour des miracles. Le lundi 23 juillet 1 509, le prévôt reçoit l'ordre de les expulser du cloître, à cause de la peste. Un article du concile de Bourges, tenu en 1584, ordonnait de proscrire la mendicité des églises (1). L'importunité des mendiants qui troublaient sans cesse les assistants aux offices et aux sermons, les

(1) Curabunt custodes ecclesiarum ne mendiciper ecclesiam vagentur, aut chorum introeant petendœ eleemosinœ prœtextu, divini offlcii vel concionis tempore, sed in foribus ecclesiarum eleemosinas expcclent. (Jurisprudence canonique de Lacombe.)

plaintes réitérées des habitants, les vols nombreux commis sur les autels mêmes, forcèrent le bailli général, juge des seigneuries du Chapitre, à prendre une nouvelle ordonnance en 1631, pour les expulser de l'église, et prier les habitants de leur refuser toute aumône dans la cathédrale.

Les écoliers de l'Université étaient une autre race non moins turbulente; en 1A29, l'archevêque avait été prié d'interdire aux chanoines des autres collégiales de venir vagabonder dans l'église pendant les offices; en 1453, il fut arrêté que les écoles attachées à la cathédrale ne se tiendraient plus dans le cloître ; un acte capitulaire de 1527 défendit aux chanoines de louer les maisons du cloître aux écoUers et aux mineurs.

En 1438, il est défendu à tout chanoine ou vicaire déjouer ad billias ou autre jeu dans le cloître, pendant la célébration des heures dans l'éghse, sous peine de perdre les distributions du jour. En 1 554, Guihaume Petit, trompette, reçoit 12 sous pour avoir proclamé la prohibition déjouer, faire scandale ou autres actes illicites au-devant du grand portail de l'église cathédrale et autres heux du cloître. Nous avons encore une ordonnance du baiUi contre les enfants, laquais et jeunes gens de la ville qui jettent des pierres dans le cloître et cassent les vitraux de l'église, tirent avec des armes à feu sur les pigeons qui font leur nid autour de l'édifice, etc. Il prononce la peine de 100 livres d'amende contre ceux qui se rendront coupables de ces délits ou contre les personnes civilement responsables (4 juillet 1 738). Cette ordonnance fut appliquée plusieurs fois, entre autres en 1 744 , contre plusieurs écoliers qui avaient lancé des pierres contre les sculptures du portail.

Souvent le Chapitre avait interdit à ses membres de louer les maisons canoniales à des laïcs (1527, — 13 janvier 1597). Plus tard cette prohibition émana de l'autorité royale, pour diminuer les inconvénients de ces justices particuhères (I).

ATTEINTES AU PRIVILÈGE DE JUSTICE DU CLOÎTRE. — Un privilège

aussi exorbitant devait être souvent attaqué, et le fut en effet par les

(1) Recueil d'édits en matières bénéficales, m-i°, p. 147; — arrêt du parlement, 19 janvier 1624.

gens de la justice du roi, par les seigneurs de la province et par les archevêques qui avaient un droit pareil dans la maison archiépiscopale, et dont la justice était nécessairement en conflit avec celle du Chapitre. Aussi les chanoines avaient-ils imposé un droit d'un écu d'or sur chacun de ceux qu'ils admettaient ad pannos ecclesie et ad hahitum, pour faire un fonds destiné aux frais de la défense de leurs privilèges (1).

On retrouve dans les cartulaires et les registres capitulaires de nombreuses preuves du soin avec lequel le Chapitre faisait respecter son privilège envers et contre tous, y compris le roi. L'acte suivant et tous ceux que nous allons citer en font foi :

Galterius, Dei gracia Senonensis archiepiscopus omnibus présentes lilteras inspecturis notum facimus quod cum dominus rex Francie et vir venerabilis WiUelmus archidiaconus Borboniensis in nos compromisissent super quadam emenda manuali quam idem archidiaconus domino régi fecerat pro lïberacione cujusdam clerici qui ducebatur ad suspendendum, nos eumdem archidiacomim absolvimus ab omni presîacione entende pr édicté quod nihil de ea prestare teneatur. In ciijus rei testimonium présentes literas sigillo nostro fecïmus roborari. Actum Parisîis anno domini M. CC. XXX. sexto, in festo béate Marie Magdalene (2 ),

En 1231, Aremburge, épouse de Durand, bedeau, paie une amende pour avoir prélevé une certaine coutume appelée loide, sur une voiture de pain qui était vendue dans l'intérieur du cloître (8),

En 1232, Pierre de Rochette, châtelain de Bourges, fait amende honorable devant la porte du côté de l'archevêché pour avoir enlevé deux peintres dans le cloître. La même année, Guy de Lignières donne deux marcs d'argent pour faire une coupe pour poser corpus domini sur le grand autel, en expiation d'une saisie qu'il a opérée dans le cloître.

En 1238, André de Chauvigny, seigneur de Levroux, et sa suite, avaient saisi dans le cloître André du Château; l'archevêque saint

(1) A-Cte capitulaire de 1468.

(2) Gartulaire de M. Vermeil.

(3) Gartulaire Saint-Étienne, I, 60, vf>.

Philippe fut fait arbitre du débat, suite de cette violation du cloître ; il condamna André de Chauvigny à donner au Chapitre 60 sols de rente convenablement assis sur ses domaines, et en outre aux frais d'une procession solennelle à la fête de l'Invention de Saint-É tienne, et André fit le serment qu'il n'avait agi par mépris ni de l'église de Bourges, ni du doyen, ni du Chapitre, ni d'aucun de ses membres en particulier, et qu'il ignorait les privilèges et immunités du cloître (1). La charte est datée du samedi après la Nativité N.-D.,

En 1280, Eudes Sarrazin, prévôt de Bourges, ayant fait saisir la mesure d'un vicaire qui vendait du vin dans le cloître, est obligé de la rendre et de payer une amende. Déjà un autre prévôt, Guerry- Garreau, avait été, en 12/i2, condamné à une triple excommunication pour avoir enlevé et emprisonné Jaquelin Boucher, homme du Chapitre. Le Chapitre ne consentit à l'absoudre en présence de Philippe de Grandchamps, bailli de Berry, qu'après qu'il eut relâché Jaquelin, payé une amende et déposé sur l'autel un livre couvert en argent.

En 1285, des arbitres sont saisis d'un procès survenu parce que Simon, archevêque, avait fait arrêter, pour un crime, Pierre de Chaillac, attaché au chœur de Saint-Étienne, mais aussi notaire de l'archevêché.

En 1286, des voleurs, arrêtés dans le cloître par ordre du prévôt, se prétendirent bourgeois du roi^ et furent comme tels enlevés par le prévôt de Bourges et renfermés dans les prisons de la ville, où ils moururent. Quand le droit du Chapitre fut plus tard reconnu, une réparation devint nécessaire ; le lieutenant du prévôt livra à une des portes du cloître deux sacs de foin, effigies des deux voleurs, à la pendaison desquelles on procéda avec toutes les formes ordinaires. Ce bizarre procès n'est pas le seul fait de ce genre que l'on puisse citer ; dans une circonstance analogue, en 1300, le parlement

(1) La charte originale, revêtue du sceau de saint Philippe existe encore (archives du Cher, fonds Saint-Étienne, liasse Justice du Cloîlre). Elle est aussi transcrite dans le cartulaire de M. Vermeil et dans le grand cartulaire des archives.

condamne les gens du roi à rendre quamdam figtiram personam ma-lefadoris represerUantem (1).

On a vu long-temps dans la cathédrale de Meaux une pièce de bois appendue à une des portes ; c'était la représentation d'un malfaiteur, Guillot Maugarni, arrêté dans le cloître par ordre de Gacé, bailli de Meaux en 1372, et pendu en \ 379 ; Gacé fut condamné par le parlement à payer au Chapitre 500 livres d'amende, à mener en charrette, au marché, une bûche représentant Maugarni, à la faire pendre et dépendre, puis reconduire dans le cloître, où il demanderait pardon au Chapitre. Charles V supprima une partie de ce cérémonial humihant, et Gacé porta la bûche à l'endroit où il avait fait arrêter le malfaiteur.

Au XIV® siècle, ces contestations sont encore nombreuses; et , d'abord, c'est le Chapitre qui veut empiéter sur la justice de l'archevêque restreinte à sa maison et aux gens qui l'habitent. Un arrêt du parlement, du mardi avant l'Ascension, 131/-1, maintint l'archevêque dans son droit : il s'agissait d'un assassinat commis dans la maison du prélat Egidius Columna par trois écuyers du temple.

Hugues Todre , bourgeois de Bourges, ancien prévôt de cette ville, avait battu un clerc de Saint-Etienne dans l'église. « Il fit « amende honorable le 26 décembre 1332, à trois heures, teste nue (( et sans coiffe ou calotte, habillé d'une tunique appelée cotte (( hardie, de camelot, ceinte par dessus, ayant pris une torche de (( cire ardente devant le portail, laquelle il porta du dit heu avec la « procession de tous les chanoines, vicaires et bacheliers de la dite « esglise allant devant l'enfant de chœur qui portait la croix en la (( dite procession, à l'entour de la dite esglise, laquelle torche en « signe d'amende il présenta au grand autel de l'église en la met- « tant en la main du doyen de la dite esglise, disant a haulte voix (( les paroles qui s'ensuyvent : Je Hugouin Todre , citoyen de « Bourges, prevost du dit Bourges, ay faict la procession en la « forme sus dite a cause du temps que j'estois prevost du dit « Bourges (huit ans estoient ou environ) je mis témérairement mes « mains violentes en l'esglise de Bourges sur Pierre Poillebize clerc.

(1) Olim, I, m.

<r et en fais amende par la dite torche, laquelle torche ainsy receue « par le doyen tant pour lui que pour les dits chapitre et esglise « M« Jean Jure vicaire de la dite esglise comme procureur des dits (( vénérables de la dite esghse, protesta de l'amende pécuniaire et (( des dépens faicts en la poursuite du procès de la part des dits vé- « nérables (le dit instrument receu par Jean Culoti, de La Cliarité- <.( sur-Loire, clerc du diocèse d'Auxerre, notaire aposohque et im- (( périal, le 27® du pontificat de Jean XXII) . »

La charte de Louis VII autorisait le Chapitre à fermer et fortifier le cloître, droit important au milieu des désordres du moyen-âge, et qu'il était du plus haut intérêt de défendre contre toute usurpation. Aussi, en 1333, Jean de Monteur, clerc, ayant percé le mur d'enceinte pour faire une porte de communication à la maison, le Chapitre se plaignit directement au roi Philippe VI, qui, par une charte du 19 décembre, donna commission à son bailli du Berry d'arrêter cette entreprise.

En 13^0, l'archevêque Foucault est obligé de désavouer son officiai agissant contre des gens du chœur de Saint-Etienne. — Par lettres-patentes données à Bourges le 27 décembre 1367, Jean, duc de Berry, met au néant tous les exploits faits par ses sergents et officiers au cloître de l'égHse contre ses privilèges, franchises et libertés. En 1395, Phihppeau de Lagrange, prévôt de Bourges , accompagné de plusieurs sergents du duc, fit passer par le cloître des criminels tout nus, et conduits par l'exécuteur de la justice criminelle, précédés d'une trompette ; le Chapitre obtint du duc la punition du prévôt.

Le 15 février 1399, Pierre, archevêque, reconnaît qu'il a eu tort de faire faire inventaire des biens de Jean Lulat , clerc, décédé dans une maison canoniale , et annule l'inventaire ; en outre, il consent à partager avec le Chapitre les biens dudit clerc, mort intestat. Mais le même archevêque obtint du pape Benoît XIII (139A-1A09) une bulle qui le maintenait dans le droit d'avoir dans le cloître des échelles auxquelles on attachait les malfaiteurs condamnés par son prévôt, de mener et conduire prisonniers à travers le cloître ceux qu'ils voulaient détenir, de faire saisir dans le cloître et dans les maisons canoniales, hors l'éghse , les hom-

mes soumis à sa juridiction. L'archevêque Jean Cœur succomba en parlement, à la suite d'une tentative de violation de la franchise que ses hommes trouvaient dans l'église : deux d'entre eux s'y étant, réfugiés pour éviter une punition , les gens de l'archevêché entrèrent en armes dans la cathédrale, vers une heure, chassèrent tout le monde, fermèrent les portes et arrêtèrent les fugitifs. Jean Cœur fut condamné à faire réparation au Chapitre et à rendre ses prisonniers ; le Chapitre avait déclaré l'église polluée et violée, et suspendu la célébration de l'office divin ; il fallut des lettres du roi en son grand conseil pour le forcer de cesser celte suspension , sous peine de la saisie de son temporel et d'arrestation des meneurs. C'est encore sur les contestations relatives à la justice et autres droits qu'intervint, entre les chanoines et le même prélat, une transaction solennelle du 3 novembre 1452 qui régla, en vingt et un articles, les prétentions que chacune des parties pourrait faire valoir. — Transaction homologuée le 26 août 1A56, par Alain, cardinal de Sainte-Praxède, légat en France.

En l/i53, Nicolas V nomma l'abbé de Saint-Benoît, diocèse d'Orléans, le prieur de La Charité-sur-Loire et le chancelier du Chapitre d'Orléans, conservateurs pour vingt années des privilèges et exemptions du Chapitre de Saint-Etienne (1). Cette bulle fut confirmée, pour valoir à perpétuité, par Sixte IV, le 17 des kalendes d'avril 1472 ; par Léon X en 1514 , et par Adrien VI le 7 des kalendes d'août 1523.

Non-seulement le Chapitre revendiquait la franchise ou droit d'asile pour l'église , mais aussi pour tout le cloître : le 20 juin 1411 , le duc Jean avait accueilli les procédures faites par son sénéchal contre Jean Eménion, écuyer, qui était momentanément logé chez Jean de Chery , chanoine, dans le cloître. En 1457, un voleur, surpris en flagrant délit et poursuivi par trois sergents, se réfugia dans le cloître, où ceux-ci le saisirent; ils furent obhgés de se rendre devant un notaire qui, sous le scel de la prévôté de Bourges, déclara qu'ils se soumettaient au bon vouloir des chanoines.

En 1460, le pilori, signe de la justice, planté devant le portail de

(1) Bulle du 7 des kalendes d'août 1433.

la cathédrale, fut renversé : il ne nous reste que le titre de la décision qui fut prise en réunion capitulaire contre les auteurs supposés de cet attentat(l). En l/i83, l'official de l'archevêché est condamné pour avoir empiété sur la justice du cloître.

Lorsqu'en 1533, la duchesse Marguerite convoqua les Grands- Jours à Bourges, le Chapitre écrivit à la duchesse-reine qu'il préférait devoir rendre la justice à la manière ordinaire.

Lorsque les partisans de Calvin furent poursuivis à Bourges, plusieurs furent condamnés à faire amende honorable devant la cathédrale. Le Chapitre y consentit, mais en même temps il prit ses précautions pour ne pas laisser établir des précédents fâcheux contraires à son privilège. En 1539, l'archevêque fut obligé de donner l'acte suivant :

(( Nous Jacques archevêque patriarche de Bourges primat d'Aqui- (( taine à tous ceux que ces présentes lettres verront salut savoir « faisons-que combien que l'acte de dégradation de frère Jehan Mi- <.( chel religieux bénédictin convaincu et déclaré hérétique soit déli-

béré et déterminé estre faict et exécuté devant la grant porte de (( l'église de Bourges , toutefois, nous certifions que n'entendons ni c( ne voulons prétendre aucune juridiction au cloistre d'icelle « église ni contre les libertés et franchises d'icelles, par quoy nous (.( requérons nos frères, doyen chanoines et chapitre delà dite église « qu'ils permettent l'exécution de la dite dégradation estre faite dev( vant la dite porte de la dite église , et en témoin de vérité de ce « avons fait sceller ces présentes du sceau de nos armes et signer (( du seing de notre secrétaire. Fait en nostre chastel de Turly ce (( 21^ jour d'octobre 1539. » (Sceau en cire rougependant àdouble queue de parchemin.)

Cet acte est accompagné d'un autre de Jean de Morvilliers, lieutenant de M. le bailH de Berry, du 23 octobre 1539, par lequel il déclare que, par délivrance qui lui sera faite dudit Jean Michel, après sa dégradation, comme juge sécuHer, auquel appartient la connaissance du crime d'hérésie , il n'entend aucunement entreprendre sur la justice du Chapitre, etc.

(1) Cart. Saint-Étienne, 135.

Le 4 décembre 1556, le Chapitre permit, à la réquisition de l'archevêque de Bourges , que Pierre Mercier , clerc , organiste de Saint-Ursin, condamné pour hérésie, fît amende honorable en ladite église.

Les réformés étaient enfermés dans les prisons du Chapitre et dans celles de la ville; en 1559, elles furent ouvertes violemment et les détenus déhvrés (1); en 1562, les huguenots, maîtres de la ville, le furent bientôt du cloître, dont ils délibérèrent de détruire « les portes, portaux et murailles , » ce qu'ils n'eurent pas le temps d'exécuter.

Après ces événements, la justice du cloître reprit son cours ordinaire ; mais l'extension du pouvoir royal diminuait chaque jour son importance, au point de l'annuler presque complètement.

§ XVII. Autres privilèges du Chapitre; — Rapports avec les autres Chapitres.

Aux VIP etVIII^ siècles, la Curie de Bourges se composait des clercs principaux de Saint- Etienne et des hommes magni fiques de la cité (2) . Plus tard, les clercs furent exclus de l'administration de la ville , et sous le règne de saint Louis ils voulurent vainement s'y faire admettre. Toutefois, on retrouve le Chapitre représenté aux conseils extraordinaires delà ville dans toutes les grandes circonstances.

Ce n'était pas un des moindres privilèges des chanoines et autres clercs de l'église de Bourges que l'exemption de résider en leurs autres bénéfices, et d'en pouvoir toucher les revenus en assistant aux offices de ladite éghse , à la charge seulement de justifier, par certificat, de leur présence à Bourges, et de commettre en leur lieu et place, à leurs autres bénéfices ou cures, des personnes suffisantes, approuvées par le diocésain. Ce privilège, confirmé par des

fl) Commission signée parla Chambre, Camus, accordée au Chapitre, le 9 septembre 1559, pour informer contre ceux qui avaient rompu les portes des prisons de la ville et celles de ladite église, et fait sortir les hérétiques qui avaient été constitués prisonniers pour cause de leurs assemblées illicites.

(2) Histoire du Bèrry, II ,170.

— Ik —

bulles de Nicolas V et d'Innocent VIII, en lZi93, le fut aussi par lettres-patentes de Charles IX, en 1561 (1).

Les suffragants de l'archevêque devaient venir se faire sacrer à Sain t-É tienne ; en 1287, à cause des troubles^de Clermont, lors de l'élection d'Adhémar , l'élu fut sacré à Chantelle. Le Chapitre fit réserver son droit par des actes du nouvel évêque, qui promet obéissance et fidélité au Chapitre et à l'archevêque.

Il en est de même dans les formules d'hommage des évêques d'Alby, de Cahors, de Rodez, de Limoges. A la suite, on lit : Est sciendum quod quilihet dictonim episcoponm ohtiilit super majiis altare post juramentum factura duos pannos sericos (2) .

On voit, en 1529, le Chapitre autoriser la fondation d'une éghse, par le duc d'Albane, dans le diocèse de Clermont.

Le droit de réconcilier l'église cathédrale, lorsqu'elle avait été souillée, lui fut donné par huile deCalixte III (1A55).

Par une bulle des kalendes de septembre 1A68, Paul II autorisa les chanoines à prendre des confesseurs séculiers ou réguhers, à leur choix, avec pouvoir de les absoudre une fois des cas réservés au Saint-Siège. Le Chapitre avait le droit d'administrer les sacrements et de donner la sépulture à tous ses membres et à ses officiers , clercs ou laïcs; toutefois, le curé de Saint-Pierre-le-Puellier prétendait avoir le droit de linceul sur les chanoines morts dans sa pa roisse, et le droit de lit ou de noblesse lorsqu'ils étaient gentilshommes , c'est-à-dire, de prendre ou les draps ou le lit dans lequel ils mouraient. Le Chapitre résista à cette prétention et il s'ensuivit un long procès.

Le droit d'amortissement et de nouvel acquêt était dû au seigneur féodal pour les gens de main-morte qui acquéraient dans l'étendue de la seigneurie. Lorsque Philippe-le-Bel, ce monarque avide et imprévoyant, pour qui tout moyen de faire de l'or était bon, préparait son armée pour la guerre de Flandres , il accorda au Chapitre de Bourges l'amortissement général de tous ses fiefs, arrière-fiefs et

(1) Archives du Cher, original.

(2) Serment de l'évêque d'Alby. Cartulaire de l'archevêché de Bourges, fol81,ro.

censives, moyennant un subside, par une charte confirmée et ap~ prouvée par Louis X, au mois de décembre 1315 (1).

Les chanoines avaient été exemptés du logement militaire par Charles VII, au moment du siège d'Orléans (2); Louis Xlleur accorda le même privilège, le 30 avril I/166, et y ajouta l'exemption de loger ses propres gens, officiers, serviteurs, commensaux, familiers et autres personnes de quelqu'état et condition qu'elles fussent. Ces lettres furent renouvelées, le 8 mars lZi83, par Charles VIII.

Pendant les guerres de rehgion, elles furent peu respectées, et les hommes des compagnies d'ordonnance du roi, marchant à sa suite, envahirent les maisons du cloître ; les chanoines furent cotisés et imposés pour les munitions de guerre, étapes et contributions de la gendarmerie ; ils réclamèrent du roi la protection qu'il avait accordée aux diocèses de Paris et de Mâcon , et obtinrent de lui une nouvelle exemption de tous ces impôts , par lettres-patentes- du 18 avril 1564, renouvelées en 1568, malgré les prétentions contraires de la ville. Le Chapitre reçut la même faveur du prince de Condé, gouverneur de la province, qui, en 1638, « déclare mettre « le cloître sous la sauvegarde du roi, et la sienne spéciale, vou- « lant qu'à cet effet il y soit mis et apposé ses armes et panon- « ceaux. »

Toutefois, le Chapitre ne pouvait pas se soustraire complètement aux charges de la défense de la ville , et il fut condamné par les Grands- Jours de Moulins, le 7 octobre, «à concourir aux frais de ré- (( paration des murailles, portes, ponts, pavage, Hôtel-Dieu, police « des pestes et entretien des professeurs de l'Université. »

Henri II l'avait exempté de contribuer à la fourniture du salpêtre; il avait été affranchi de la juridiction des trésoriers de France pour le cloître, par différents édits de 1508, 1607, etc., le dernier de 17à6.

Dans les cérémonies publiques, le Chapitre précédait les corps de 'ustice.

CONFRATERNITÉ ET RAPPORTS AVEC D' AUTRES CHAPITRES. — La

(1) L'original est aux archives du Cher. (Amortissement, 1504, 10 juin,)

(2) Lettres du 20 septembre 1428, à ehinon.

coutume des Chapitres de se réunir par les liens de la confraternité a été pratiquée par celui de Saint-Étienne. Il existe encore, aux archives , des actes de son union avec les Chapitres de la Sainte-Chapelle du Palais, d'Orléans, de Clermont, d'Alby, de Sens.

L'acte de confraternité avec le Chapitre d'Orléans est du l^^" mai 1313 ; c'est le plus ancien qui soit parvenu jusqu'à nous.

Celui qui fixe les règles de l'union entre les deux Chapitres de Saint-Etienne et de Saint-Sauveur du palais de Bourges, est signé par le duc Jean, fondateur de ce dernier. Le cérémonial y est minutieusement réglé.

En 1583, le Chapitre de Bourges accorda aux chanoines des églises sufifragantes, lorsqu'ils seraient à Bourges, d'assister au service divin, de prendre séance et siège au chœur de Saint-Étienne avec l'habit de chanoine, au rang et siège des autres chanoines de ladite église. Ces mêmes privilèges furent accordés au Chapitre de Saint- Étienne par ceux de Limoges, Clermont, Alby, etc.

L'acte de confraternité avec le Chapitre de l'église métropohtaine de Sens fait mention que c'est le prince de Condé qui l'a fait contracter (dès 1623) (1).

L'acte conclu avec le Chapitre d'Orléans commence ainsi : « Le (( Chapitre, considérant que la tunique du Seigneur restée entière à (( son supplice est un modèle de l'unité que doivent conserver les « enfants de l'Église, sous peine de ne pouvoir entrer dans les portes « du ciel, et qu'il faut à cet exemple conserver l'unité.... » S'il s'élève quelque difficulté, y est-il ajouté, elle sera tranchée par des arbitres ; les deux chapitres se promettent des secours temporels et spirituels. En vertu de ce dernier article on disait un office pour les membres défunts des deux corps contractants (2).

SUPRÉMATIE SUR QUELQUES CHAPITRES ET ABBAYES. — De nombreux actes prouvent que le Chapitre exerçait une sorte de patro-

(1) Toutes ces pièces sont aux archives, en parchemin. L'acte du Chapitre (le Sens est remarquable par la forme donnée aux quatre lacs de soie blanche et orange qui supportent les sceaux; ils sont cousus de manière à former une croix mi-parlie blanche et orange.

(2) Grand cartulaire Saint-Étienne, 2e vol., fo 127»

nage envers les collégiales de Bourges et du diocèse ; quelques abbayes même étaient soumises à sa suprématie.

Lorsqu'en 1187, Urbain IIÏ porta à quarante le nombre des prébendes, il en réserva une pour l'église de Saint-Ursin, dont un chanoine devait faire la semaine à Saint-Étienne, prenant part aux distributions manuelles. Ce règlement, confirmé par le pape Clément III, fut adopté en 1189 (1).

En 1A98, un acte capitulaire défendit aux membres des autres collégiales, excepté à ceux de Saint-Ursin, de porter le camail gris dans Saint-Étienne.

En 1588, le cardinal de Tournon voulut diviser en deux demiprébendes une prébende de l'église séculière et collégiale de Montermoyen ; il se proposait de les affecter aux émoluments de deux prêtres-musiciens pour donner plus d'éclat au service divin. Les doyen et chanoines de Montermoyen supplièrent le Chapitre de Saint-Étienne de donner son consentement à cet arrangement. Il leur fut donné par acte capitulaire du h janvier 1528.

L'abbaye de Saint-Satur, fondée à une époque reculée sur les bords de la Loire, était éloignée de 11 lieues de Bourges. L'abbé et les moines étaient obligés de venir chaque année en procession à la "cathédrale, le jour de la fête de l'Invention de Saint-Étienne; ils furent affranchis de cette servitude par une transaction de 1138.

Jusqu'à la suppression de l'abbaye par le cardinal de Larochefou cault, un moine de Saint-Satur, en habit de religieux, se rendait chaque année à Bourges, le 2 août. Il devait se trouver à la sacristie au commencement du premier psaume, pour être conduit par un bâtonnier au grand autel, sur lequel il déposait deux livres d'encens et 20 sols ; après avoir fait sa prière à genoux, il était conduit à un des hauts sièges du chœur, à gauche, pour entendre vêpres.

A une époque que je n'ai pu déterminer, les moines de Saint- Satur avaient acquis le droit à une prébende du Chapitre de Saint- Étienne, et l'obhgation d'y célébrer l'office divin. Cette coutume fut

(1) Charte de l'archevêque Henri de Sully, 1189; — Affaires diverses, 2e liasse, n» 1.

abolie d'un commun accord en 1145. Saint-Satur conserva une partie des revenus de la prébende et, pour ceux de ses religieux qui iraient à Bourges, le droit à l'entrée du chœur et celui de célébrer la messe au grand autel de Saint-Étienne.

A la mort de l'abbé, ou lorsqu'il résignait ses fonctions, la communauté députait le prieur et quelques chanoines vers le Chapitre pour lui en faire part et lui demander l'autorisation d'éhre un nouvel abbé.

Il en était de même pour les abbayes de Saint-Gildas (Indre) et Châtillon-sur-Indre. Je dois ajouter que je n'ai trouvé de ces actes qu'au XIII« siècle, de 1236 à 1267 (1).

En 1120, le Chapitre de l'église des Aix-d'Angillon , dédiée à saint Ythier, avait contracté fraternité avec le Chapitre de Saint-Étienne, en lui soumettant le gouvernement de son église et de ses biens, divisés alors en six prébendes, portées à douze, en 1195. Le doyen des Aix, à son installation, prêtait serment au Chapitre de Bourges et s'engageait à ne pas souffrir que son Chapitre aliénât rien de ses biens pour que le tiers, qui en était dévolu à Saint-Etienne, par l'acte de 1120, ne lût pas diminué ; en 1213, les chanoines de Bourges donnèrent un règlement à ceux de Saint-Ythier (2).

Dans ce cartulaire se trouve un acte curieux relatif à l'examen d'un de ces chanoines, en 12/42.

Nota quod anno Domini M° CC. XL° secundo die lune post reminiscere cum dominus Petrus de Claustro prior de Aiis et Peregrinus canonicus ejusdem ecclesie présentassent Bituris, capitulo Bituricensi in eorum capitulo , nomine prions et capituli de Aiis Petrum nepotem magistri sancti archidiaconi de Sancerro ad vacantem prehendam de Aiis que fuit.... sicut moris est, tandem dictus Petrus antequam reciperetur fuit, examinatus in capitulo et quesivit ah eo magister St. de Silviniaco prior de Sancergio nomine decani et capituli Bituricensis , quid est nomen ? — Idem Petrus de novo venerat Parisiis et erat artista et respondit nomen est vox significativa ad placitum sine tempore et cœtera , secundum quod deffinitur secundum logicos. Quo

(1) Grand cartulaire de Saint-Étienne, I. f» 366.

(2) Cart. de M. Vermeil, page 489.

examinato receptus fuit à capitulo et investitus per magistrum Guidonem, archid. Bitur. cum libro evangeliiet posteà fecit juramentum quod tenentur facere canonici de Aiis.

Nous avons vu le Chapitre de Saint-Etienne assurer la conservalion du couvent de Dèvres et sa translation à Vierzon, en 903. Les moines ne procédaient à l'élection de leur abbé qu'avec l'autorisation de leurs protecteurs, devenus leurs patrons , et l'élu était présenté au doyen, et par celui-ci, à l'archevêque (1). Les plus grands honneurs étaient rendus au doyen lorsqu'il se rendait à l'abbaye.

Le Chapitre de Pleinpied, près Bourges, reconnaissait les chanoines de Saint-Étienne pour ses bienfaiteurs. « Nous reconnais- « sons, vénérables frères, disait à ceux-ci Geoffroy, second prieur (( de Pleinpied en H 00, que notre éghse tient ses commencements « de votre église même (2) . »

Dès qu'un Chapitre avait un procès relatif à ses droits, privilèges, préséances, etc. , il se hâtait d'en écrire aux autres pour s'informer de leurs usages, et en recevait des certificats , des arrêts, des titres, etc., qu'il faisait valoir. Il existe aux archives de Saint-Etienne un grand nombre de ces correspondances que j'ai fait connaître dans les Annales archéologiques, comme pouvant être utiles aux historiens des autres églises.

A Bourges , l'abbé de Saint-Sulpice , pour les Te Detm , etc. , entrait dans le chœur, saluait, le saint Sacrement et se retirait de suite dans les collatérales. Le cardinal de Gesvres réprima une tentative de l'abbé qui était sorti crossé et mitré dans le bourg de Saint- Sulpice même.

En 1716, une querelle animée s'éleva entre le Chapitre de Bourges et N.-D. de Salle, pour le droit d'entrée dans le chœur ; il voulait interdire à cette collégiale de pénétrer dans le chœur aux grandes processions ; sa prétention s'appuyait sur des certificats encore conservés d'un grand nombre de chapitres cathédraux.

La même année, il porta plainte à l'archevêque de ce que les col -

(1) Actes de 1236, 1240, 1267, grand cartulaire de Saint-Étienne, I, P 367.

(2) Cart. de M. Vermeil,

légiales et curés n'étaient pas revenus en l'église avec la procession générale qui se fit aux Jacobins, le 10 mai, à l'occasion de la canonisation du pape Pie V.

En 1720, le cardinal de Gesvres décida que, pour les processions générales, les collégiales se rendraient à la cathédrale et y entreraient la croix levée; qu'elles s'arrêteraient dans la nef; que dans les églises stationnaires, elles pénétreraient jusque dans le chœur, croix levée.

Le Chapitre se soumit à ce règlement , de l'avis de son conseil , M. Nouet, avocat au parlement, ainsi conçu (1) : c( L'appel pource rait engager la question de l'exemption, et comme il n'y a point « d'exemple qu'aucun Chapitre exempt ait réussi depuis plus de cin- « quant e ans, n'y ayant pas de titres valables pour ces sortes d'exemp- « tiens, qui ne tendent qu'à établir des communautés sans supé- (( rieur, parce que le pape ne les visite certainement pas par lui ni c( par commissaires; c'est pourquoi les Chapitres bien conseillés « ménagent la continuation de leur possession sans heurter l'é- « vêque. »

§ XVIII. Revenus du Chapitre; — Paroisses dans lesquelles il possédait des biens en 1789; — Administration.

Revenus du chapitre au moyen-age. — Nous avons un état des

revenus du Chapitre, en argent, dans les dernières années du XIIP siècle ; ils consistaient en :

Location des places et stalles aux boucheries.

— à la Saint-Ursin d'hiver, sur la prévôté

(1) Délibéré à Paris, le 8 juin 1720.

Revenus extraordinaires ^lO 19 y>

Accense de maisons canoniales, vignes, etc. . , 217 11 3

Recettes sur les paroisses 7Zi Î5 5

Autres recettes pour divers 72 U 7

Arriéré 11 19 7

Produit de la seigneurie de Bengy 358 »14

Cens de Bengy, Crosses, Vornay 15 10 10

Autre recette de Bengy 37 14 2

Total de la recette en argent i,i6T 13^ 7^

A quoi il faut ajouter la recette en blés, avoines et autres produits dont il nous est impossible de donner la valeur , même approximativement.

Serfs du chapitre. — A cette époque, et pendant plusieurs siècles, le Chapitre, comme seigneur féodal, eut des serfs et des colons. Des cartulaires, les registres des actes capitulaires , un grand nombre de liasses renferment des titres relatifs aux rapports des serfs avec leurs maîtres. Un des plus remarquables de ces titres est la charte par laquelle le Chapitre fait remise delà mortaille ou mainmorte à ses hommes de Bourges , sous le décanat d'Archambault (i22Zi). Comme il fait réserve de ses droits sur ceux de ses hommes qui viendraient d'ailleurs résider à Bourges, il donne la liste de ceux qu'il exempte; elle contient soixante-quinze noms, dont ceux de Giraud de Cornusse, magister simulacrorum ; li Flamans, mayister de capsâ; Martinus Laptomus, Chardinus li Chapuis (î).

On trouve encore dans ce cartulaire un traité entre les chanoines et Umbaud de Fontenay, par lesquels il est réglé, relativement à quelques personnes contestées, que le Chapitre exercerait le droit de servitude jusqu'à ce qu'elles fussent mariées ou en âge nubile, et qu'ensuite ce droit passerait audit seigneur ; qu'en cas de mort sans enfants , leur succession se partagerait par moitié entre les deux parties contractantes.

Le Chapitre avait émancipé ses hommes de Bourges en 1224 ; il

(1) Grand cartulaire de Saint-Étienne, f° 65, r» ; — Cart. de M. Vermeil, p. 171; — Imprimé dans V Histoire du Berry, de M. L. Raynal, II, 57G. MÉM. II. 11

émancipa ceux de Bengy, en 1257 (1); ceux de Neuvy-sur-Barengeon, en IhQS (2), moyennant 200 écus d'or pour racheter '( un « joyau naguères engagé, et pour pareille somme prêtée au roi (( nostre seigneur dans ses affaires et nécessités. »

Biens du chapitre. — Il était de la nature des fortunes de mainmorte d'aller toujom^s s'accroissant, puisque les établissements qui les possédaient recevaient toujours, sans vendre ni donner les biens qu'ils avaient reçus ou acquis. Aussi, les possessions du Chapitre de Saint-Etienne étaient-elles considérables ; en 1789, il en avait dans cent vingt-quatre paroisses, sans compter des droits sur un grand nombre de cures et celui de prendre dans la forêt de Saint- Palais les bois nécessaires aux réparations de la cathédrale ; les grands revenus de l'archevêché, le siège vacant, une redevance sur le siège d'Alby, le produit des quêtes, des troncs, etc.

Lorsqu'au commencement de la révolution, il fallut faire la déclaration des revenus et charges de l'église métropolitaine, un chanoine, le maître des cérémonies, M. d'Aubigny fut chargé de ce travail, dont la minute est conservée dans sa famille.

(1) Cart. de M- Vermeil, p. 532; — La Thaumassière, Coutumes locales, p. 91 ; — M. L. RayiNal, Histoire du Berry, t. II.

(2) Grand cart., II, 103 , Histoire du Berry, II.

Les autres pièces relatives aux personnes serves sont dans le grand cartulaire, I, aux Archives du Cher :

Fo 140, vo, Reconnaissance par une femme qu'elle est serve du Chapitre (1283).

Fo 382, De confir madone franchisie Gaufriedi Guerinide bodio et heredum suorum (1284).

Fo 413, Les Grands-Jours de Bourges décident cpie le Chapitre a le droit de suite sur ses hommes dans le château d'Issoudim (1376).

Fo 42S, Procès pour le droit de suite. — Dans le cartulaire de M. Vermeil :

Page 199, Martm Robelin se reconnaît homme du Chapitre (1229).

Autres recoimaissances analogues , pages 238, 26a, 272, 297, 298, 392, 424, 430, 462, 463, 465, 585.

Corvées des hommes de Bengy, pages 296, 329, 330.

P. 433, 438, De quitacione consuetudinis belli loci (1178).

^ 83 — Les revenus y sont évalués ainsi :

Produit des maisons situées en ville ^,830'

— des héritages voisins de la ville 5,264

— des grosses fermes 53,597

— des cens et rentes foncières 695

— des rentes constituées 8,356

Revenus en blé ■ 8,037

— des5bois à, 005

— sur le diocèse d'Alby 2,200

Revenus divers 6,000

Environ 92,500

Administration des biens du chapitre. — Dans les derniers temps de la monarchie, l'administration de ces biens, souvent éloignés, avait été facihtée par l'établissement des communications, mais, au moyen-âge, elle présentait de grandes difficultés; souvent des chanoines étaient obligés de se transporter àRengy, à Lury, à Beaulieu, sur les bords de la Loire. Ces missions n'étaient pas toujours sans péril; aussi lit-on un acte capitulaire du 6 aotàt 1635, par lequel Jean Gelmon, chanoine, se transportant à Issoudun pour les affaires de la communauté , se fait garantir une indemnité pour le cas où il serait pris et pillé en route. Pareille promesse est faite, par acte du 8 mai 1 660, à Jean de Bueil et au doyen , qui vont terminer un différend avec le seigneur de Fontenay sur la propriété d'un étang près de Bengy, à quelques lieues de Bourges.

Quelquefois aussi, dans les temps orageux, les réunions capitulaires semblaient converties en conseils de guerre ; les châteaux de Lury et de Beaulieu étaient des places à la défense desquelles il fallait pourvoir.

En 1437, les chanoines font réparer l'arî^t^e portail de la ville de Lury; en 1660, ils y envoient deux couleuvrines coûtant cent sols ; en 1663, Jean de Blanchefort vient prêter serment comme capitaine de Lury ; son prédécesseur, Bonnet-Troussebois avait plusieurs fois demandé des secours pour nourrir les nombreux domestiques qu'il était obligé d'entretenir pour la garde du château ; en 1636, il avait commencé à remettre en état toutes les guérites.

En 1550, Paul Huet, serrurier, est chargé de réparer le pont-levis. Le 21 novembre 1562, sur la recommandation de M. de Montreuil, gouverneur du Berry, sous la charge du prince de LaRoche-sur-Yon et de M. de Cypierre, Edme Dagon, seigneur de Burry, est nommé gouverneur du château et de la ville.

Mêmes soins pour le château de Beaulieu. En l/i37, le capitaine s'absente et le Chapitre ordonne à son remplaçant d'augmenter le nombre des serviteurs destinés à la défense des murailles , de ne pas les laisser sortir, et lui défend d'ouvrir les portes à des hommes d'armes; en lUUO, il envoie au capitaine Paumier deux hastas, cent traits et une couleuvrine, et fait acheter six balistes pour les habitants; en 1502, Geoffroy Boneau, maistre masson, est chargé de remettre le château en état.

Ce n'était pas tout que de mettre les châteaux en état de défense ; le Chapitre avait aussi à assurer la rentrée de ses revenus : ses moyens sont, au XIIF siècle, des excommunications ; plus tard, des monitoires, des lettres à terrier, des arrêts du parlement.

On lit dans le cartulaire du XIII^ siècle, qu'après que l'archiprêtre aura prévenu les débiteurs en retard , s'ils ne payent pas, Ex tune in nostro majore altari cum aliis excommunicatis ibidem sollempniter puUicentur ut sic illi debitores confusi remaneant et doleant quia Dominus et sanda ecclesia sprevit eos.

§ XIX. Taxes extraordinaires imposées au Chapitre; — Produit des prébendes; — Comptabilité; — Archives.

Le Chapitre, affranchi comme tout le clergé du poids de presque tous les impôts, fut cependant forcé parfois de contribuer aux charges pubhques; c'est, en 1210, aux frais du pavage de la ville, qu'il est appelé à concourir (1). Déjà, en 1174, Philippe-Auguste lui avait fait rendre 300 liv., monnaie de Bourges, empruntés par l'archevêque, Henri de Sully, par ordre royal, pour réparer et fortifier le château de Mehun (2). En 1281, le Chapitre paya une dîme pour

(1) Cart. de M. Vermeil, page 67.

{'2) Histoire du Berry , H, 96.

la Terre-Sainte; toutefois, il trouva moyen d'en faire affranchir quelques parties de son revenu (1). En ISOA, pour obtenir un subside, le roi Philippe-le-Bel promet au Chapitre de faire frapper, à partir de la Toussaint, la monnaie de la valeur, loi et poids de celle du temps de saint Louis , d'arrêter le cours de sa mauvaise monnaie , enfin, d'octroyer à l'église cathédrale quelques avantages particuliers : des subsides sont encore demandés par le roi Louis X enl315(2);le 27 juillet 1357, pour la rançon du roi Jean; en lZi22, pour la guerre contre les Anglais (139 liv. 8 s. 8 d.); cette même année, le dauphin étant à Bourges, le Chapitre fournissait, au moyen de ses étangs, le poisson nécessaire à la table du prince et de Marie d'Anjou, sans en recevoir le prix; cette créance s'élevait à plus de A, 000 liv. parisis, et n'était pas encore soldée en l/i35 (3), En 1/427, chaque chanoine paie 15 sols pour la réparation des murs de la ville (/») ; en lZiû3, le roi leur emprunte 100 liv. pour le paiement des gens de guerre (5); cet emprunt est suivi d'un autre de 200 écus d'or, en \.h67, et d'une fourniture de vivres pour les troupes, en 1472; en 1475, le Chapitre cherche à échapper à une répartition de 10,000 liv. imposées par Louis XI sur les gens de Bourges, pour les punir des excès commis en l/i65, lors de la guerre du bien public.

Lorsqu'il fallut payer la rançon de François 1^^, la contribution du Chapitre fut fixée, pour la communauté des chanoines, à 1601., et pour celle des vicaires à AO; pour le grand-archidiacre et le chancelier , à 15 1. chacun.

De pareilles taxes sont réimposées en 1553, en 1554, en 1563, en 1574; cette fois la charge fut plus forte , le Chapitre dut payer 525 liv. ; le chancelier 126 liv., les vicaires 63 liv.

En 1586, le roi, d'accord avec le pape, leva 1,200,000 écus sur

(1) Lettre de G., archevêque de Rouen, chargé de tout ce qui concernait la Terre-Sainte, adressée à Philippe de Fontanet, clerc, son délégué en Berry. (F» 121 du grand cartulaire, I.)

(2) Grand cart. , fo 41, v^.

(3) Act. cap. , Histoire du Berry, III, 6. (4.) Act. cap., ler registre.

(5) Grand cart. , fo 201 , v».

le clergé, dont 23,586 sur le diocèse de Bourges, qui paya au moyen d'un emprunt autorisé par les cardinaux commissaires, sur la demande de Regnauld de Beaune : un des principaux bailleurs de fonds fut M. Séguier. Le k avril 1588, lZi,500 écus furent encore imposés sur le diocèse; le Chapitre en paya 206; les vicaires 2^. La détresse du trésor fit recourir aux mêmes expédients en 1638, en 16Zi2 , à la fin du règne de Louis XIV et en 1759.

Distribution du revenu entre les chanoines. — La distribution du revenu entre les chanoines était soumise à un grand nombre de règles dont nous ferons connaître seulement les principales.

Et d'abord, on distinguait les gros fruits et les distributions acfmanum, qu'on appela par abréviation des ad manum, et par corruption amanons. Les gros fruits se gagnaient par la qualité seule de chanoine, sauf quelques restrictions ; les amanons, par l'assistance aux offices.

11 est dit, dans un règlement de 1283 : a Les chanoines qui étu- « dieront en droit canon ou civil, ou autre faculté de Paris ou autre (( lieu où il y ait enseignement solemnel toucheront les gros fruits « de la prébende, pourvu qu'ils résident six mois dans les écoles ou (( dans l'église, et ils sont tenus comme les autres chanoines de « prêter serment qu'ils ont fait résidence; de même pour les doyen, (( archidiacres et archiprêtres , et aussi lorsqu'ils feront leurs vi- « sites. »

En 1214, les évêques d'Orléans et d'Auxerre, délégués du Saint- Siège , avaient maintenu l'usage de faire toucher les gros fruits de la prébende aux deux chanoines que l'archevêque pouvait emmener pour visiter sa province, et à celui dont il se faisait accompagner dans son voyage de Rome (1).

A part ces exceptions, nul ne pouvait percevoir ces revenus sans avoir avoir prêté le serment qu'il avait fait résidence ; c'est ainsi que l'avait réglé un acte capitulaire de i2hS, qui disait : (( Comme certains chanoines, libres comme les enfants de l'Ona- « gre, n'obéissent pas aux coutumes et aux statuts de l'égUse, et ne

(i) Cart, de l'archevêché, f» 29,

Aux fêtes de sous-chantre,

« font pas résidence et veulent toucher les fruits de leurs prébendes « contrairement à la parole de l'Apôtre, qui a dit que celui qui ne « travaillera pas ne mangera pas, etc. ;)

Quant aux ad manum, il serait trop long de faire connaître tout ce qui les concernait; il faudait suivre jour par jour le rituel et l'obituaire. Voici les règles principales suivies à la fm du XV^ siècle et au commencement du XVI« (1514): chaque chanoine recevait :

Vêpres de la veille, 2» 6*1 A matines, 5 »

Aux fêtes de chantre , ( A la procession, » 15

A la messe, '2 6

Aux vêpres du jour, 2 6 Aux vêpres de la veille, 2^ 6^ A matines, 3 9

A la procession, » 15

A la messe et aux vêpres, 2 6 Chaque fois qu'on retirait du trésor ou qu'on y replaçait la tête de saint Etienne , celle de saint Guillaume ou la main de saint André, il y avait procession de chantre avec les cierges et les chappes, et chaque chanoine recevait 15 deniers.

A matines,

A la procession, 10 A la messe, 20 A vêpres. k

Lorsque l'archevêque ou un autre évêque officiait, à sa place, il était donné 1 5 deniers à chacun des chanoines chantant le Yenïte à matines, autant aux deux chanoines qui chantaient l'épître et l'évangile , à ceux qui servaient au chœur et chantaient les répons : cette distribution se faisait aux frais de l'archevêque.

Le 1^^ janvier, chaque chanoine présent recevait 3 s. tournois pour ses étrennes; le mercredi des Cendres, 3 s. 9 d. pour les crêpes et le saumon.

Ceux qui résidaient vingt et un jours à partir de de la Quadragésime, gagnaient un boisseau d'avoine.

Ils avaient, les dimanches ordinaires,

Les malades étaient tenus présents pour les distributions (1).

Un pointeur marquait les présents , et le point était arrêté à chaque office par le président du chœur; le doyen, ou l'ancien à sa place, pouvaient seuls admettre les moyens d'excuse des absents ; quelquefois le Chapitre lui-même ordonnait qu'un absent touchât tous les fruits de sa prébende, comme il fut fait, en l/i34, pour Bernard Pisan, qui assistait au concile de Baie (2). Lorsqu'une maladie contagieuse ravageait Bourges, et elles étaient fréquentes, tout le monde était autorisé à quitter la ville en conservant ses droits. (En 1580, pendant une peste, quatre chanoines seulement y restèrent.)

La présence aux chapitres ordinaires valait 2 s. 6 d. ; aux grands chapitres, 5 sols ; aux services funèbres et à quelques autres cérémonies , chaque chanoine conservait le cierge qu'il avait porté.

La résidence était de neuf mois; une absence prolongée plus de trois mois était punie de la perte des gros fruits.

A une époque reculée, par suite de la rareté du numéraire, les distributions aux chanoines , le paiement des gages des divers officiers se faisaient en nature, et cet usage s'était perpétué dans le Chapitre ; non-seulement on distribuait du blé, de l'avoine, de la marsèche, du vin, mais aussi du pain ; en 1A31, il est ordonné au grenetier de faire faire deux pains pour chaque chanoine, de la Saint- Michel à Pâques , et seulement un s'il n'a plus assez de grains. En 1^32, on accorde au boulanger la permission de ne cuire que tous les deux jours. En \h2>h, il est statué que celui qui manquera le matin, quand il devra dire la leçon, perdra un pain qui sera donné aux pauvres.

Presque tous les services étaient rémunérés en nature ; ainsi, en 1A30, on donne à frère Baptiste , prédicateur, deux pains du Chapitre et deux quarts de bon vin.

Les rivières et les étangs de ses domaines fournissaient à la com-

(1) Act. cap. de 1208, cart. de M, Vermeil.

(2) En 1613, il fut statué, en réunion capitulaire , que le chancelier alors en fonction serait toujours compté comme présent, attendu qu'il était chanoine depuis cinquante ans.

iTiunauté du poisson en abondance , mais cette richesse devint une cause de troubles, ainsi que nous l'apprend un acte capitulaire transcrit dans le grand cartulaire (1

Les distributions d'argent ne pouvant pas toujours se faire avec facilité, on y suppléait par des marraulx, méreaulx ou méreaux, jetons en cuivre représentant une valeur de convention ; il y en avait de différents prix. En 1428, le Chapitre en fait faire de 45 deniers; en 14'29 de 5 deniers. En 1/j9/i, Pierre de Chappes, orfèvre, reçoit 35 sols pour la façon de 300 marreaulx ; en 'î/i95, il est ordonné qu'à l'anniversaire du duc Jean il sera donné des méreaulx de 30 deniers, parce qu'on ne peut distribuer d'argent à cause des guerres. Les méreaulx devaient être rendus tous les samedis, en échange de la valeur pour laquelle ils avaient été donnés (2).

Le Chapitre, malgré ses richesses , connut aussi quelquefois les privations ; la fm du XIII^ siècle vit un de ces moments de crise pendant lequel la communauté prit la résolution suivante : « Le jeudi « de la Saint-Jean devant la porte Latine (129/j), touchés de l'état (( misérable et lugubre de notre vénérable mère l'église de Bourges, « qui nous nourrit et soutient chaque jour de son lait, surtout à (( cause de la réparation de l'église et des maisons qui ont péri par (( l'incendie, de la reconstruction des chaussées et moulins , et du c( nombre des chanoines résidents plus grand que de coutume, vou- (( tant y remédier, nous avons statué que, puisque nous, chanoines (( actuels , nous avons été chargés (gravati) par la reconstruction « de notre église et privés d'une année de nos revenus, et que cette « reconstruction doit donner beaucoup de protits et d'avantages « aux chanoines futurs, puisque. Dieu aidant, dans peu ils trouve- « ront l'éghse relevée et débarrassée de toute charge, et qu'il est « juste que les futurs chanoines boivent au même calice où nous « buvons , et que tout soit égal entre frères , nous statuons qu'au- « cun chanoine à sa réception ne touche la première année de son « revenu, et cette année s'appellera année de la bourse ; ils seront c( obhgés de jurer l'observation de ce règlement, sous peine d'être

(1) Grand cart., fo 590, imprimé dans VHisloire du Berry, de M. L. Rmnal, !i, 588.

(2) Act. cap. de 1465.

MÉM. II. l i

(( exclus du chœur. » — Foucault était doyen , Egidius chan celier.

Cela s'appelait aussi année de stérilité. La rigueur de ce règlement fut un peu adoucie, en pour ceux qui faisaient résidence ; on leur accorda de toucher le dixième des gros fruits ; le reste demeurait affecté à l'entretien de l'église. Il est ajouté que les ravages causés dans le pays par la guerre ne permettaient pas d'accorder davantage ; les chanoines de résidence et semi-prèbendés soumis à la résidence constante ne l'étaient pas à l'année de stérilité.

Comptabilité. — Le Chapitre administrait lui-même ses biens , c'est-à-dire que tout était réglé dans les réunions capitulaires , où ses agents inférieurs venaient prendre ses ordres ; les comptes des receveurs étaient vérifiés par des commissions de trois chanoines délégués à cet effet. La chambre des comptes était au rez-de-chaussée, auprès de la sacristie, et l'on y vit long-temps, tout autour, des planches garnies de crochets où étaient attachées les pièces justificatives : toutes les recettes étaient remises à un comptable, receveur général , qui ne rendait ses comptes qu'après tous les autres (1).

Les comptes en argent étaient arrêtés tous les ans à la Saint-Jean (2/ijuin). Le receveur était assez habituellement un des vicaires; chacun de ces comptes forme un volume in-4" et contient la série d'articles suivants :

Revenus des maisons, terres et vignes de Bourges, par paroisses ; idem, des paroisses rurales; les droits féodaux, cens, etc.; la taille des hommes serfs; la taille des femmes serves ; les dîmes; les rentes pour les anniversaires; la tonte des prés.

Les patronages des églises et accenses de cures divisés par archiprêtrés.

La recette de la terre et justice de Beng-y ; idem, de Neuvy-sur- Barangeon ; idem, de Sainte-Radegonde et autres terres.

La mise ou dépense comprenait les frais de culte pour le peu qui était à la charge du Chapitre , l'archevêque étant tenu de payer presque tout.

Les frais des anniversaires ; les gros fruits des prébendes ; les rentes ; les pensions des avocats, procureurs et autres officiers ; les dé-

(1) Act. cap. de 1563.

penses extraordinaires ; ies dons et rémissions ; les deniers conaptés et non reçus. Il y avait, en outre : les comptes des blés, avoines, etc.; du maître de l'œuvre ; du receveur de Beaulieu ; de celui de Lury ; de celui de Sury-en-Vaux ; d'outre-Gher pour toutes les terres situées au-delà de cette rivière.

Dans les circonstances extraordinaires ceux :

De la tour, lors de la reconstruction de la tour septentrionale, de Î506 à 1542 ; du receveur de l'octroi sur les sels vendus en Languedoc et en Normandie; du sceau, pendant les vacances du siège, etc.

Archives. — L'ancien chartrierdu Chapitre a été transporté tout entier au district , pendant la révolution , et de là aux archives du département du Cher , dont il forme le fonds ancien le plus considérable et le plus important.

Les papiers et enseignements, chartes , etc. , étaient, dans l'origine, renfermés dans les armoires du chœur, ceux de la communauté des vicaires dans (.< une fenestre du chœur et les aulmoyses estant (V sur le jubilé. »

Quand ce dépôt eut pris de l'extension , le Chapitre lui consacra une salle spéciale avec un garde particuher. Le premier qui nous soit connu est le sieur Ravet, prêtre, auquel il fut attribué des honoraires de 250 liv. par an, en quahté d'archiviste; en 1719, l'abbé Berthier, après la réunion de la Sainte-Chapelle, l'abbé d'Aubigny, chanoines, s'occupèrent beaucoup du chartrier. En 1787, M. Ozouet de Longchamps fut nommé archiviste à vie avec 1,200 livres d'honoraires et l'usage d'une maison du cloître : depuis long-temps il travaillait au chartrier, qu'il a mis en ordre en grande partie ; son travail subsiste encore. Devenu archiviste du département, M. de Longchamps eut encore long-temps la garde de son ancien dépôt.

Le 8 février 1819, le chevalier Locard, préfet du Cher, fit vendre « plusieurs quintaux de vieux papiers provenant des archives de (( Saint-Etienne » à un sieur Massu, dont on conserve encore la reconnaissance ; le 21 octobre de la même année, le même préfet fit remettre à l'abbé Romelot, chanoine, délégué du Chapitre, un grand nombre de liasses relatives au spirituel , dont partie a été livrée au relieur. Ce qui en reste occupe quelques rayons de l'ancien chartrier, où l'abbé de Rochery, chanoine, l'avait mis en bon ordre.

Le fonds de Saint-Etienne, aux archives du Cher, se compose au-

jourd'hui des liasses et registres dont je vais donner l'énumération sommaire, en suivant l'ordre dans lequel le tout est rangé.

Le grand cartulaire in-f° est composé de 476 ff. à deux colonnes, en parchemin, plus deux ff. intercallés après le 390^; l'un côté XIIII, l'autre XV. Avec le cartulaire , et au commencement, ont été reliés onze feuillets qui contiennent plusieurs pièces importantes; un acte qui défend de vendre dans l'église ; un relatif à la justice du cloître; d'autres à la consécration d'Adhémar , évêque de Glermont ; les serments de fidélité des suffragants , l'octroi d'un subside pour le Chapitre, etc.

Le cartulaire commence par cette déclaration : « Le Chapitre « considérant que la pancarte livrée à un grand nombre de lecteurs « au Chapitre, les samedis, jours consacrés à cette lecture, paraît « évidemment contenir des choses superflues et inutiles; qu'il n'y a (( pas d'ordre dans la disposition des titres; que cela cause de l'ente nui aux auditeurs et de la confusion dans les recherches ; qu'il (( serait préférable de réunir tous les titres relatifs au même objet, c( le Chapitre charge Aimery de Déols de faire ce travail, d'éliminer « les pièces doubles; ce qu'il a fait avec l'aide de Dieu, et a divisé « son travail en six parties (1). »

La première contient les statuts et ce qui concerne les biens que le Chapitre possédait à Bourges et dans le territoire de la ville ; la deuxième, Bengy et son territoire ; la troisième, Beaulieuet son territoire; la quatrième, Sury-en-Vaux , Saint-Gemme, Bué; la cinquième, Chéry, Villeneuve, Paudy; la sixième, ce qui était dans les divers archiprêtrés du diocèse. Le feuillet intercallé après le 390^ et coté XIIIl contient la formule du serment des chanoines; celui coté XV, cinq titres, dont une une lettre de Philippe V sur la primatie. Le feuillet A27 est complètement blanc.

On vient de voir que chaque samedi on faisait une lecture du cartulaire en Chapitre; en 1273, il fut décidé qu'on n'en lirait que deux feuilles utiles : Restringimiis lectionem sahatinam ad duo folia utilia.

Au XVP siècle, il fut fait un second volume du cartulaire conti-

(1) M. Vermeil, libraire à Bourges, a acheté et conserve avec soin l'ancien cartulaire qu'il a préservé de la destruction. On y trouve des actes et des documents très-curieux, supprimés par Aimery de Déols.

iiué jusqu'au XVIIP ; il est loin d'être rempli : tous deux sont reliés en basane.

Les liasses sont ainsi réparties :

Titres de fondations,

Charly et Sanceaux,

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