POIDS ET MESURES
celui de Rouen devint naturellement le gardien et le régulateur des poids et mesures ; c'est a ce titre que Gozelin , vicomte de Rouen , a pu être appelé auteur des poids et mesures au pays normand ; non qu'on doive prendre ce mot à la lettre , car Gozelin ne fit que succéder probablement au vicomte sous lequel eut lieu cette importante innovation. Peut-être , toutefois , en régularisant ce service, ou en l'organisant sur une nouvelle base , a-t-il pu mériter d'en être considéré comme le créateur.
Gozelin étant passé plus tard à la vicomté d'Arqués, y transporta, à titre de propriété féodale, le droit de garde et de vérification des poids et mesures 1 , qui lui avait été précédemment attribué. Ce droit resta depuis attaché à cette résidence, et plus spécialement au fief de Lardenière, sur lequel avait été assis le chà-
• Celui du monnoyage ne paraît pas l'y avoir suivi : Rouen , de temps immémorial , frappait monnaie , et le simple changement de type et de nom sur les pièces , transporté des rois de France aux ducs de Normandie, ne pouvait paraître , matériellement du moins , une modification assez forte pour enlever à cette ville un droit acquis et reconnu depuis tant de siècles. Il n'en était pas de même quant aux poids et mesures.
teau d'Arqués , si l'on en croit les anciens propriétaires du fief. 1 L'on ne sera peut-être pas peu étonné d'apprendre qu'il s'y maintint durant huit cents ans, sans interruption, jusqu'à la révolution de 1 789.
Ce droit , souvent contesté aux seigneurs d'Arqués et de Lardenière, ne cessa d'être reconnu et consacré par de nombreuses lettres patentes de nos rois, et par des arrêts de cours souveraines. En 1 478 , Louis XI déclarait « que « les seigneurs de Lardenière et d'Arqués , de o temps immémorial , étaient gardes des es- « talions et propriétaires des droits de jauge, « visite et réformation royale des mesures, aul- « nés, poids de la province de Normandie»*.
Louis XIV allait plus loin: en 1673, il ordonnait que les mesures de Brionne , de Saint- Valéry , deGisors, etc., fussent réglées sur la mesure d'Arqués, ajoutant: a pour être celle-ci reconnue « la première mesure de notre royaume* 1 . Aussi la
' ■ La situation et place dudit rhatcau d'Arqucs est assise a l'cstentc et en dedans de mondit fief. » — Aveu de Ii78 , rendu à la Chambre des comptes de Normandie.
• Arelmc» <le la ville de Rouen.
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