‹ Histoire du château d'ArquesChapitre 61 sur 141 · CHAPITRE DIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIEME

Arques oouo la domination française ; occupation* oeo cl)àtelaino. jfa cbàtcUenic V3Uqnc6 note à pbHippe-^lugtidtc. (Confirmation *ee priuiUa.es *>ce bourgeois V^lrqucs par Cbadeo V. Comptes oc dépenses fcu château.

a Normandie, absorbée dans le royaume de France, ne joue plus qu'un rôle secondaire ; elle 's'efface, s'affaiblit, se décolore.

C'est à peine si le château d'Arqués, dont le nom revient à toutes les pages de l'histoire de nos ducs, et sonne si haut

UY2 CHATEAf D'ARQl'tS.

au milieu du bruit de leurs guerres et de leurs querelles intestines, est mentionné, même en passant, dans les deux siècles qui vont suivre l'occupation française. Les longues années de paix intérieure qui marquèrent le règne de saint Louis et celui de ses successeurs, épaissirent encore l'ombre et le silence qui commençaient à peser sur la vieille citadelle normande. Plus de bruit, plus de retentissement d'amies, de sifflements de machines, de cris de combattants; tout est paix , calme, silence autour de ses murailles à demi désertes. La baliste, la pierrière, le mangoneau ne viennent plus les battre et les ébranler; de nouvelles lignes ne se dressent plus autour d'elle pour l'étreindre et l'affamer. L'abondance règne dans ses murs; ses portes s'ouvrent à volonté et roulent paisiblement sur leurs gonds de fer. Aussi ce n'est plus aux hommes d'armes, aux chevaliers couverts de la cotte de mailles que ses châtelains ont affaire ; c'est aux hommes d'église et aux clercs. En 1 207 rapporte la Chronique de Rouen, le maire de cette ville ayant fait saisir et emprisonner un homme du chapitre métropolitain, celui-ci, n'ayant pu

CHATELAINS D'ARQUES. 165

obtenir raison du maire, lança un interdit sur toutes les églises de la ville. Philippe-Auguste , voulant mettre fin à cette querelle , envoya plusieurs de ses barons, parmi lesquels figurait le châtelain d'Arqués, Jean de Reviers , pour* engager le chapitre à se désister de ses prétentions. Le chapitre n'en fit rien. Le maire fut obligé de céder , et même de donner pleige de l'amende qu'il avait encourue à raison de la détention de l'homme de l'église. C'est le châtelain d'Arqués qui lui servit de caution. 1

Le chapitre de Rouen, peu de temps après, dut encore un autre service au châtelain d'Arqués (c'était alors Guillaume de la Chapelle qui était revêtu de ce titre ). Voici dans quelle circonstance. De temps immémorial, le chapitre de Rouen jouissait du privilège de délivrer, le jour de l'Ascension, un prisonnier coupable de meurtre; c'est ce qu'on appelait, en Normandie, le privilège de Saint-Romain ou de la Fierté. Le chapitre ayant voulu user de ce droit, en l'an laio, le bailli du roi Philippe-Auguste, qui

• Recueil des Historiens de France , t. xvin , p. 3.W.

I«U CHATEAU D'ARQIFS.

n'avait vu pratiquer rien desemblableen France, ne voulut point remettre le prisonnier, et en référa au roi. Celui-ci, qui, lors de la capitulation de Rouen , s'était engagé à maintenir tous ses privilèges, à défaut de titres écrits que ne put lui présenter le chapitre, fit faire une enquête pour savoir si les chanoines réclamaient un droit acquis, et qui eût été reconnu par les ducs «le Normandie. I /archevêque de Kouen et le châtelain d'Arqués furent chargés de cette mission : l'enquête fut favorable à la prétention du clergé rouennais. 1

La cliAtellenie d'Arqués, lors de la conquête de la "Normandie par Philippe-Auguste, se trouvait dans la maison d'Fu; elle y était entrée par le mariage d'Alix . dernier rejeton des comtes il'iùi, avec Raoul de Lusignan, qui en avait été gratifié, soit par Richard-Caur-de-Lion, soit par son successeur. Raoul de Lusignan avait suivi la fortune de Jean-sans-Terre et avait abandonné la terre de Normandie ; le roi de France confisqua ses propriétés. Raoul étant mort à

• f artnlairc dV la cathédrale rie Rouen , a la Hil>l. de la «ilk-

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