‹ Histoire du château d'ArquesChapitre 101 sur 141 · SYSTÈME DE FOSSÉS · texte numérisé non relu

SYSTÈME DE FOSSÉS

Gozelin , et que ses rapports avec ce vicomte auront fait naturellement connaître au comte d'Arqués lui-même et désigné à son choix?

Quoi qu'il en soit , au surplus, de cette supposition, celui qui présida à la construction du château d'Arqués , à ne considérer que le choix du lieu et la manière dont il sut en tirer parti , était , à coup sûr , un homme très versé dans son art, et qui avait été heureusement inspiré.

Nous n'en voudrions pour preuve que cette ingénieuse combinaison qui se perpétua depuis dans nos plus belles forteresses normandes, mais qui trouve ici une de ses premières applications. Nous voulons parler du système de fossés , qui se dessine d'une manière si complète et si heureuse au château d'Arqués , et que nous retrouvons plus tard dans les châteaux normands de Moulineaux , de Longueville , du Bec-de- Mortagne, du Château-Gaillard , etc. Nous avons dit que ce fut sur une langue de terre abrupte et fort étroite que fut assis le château d'Arqués, lies deux profondes vallées qui se prolongent sur ses flancs, lui servaient naturellement de

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fossés. Ces immenses excavations pouvaient paraître , sous ce rapport, le moyen de défense le plus complet et le plus suffisant, comme il était le plus naturel; l'ingénieur (qu'on nous passe cette expression à défaut d'autre pour ces temps éloignés ) ne s'en contenta pas. Il imagina une autre combinaison. Au lieu de placer le mur de ses courtines sur la crête extrême de la colline , il le porta en reculement sur le plateau de la langue de terre , de manière à laisser, de toutes parts , entre cette crête et le mur d'enceinte , un espace vide d'environ quatre-vingts pieds. Au premier abord , l'ingénieur semblait renoncer ainsi à l'avantage que lui présentait le choix du terrain, puisqu'il s'éloignait, de gaité de cœur, de ses deux grands fossés naturels , les deux vallons latéraux , et qu'il laissait à un assiégeant , à partir de la crête de la colline jusqu'au pied des remparts , un espace horizontal parfaitement nu, d'une douzaine de toises, sur lequel l'ennemi |>ouvait asseoir ses machines de siège et ranger ses bataillons.

Cette observation ne dut pas échapper à ceux tpn construisaient sous ses ordres les murailles

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