CHAPITRE PREMIER
Pu fcotou; gré limite*, ton orflûnwntiim oominietrotior , *t$ vit omit e ; mesure VJUipiw.
rques, aujourd'hui modeste commune de huit cents aines, étaitjadisunevilleimportante, capitale du Talou , depuis comté d'Arqués, auquel elle avait imposé son nom , boulevard de la frontière du nord de la Normandie , siège delà juridiction
* CHATEAU D'AkOt FS.
îles pouls et mesures de eette province, centre de routes nombreuses portant encore au loin, de nos jours, le nom de chemins d'Arqués, et séjour affectionné de nos ducs.
Le territoire d'Arqués faisait partie de la cité des Caletes, sous la domination romaine. Assez long-temps après le démembrement de cette cité, et lors de la nouvelle organisation territoriale en pays, ipagi», qu'on croit dater de Père mérovingienne, le pays de Talon, « pagus Talagimsisj Tcllan, Tel tas , Talo^iurn, Talohou, Taloza », fut composé de la pointe septentrionale de l'ancienne cité des Caletes et du diocèse de Rouen.
Il serait difficile de fixer ses limites positives à eette époque reculée , même sous les Carlovin^iens. Mais, d'après IV\ainen attentif des diplômes de Clnldebcrt , «le Charlemagne , de I ouis-le-l)éLnnnaire , de Cliarles-le-Chauve a , quis'\ rapportent , on est fondé à croire qu'elles étaient un peu plus étendues que sous la domination normande.
' Diplomatique de Mabilhn p. 4M'> , i'JT . J'j î. ' inttdtrs tir nt'I'ctincï , t. III, |». <-f. >.
1)1! TALOl'.
Hrolf , ou Rollon 7 en prenant possession du sol neustrien , respecta-t-il la division territoriale des monarques français ? On sait qu'il partagea le territoire conquis entre ses compagnons, au moyen du cordeau ». Jusqu'à quel point ce partage influa-t-il sur la délimitation des pajs? C'est ce qu'on demanderait inutilement aux faibles documents historiques arrivés jusqu'à nous.
Quant aux diplômes émanés de ce chef, n'en cherchez point ; il n'en souscrivit aucun ; son arrière-petit-fils nous l'apprend lui-même 3 . L'importance que Rollon attachait à la place d'Eu , à l'extrême frontière, au-delà d'Arqués, puisqu'il avait cru devoir y placer une garnison de mille Normands 3 , ne l'aurai t-elle pas porté à
1 « Terrain suis fldclibus faniculo divisit. » — Dudou de Saint- Quentin , p. 85.
L'usage du cordeau , qu'on croit d'origine Scandinave, se perpétua en Normandie : « lllas partiti erant inter se funiculo , hoc « est corda, jussu et auctoritatc priedicti comitis » , dit une charte de l'abbaye de Saint-Wandrille. — Cartulairc, t. iv , p. 2052.
* « Qu« omnia noster attatus Rolphua dédit , sed propriis « cartulis ad notitiam futurorum minimè descripsit. » — Charte de Richard II , pour l'abbaye de Saint-Oucn de Rouen.
1 « Quù Rollo princeps coruni mille Nordmannoa, prêter ipsius « inhabitatorcs oppidi , ex Rodoiuo transmise rat. » -- Florioard, Chrotùcum , ad anuuru D25.
affranchir cette ville de la dépendance d'Arqués et à la faire sortir du Talou ? Questions difficiles, pour ne pas dire impossibles à résoudre. Si le récit des rares historiens du x c siècle et les chartes des petits-fils de Rollon , les ducs Richard I et Richard II , ne sont pas entièrement muettes , nous n'y trouvons pas encore assez de lumières pour préciser les derniers changements qui auraient pu être apportés au pays de Talou. Nous y voyons, cependant, que ce pagus avait conservé son nom et son organisation générale et avait survécu à la commotion imprimée par l'invasion normande. Peut-être faut-il admettre que ce fut sous le duc Richard I que le Talou éprouva de notables réductions, dans le but de satisfaire l'ambition de ses enfants et celle de la nombreuse famille de sa femme Gunnor, originaire de ces contrées, partie de si bas et devenue tout-à-coup si puissante et si riche. Ce prince, si l'on en croit Guillaume de Jumiéges, détacha la partie la plus septentrionale du Talou , pour en former, vers la fin du x e siècle, le comté d'Eu , en faveur de son fils naturel , Godefroy. Malgré la confusion qui règne clans quelques