CONDAMNATION DE SÏEUR DE CRESSONNIÈRE
« de Dieppe et Arques soubz nostre obéissance « contre les efforts, desseings, entreprinses et « menées denoz ennemvs et rebelles » Etc. 1
Peut-être aurions-nous dù terminer l'histoire du château d'Arqués avec le récit de la bataille à jamais mémorable qui lui emprunta son nom , pour laisser brdler de tout son éclat la glorieuse auréole dont elle illumina ses vieux remparts; mais nous avons pris rengagement de ne rien omettre des faits, même les plus obscurs, qui se rattachent au nom de l'antique citadelle normande. Hâtons-nous de les passer rapidement en revue ; ils nous conduiront jusqu'à nos jours.
Henri IV venait de faire son entrée dans Paris (le aa mars i5g4 ); le dernier coup avait été porté à la Ligue. Henri acheva de désarmer ses ennemis en les comblant de grâces et de bienfaits. Le Parlement de Normandie se montra plus sévère.
Le sieur de Cressonnière , qui avait été placé , par Henri III , comme capitaine du château
* Archives du Parlement de Rouen.
Nous devons la communication de cette pièce à l'obligeance de M. Floquct , conservateur de ce dépôt public.
«52 CHATEAU UARQIKS.
d'Arqués , sous l'autorité du sieur d'Kpinav , avait livré cette place aux Ligueurs , ainsi qu'on l'a vu plus haut ( p. aa/j ). Avant que le commandeur Aymar de Chaste fut parvenu à s'emparer par surprise de cette forteresse , Cressonnière , non content d'avoir faussé son serment» se livrait à toutes sortes de brigandages; prodiguant, autour de son château , l'insulte et l'outrage à tout ce qui n'était pas ligueur ; maltraitant , pillant les laboureurs, volant leurs bestiaux, ravissant et violant femmes et filles. Apre* que la province eut été entièrement réduite sous l'obéissance du roi , le parlement de Normandie décréta de prise de corps l'ancien capitaine du château d'Arqués et lui fit son procès. Il fut condamné à mort, et eut la tète tranchée à Rouen. Le même jour, une femme qui s'était associée à ses violences , en lui prostituant une jeune fille, fut pendue ».
Les capitaines du château d'Arqués ne devaient plus être occupés à pointer le canon et à lancer des arquebusades contre les Ligueurs. C'était
' Arrhive*«lu Parlement de Rouen.