‹ Histoire du château d'ArquesChapitre 117 sur 141 · PORTE DE SECOURS · texte numérisé non relu

PORTE DE SECOURS

dans aucun cas , remonter à l'origine du château. Cette entrée accessoire s'éloignait trop du système normand , pour que nous n'hésitions pas un instant à la regarder comme lui étant étrangère ; elle en contrariait tous les principes. Les hommes de guerre du xi* siècle , et même ceux du xn e , auraient-ils placé un moyen d'accession pour l'attaque aussi près du donjon , eux dont tout le génie s'épuisait ù éloigner cette dernière retraite, ce palladium de leurs châteaux forts, des atteintes de l'assiégeant ? Us n'auraient pas commis une faute aussi grossière. En veut-on une preuve historique ? Lorsque Guillaume-le- Conquérant, à la suite de la révolte de son oncle , voulut enfermer ce rebelle vassal dans son château d'Arqués et l'y prendre par famine, il se contenta de tracer des lignes de blocus du coté de la poterne du château , en descendant vers le pied de la colline; Guillaume d'Arqués, privé de toute communication avec l'extérieur , fut obligé de poser les armes. « Efferatos et con luit ma ces objice castelli ad montis pedem cxtructi « clausit , prœsidio que imposito . . . récessif ; ut

« Jeune viuceret. » 1 Si ce pont, cette porte de secours eussent existé à cette époque au château d'Arqués, comment Guillaume-le-Conquérant aurait-il pu enfermer l'assiégé et le réduire , comme il le fit , par la famine , en établissant son blocus vers le pied de la montagne , du coté de la ville , juste à l'opposé de cette porte de secours ? Il est évident que ce pont n'existait pas alors.

En examinant la tour de la Porte de Secours à l'intérieur , il est facile de s'apercevoir qu'elle a été appliquée après coup contre le vieux mur d'enceinte , et que sa construction , en outre , diffère essentiellement de celle de ce même mur. Ses dimensions, qui excèdent notablement celles des tours de Guillaume Leraoine etde Guillaume d'Arqués, ouvrages des xi'et xn« siècles (elle a vingt-trois pieds de diamètre ) , témoigneraient encore , s'il était nécessaire , de son âge moins avancé , de son origine extra-normande.

1 Guillaume de Poitiers , apud Duchesne , p. I8i. « Erertis aggerihus ad radirera montis», dit à son tour Guillaume de Jumicge*.

Page 1