DOX DU COMTÉ D'ARQUES
« obtenait l'empire et le gouvernement de la « Normandie. »
« Acta sunt hœc anno ab incarnationc Dominé « millesimo xxx œo nu' 0 .... quo tempore monar- « chiam regni Normannorum IVillelmus Rotberli a comitis filius oblinebat. » 1
Ainsi, d'après cet acte, ce serait en io38, seulement trois ans après la mort de son père , que Guillaume-le-Bâtard aurait ceint la couronne ducale. Ce ne serait donc qu'à cette époque , au plutôt , qu'il aurait pu faire acte de souveraineté et donner le comté d'Arqués à son oncle Guillaume. J'incline à croire , d'autre part, que cette donation n'est pas postérieure à cet événement. En effet, le ducGuillaume ayant placé, cette année-là même , sur le siège archiépiscopal de Rouen, depuis peu vacant, son oncle Mauger, aura voulu très probablement élever en même temps à une dignité à peu près correspondante, dans un autre ordre, le frère de celui-ci, et doter ainsi, à la fois, ses deux oncles.
1 J'ai déposé cette pièce , éminemment intéressante pour l'histoire de Normandie , au Moaée d'antiquités de Rouen.
A partir île ce moment , le fils du second lit de Richard 11 prit le titre de comte d'Arqués « cornes m jdrchartim, de Arvlùs, Archas, Arcliensis* ' , et moins fréquemment celui de comte deTalou , bien qu'il ne soit pas impossible de le trouver mentionné de cette manière dans quelques chartes où son nom figure 3 . Ce fut vers ce même temps que la dénomination de comté d'Arqués commença à prévaloir sur celle de comté de Talon, et finit, plus tard, par l'effacer presque entièrement.
Possesseur d'Arqués et du riche comté de Talou , qu'il avait reçus en propriété , à titre de bénéfice 3 , fort de la faveur du jeune prince et de l'influence de son frère l'archevêque de Rouen, fier de sa naissance et de ses richesses, Guillaume , que nous n'appellerons plus que Guillaume d'Arqués, avec les historiens normands, ne connut plus de bornes à son ambition.
• Charte» pour les abbayes de Satnt-Onen et du Mont-Sainte-
Catherinc de Rouen , de Jumtfges, de Saint-WaodrUlc.
a « Cornes de Talohou , de Talnzu. » — Charte pour l'abbaye dt 3 . obtentu bencOcii. » — GniUaunc de J«mié«e*.
ÊRFXTION DU CHATEAU. 47
Mais, avant de donner suite à ses desseins, il voulu se créer un point d'appui , et, en cas de besoin , une retraite. Alors sortit de sa pensée le château d'Arqués, qui devait bientôt couronner de ses tours menaçantes la colline dont le pied portait la ville , chef-lieu de son comté.
Quelque ardeur et quelque diligence que Guillaume d'Arqués ait pu mettre à l'exécution de ce grand projet , l'étendue et l'importance de cette forteresse , même à la considérer dans son état primitif 1 ; l'immense quantité de terres à remuer pour creuser la ceinture de ses profonds et larges fossés; le transport , sur un point aussi élevé, des matériaux nécessaires à la construction des murailles d'enceinte, des tours, des bâtiments d'habitation ; l'érection de ces murailles et de ces tours, en admettant même que les bras et les ressources de toute espèce n'aient point manqué un seul instant , supposent un temps considérable, et que nous ne croyons pas exagérer en le portant à quatre ou cinq années.
' Voir la partie descriptive de l'ouvrage.
Ainsi, en partant de cette donnée que Guillaume d'Arqués ait pris possession de son comté l'année de l'intallation de Guillaume-le-Bâtard comme duc, et qu'il se soit occupé de la construction du château d'Arqués presque immédiatement, cette forteresse n'aurait été terminée, au plutôt, que vers l'an io43.
Si les chroniques contemporaines et les anciens historiens normands, toujours si avares de dates, ne nous ont pas indiqué l'époque précise de l'érection de cette antique citadelle, tous du moins n'hésitent pas un instant à la reporter aux premières années du règne de Guillaumele- Conquérant, et à l'attribuer à Guillaume d'Arqués. Leur témoignage peut se résumer dans ce peu de mots de deux d'entre eux , témoins oculaires :
« Hic fPillclmus castrum Archarum in cocu- « mine ipsins montis cundidit. » 1
« Ce Guillaume fonda le château d'Arqués • sur le sommet de la montagne. »
« Arcas castrum inpago Tcllau primas slatait. »*
1 Guillaume de JuntUge».
» Chronique de Fonlenelle.