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TOUR DE GUILLAUME LE MOINE

et de ce brave , nous avons donné son nom à cette tour, qui vit peut-être sa fin tragique; nous ne rappellerons plus désormais que la tour de Guillaume Lemoine.

Dans la courtine qui suit en remontant vers l'est, nous rencontrons quelques assises de pierres tuffeuses , disposées en arête de poisson ou en épi ; ce sont là des restes des bâtisses du xi e siècle. Le mortier qui les lie est fait avec du sable de mer.

Vient ensuite un petit massif carré , de quatorze pieds de large sur onze d'épaisseur , pris extérieurement , dans lequel je n'ai pu voir une tour, comme semble l'indiquer le plan de 1708, mais bien un simple contrefort; ce massif m'a paru plein.

A seize pieds de là , s'élève un second contrefort , de mêmes forme et dimensions. La courtine qui règne entre ces deux contreforts nous présente encore l'arête de poisson , preuve de son antiquité.

Cette disposition ne se manifeste pas dans la maçonnerie des contreforts eux-mêmes. Ceux-ci me semblent un peu moins anciens que la

muraille qu'ils étaient destinés à soutenir; ils pourraient bien faire partie des travaux de solidification de Henri 1.

Un troisième contrefort, mais beaucoup plus petit que les précédents (il n'a que six pieds en côté), me paraît, attendu même l'exiguïté relative de ses proportions , appartenir à la construction primitive. La brique qu'on y remarque ne doit pas nous en imposer ; elle y a été intercalée par suite d'une restauration assez moderne.

\j& brique figure , au même titre , dans le parement des courtines qui accompagnent, à droite et à gauche, ce petit contrefort.

Le'type du xi° siècle apparaît , à peu de chose près, sans mélange, dans la petite tour ronde que nous voyons ensuite (Pl. X , n° i ). Sa base, qui est épatée, est bâtie en pierres carrées. Dans la partie supérieure , règne la maçonnerie en épi. Reste précieux de la citadelle de Guillaume d'Arqués, cette tour recevra son nom.

Après la tour de Guillaume d'Arqués, se dessine une longue courtine d'environ cent

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quatre-vingt*» pieds de long , qui nous conduit à la tour Reiset. 1

Cette tour ( Pl. X, n° 3), a conservé cinquantedeux pieds de hauteur. A l'intérieur , du côté de l'enceinte , elle est presque à fleur du sol , ainsi que les tours de Guillaume Lemoine et de Guillaume d'Arqués. La tour Reiset est surmontée d'un petit pavillon qui y a été dressé par un des derniers propriétaires des ruines du château d'Arqués. Le diamètre intérieur de cette tour est , vers le haut , de neuf pieds environ ; ses murs ont six pieds d'épaisseur.

Apres avoir suivi , en tournant vers le sud , le rempart derrière lequel s'élève le donjon , nous arrivons à la tour dite de la Porte de Secours ( Pl. X , n° 4 ), dénomination qu'elle doit au pont qui fut jeté là sur le fossé , pour y accéder des hauteurs du plateau de la colline , dans le but d'amener des renforts à la garnison assiégée.

' L'historien du château d'Arqués, forcé, à défaut de désignations connues , d'attacher des signes de reconnaissance aux tours de la citadelle normande , n'a cru mieux faire que d'emprunter, pour celle-ci, le nom de la dame, amie des arts et de nos monuments historiques, qui a sauvé .si généreusement le château d'Arqués de la destruction dont il était menacé

A l'époque où fut dressé le plan de 1 708 , ce pont était déjà en partie détruit ; « les piles en « sont tombées, dit l'ingénieur de Ixniis XIV « dans ses notes. » Les choses ne paraissent pas avoir empiré depuis ; elles sont dans le même état. Une des énormes piles de ce pont s'est affaissée tout d'une pièce et s'est couchée sur la pile voisine ( fo/r Pl. IX ); elle gît là depuis deux cents ans peut-être , et y dormira de longs siècles encore , si la main des hommes ne vient pas achever son œuvre de destruction. La profondeur et la largeur extraordinaires du fossé dans cet endroit; cette pyramide de maçonnerie épaulant cette autre pyramide tombée; cette tour crevassée ouvrant une gueule béante, qui attend en vain les bataillons armés qui s'y précipitaient jadis pour secourir ses défenseurs; cette forêt d'Arqués qui se dessine au loin, riante et verte , derrière ces ruines sombres et découronnées : tout cela porte à l'ame , étonne les yeux , frappe l'imagination et laisse un durable souvenir.

Le pont et la tour de la Porte de Secours doivent être contemporains, mais ne sauraient ,

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