‹ Histoire du château d'ArquesChapitre 108 sur 141 · LE DONJON · texte numérisé non relu

LE DONJON

« toutes les hauteurs qui environnent cette

« forteresse. » 1 ' !; ' * '

Le tracé, l'ensemble de l'édifice subsistent; mais ces magasins , ces voûtes en ogive , cette plate-forme, cette chapelle , ces chambres, tout cela a disparu. Leurs débris jonchent Taire dit vieux donjon normand.

Nous avons dit que le donjon avait été dépouillé de son revêtement , et qu'il ne restait plus que la masse du blocage, à bain de mortier, qui formait le noyau des murailles. L'acharnement et la cupidité des démolisseurs furent tels, qu'on trouve à peine, sur toute sa surface, quelques assises qui n'ont dû leur salut qu'à la grande élévation à laquelle il eût fallu atteindre pour les arracher; la peine et la dépense eussent excédé le bénéfice. Ce parement était composé de pierres de petit appareil , ayant généralement de 6 à 8 pouces de haut, sur 8 à ii de large , de la nature du tuf, ou calcaire d'eau douce , que les Normands employaient communément dans leurs grands édifices et plus particulièrement dans les parties cintrées , comme étant très légères et acquérant une extrême dureté à

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l'air , en même temps qu'elles étaient très faciles à tailler dans la carrière 1 . L'emploi de cette pierre n'avait pas discontinué dans nos contrées depuis les Romains jusqu'aux Normands; il cessa avec ces derniers. Nous la retrouvons dans le théâtre romain de Lillebonne et dans les châteaux forts des Plantagenet. La présence de cette pierre tufTeuse, lorsqu'elle n'appartient pas à un édifice antique , dénote toujours infailliblement une construction normande; c'est un indice certain.

L'excoriation du donjon a mis à nu les établis des maçons qui l'ont construit. Ces trous étant espacés uniformément , à partir du pied de la muraille jusqu'à sa crête, on peut se rendre compte , par le calcul , à défaut d'autre moyen de la mesurer, de la hauteur qu'elle a conservée. On voit qu'elle doit avoir une cinquantaine de pieds ; le plan de 1 708 en accuse soixante.

Us murs, compris leurs pierres de revête-

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LE DONJON. 2i>7

ment , avaient depuis neuf jusqu'à douze pieds d'épaisseur.

L'élévation du donjon devait paraître plus considérable encore dans les temps anciens, lorsque sa plate-forme était surmontée de petites tourelles dont l'existence nous est révélée par des comptes manuscrits du xiv c siècle. On y voit que ces tourelles étaient couvertes en plomb ».

Quelle que soit l'opinion qu'on ait du génie des modernes dans l'art des fortifications , on est forcé de reconnaître que les hommes du xi e siècle , que les Normands , proportion gardée et eu égard aux armes alors en usage , n'ont pas déployé une moins grande habileté dans leurs constructions militaires. Ce peuple était destiné à marcher en tète de la civilisation en tout genre.

Une des plus ingénieuses combinaisons inventées par eux consiste dans la manière dont ils avaient su dissimuler et défendre l'entrée de leurs donjons.

1 Le plomb qui servît à réparer la couverture d'une de ces tourelles , en 1378 , coûta , pris à Dieppe, soixante sous tournois les cent livres. La même quantité de plomb se paierait aujourd'hui trente francs.

»S CHATEAU D'ARQIKS.

Ne cherche* pas au niveau du sol , et dans une partie apparente de l'édifice , la |>orte du donjon d'Arqués ; l'assiégeant l'eût aperçue , attaquée, forcée trop facilement. C'est de côté , masquée avec art, protégée par une muraille épaisse faisant corps avec la citadelle , et à une hauteur de trente pieds du sol , que s'ouvrait l'entrée, qui conduisait, non pas directement, mais par de nombreux détours , au ccrur du donjon.

Avant d'aborder cette entrée, il fallait traverser un long et étroit escalier qui prenait naissance dans l'épaisseur d'un des contreforts extérieurs * celui placé à l'angle nord), puis qui tournait et rampait le long de la face de l'ouest , pour conduire au palier, qui pn*cédait l'entrée proprement dite', t Voir Pl. XII; pian. ) Du palier on entrait dans le mur de la citadelle. Mais, après avoir franchi cette entrée, on n'était point encore dans le donjon. Un second escalier voûté, très bas et très étroit, creusé dans le mur,

1 Toute rrtte partie du donjon d'Arquer a < umidéraldriutnl MiufTrrt ; dit- reMerait IndêVbifTrahle , san* le fcecotir* du plan de I7<»8 , «pu en montre I* disposition romplrlc.

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