POIDS ET MESURES
les synodes et les capitulaires nous l'apprennent ».
Lorsque les grands feudataires eurent substitué leur autorité à la puissance royale et usurpé une partie de ses attributions , ils s'emparèrent du droit de battre monnaie à leur nom et de la garde des poids et mesures. C'est ainsi qu'en usèrent les ducs normands.
La Normandie , qui, l'une des premières, avait ouvert la route du grand démembrement féodal , n'avait pas été la dernière à s'emparer du droit de monnoyage et de garde des poids et mesures. Non que nous soyons disposé à faire remonter cette dernière usurpation à Rollon. Ce cbef et son fils , quoi qu'on en ait dit , une fois reconnus par les monarques français , leur furent feudataires plus soumis qu'on ne le croit communément, et moins novateurs qu'on ne le suppose: les lois , les usages , les traditions françaises furent généralement respectées par eux. Sous le petit-fils de Rollon , une scission s'opère. Louis-
1 • Mcnsuram, secundùm antiquam consuctudincm , de pa- « latio nostTO accipiant. » — Concile de Pitres , en SCi , wus Charles Ic-Chaure.
12 CHATEAU I>'ARQl T ES.
d'Outremer, profitant de la faiblesse du jeune duc Richard I , veut s'emparer de sa personne et de la province ; lui-même est fait prisonnier par les Rouennais : on lui impose des conditions. L'indépendance de la Normandie acquiert un nouveau degré de force de cette agression et du triomphe des Normands. Des mains de ces derniers, Louis tombe dans celles de Huguesle-Grand. Dans cette confusion , les liens du vassal au suzerain se trouvent de plus en plus relâchés et pour ainsi dire rompus. Ce fut alors, autant par usurpation que par nécessité , que la Normandie s'empara du droit de battre monnaie et de régler ses poids et mesures ; nos plus anciennes pièces de monnaie normandes , qui sont au nom de Richard , viennent confirmer cette donnée historique.
Iaîs monarques français conservaient les coins des monnaies et les étalons des poids et mesures dans leur résidence royale. Le duc de Normandie en fit autant de son côté. Rouen devint le dépôt des uns et des autres.
Les vicomtes ayant dans leurs attributions ce qui concerne les finances et le commerce,