RS ES
res .… = Sn.
dns } bn.
La
‘où
tion nouvelle, elle durera autant que la construction même Le ministre se souvient de ces gracieuses colonnes de marbre qui, reposant sur les piédestaux assez massifs et reliés au mur, supportent des tablettes dans la cour du château de Versailles. Le premier de ces balcons, établi au fond de la cour de marbre, date de 1670. Louvois en veut de semblables. Les balcons des deux tours de Meudon portés par quatre monolithes de marbre seront donc identiques aux balcons des pavillons latéraux de Versailles. Comme à Versailles, le marbre de Languedoc sera adopté pour les colonnes du bâtiment central, et Louvois chargera le marbrier du roi, François Deschamps de les sceller (1). La jolie teinte rose des fûts se détachant sur le rouge des briques, les panneaux de brique eux-mêmes, sertis de pierre et enrichis de consoles où reposent des bustes de marbre, donneront au ministre l'illusion d’un autre Versailles. Mais ce balcon sera généralisé sur toute la façade qui regarde la cour, et cette ceinture continue, trop saillante, soulignée par les appuis de fer forgé, appesantira les lignes du bâtiment : le pavillon central de Meudon, déjà important et pompeux, s’écrasera davantage encore. La plantation régulière de ces quarante-deux colonnes donnera de la monotonie à tout le fond de la cour et masquera entièrement les deux portiques latéraux élevés et décorés depilastres par la duchesse d’Etampes. Pour mieux les faire disparaître, le balcon dessinera sur le milieu des loggie un ressaut de quatre colonnes que rien ne justifie.
Les tourelles d’angle des pavillons et de la façade du côté des jardins subiront un traitement encore plus défavorable : chacune d’elles sera reliée au sol par un énorme cylindre à bossages reposant sur un massif cubique qui imite les bases des colonnes. Une coiffure cylindrique achèvera de défigurer les poivrières de la Renaissance. Bien des détails de moindre importance sont altérés : les plombs ouvragés à demi-gothiques des faîtes de toiture sont supprimés; les lucarnes des
Dore pavillons sont dédoublées pour correspondre avec symétrie aux fenêtres ; les pilastres en pierre de la Renaissance sont rasés et remplacés par de la brique. Partout où ils peuvent trouver place, on pose des consoles et des bustes.
Aux abords du château, d’autres transformations se réalisent. Entre la façade orientale et la balustrade de la terrasse, Louvois crée deux petits parterres en pièces de gazon découpées, au-dessus de l'Escalier d’Aristote (6).
Symétriquement s'opère un travail d'importance singulièrement plus grande. La gravure d’Aveline (fig. 8) nous montrait, avant les derniers changements apportés par Louvois, une saillie de la terrasse haute du parc. Cette partie de la gravure est, malheureusement, très fantaisiste ou, plus exactement, très réduite, comme l’avant-cour, par une fausse perspective; en effet, pour la contenir dans le cadre de son tableau, le graveur a excessivement raccourci l'extrémité du mur de soutènement orné de gaines qui, partant du Bastion des Capucins, se termine au pont du château. En réalité, ce ressaut de la terrasse haute se produit fort en avant des douves et non pas là où le situe Aveline. Dans la gravure se voient aussi quelques marches menant à un petit terre-plain allongé: ce semblant de terrasse, qui domine très légèrement l'avantcour, est bordé par le grand mur de soutènement du parc et s'intitule la « Terrasse des Marronniers » : sur sa longueur quatre rangs de marronniers alternent avec des ifs (7). Louvois conserve le ressaut de la terrasse haute, maïs il l'évideet, sans changer son aspect externe, il y installe les communs du château. Un « Plan de la Basse cour de Meudon » (6) nous y montre une « cour des offices » rectangulaire entourée de cuisines, offices et écuries pour cinquante et un chevaux. La porte de cette cour donne en face des fossés. Ses côtés sud et ouest comprennent des constructions adossées à la terrasse du parc; son côté est donne sur l’avant-cour, sa face nord sur la terrasse des marronniers. Ces deux derniers côtés ont jour
oo
PLAN 4. — Les Jardins Hauts de Meudon.
sn dE
sur l'extérieur par des baies creusées entre les gaines qui auparavant contrebutaient la terrasse et ne jouent plus désormais qu’un rôle d'apparat. Ces bâtiments considérables permettront à Louvois de retirer du château cuisines et offices précédemment cantonnés sous la galerie. Le service de table en deviendra plus compliqué et les plats, avant de paraître aux yeux du châtelain, devront traverser bien des cours et des salles : ce ne sera rien, néanmoins, en comparaison des distances que parcourent les marmitons du grand commun de Versailles (élevé de 1682 à 1684) à la table du dauphin, par exemple. Comment pourrait-on, au surplus, agencer des cuisines pour desservir une pièce déterminée, quand, suivant la qualité et le nombre des convives, le couvert est mis dans des chambres ou des salles différentes ?
D’autres annexes sont créées par Louvois : à l'extrémité de lavant-cour, près de l’avenue, le Chenil est accolé à la terrasse du parc ou plutôt il se dissimule dans un ressaut de cette terrasse (1). Il est disposé de façon presque identique à la Cour des Offices, située à l’autre extrémité de la Terrasse des Marronniers : nous y trouvons des chenils, une Cour des Chiens et des écuries pour trente-deux chevaux, des bûchers, une remise pour quatre carrosses, une « Escurie qui peut servir de corps de garde », des logernents pourle concierge, « pour le Mareschal » et « pour le Marchand de vin ».
Louvois aménage deux sorties carrossables sur Paris : l’une, peu importante etavec une pente très roide, avoisine la Pièce d’eau de Bel Air ; l’autre est la grande avenue que décorent quatre rangées de grands arbres et d’ifs alternés.
A l’est, en contre-bas de Pavenue, Louvois fait organiser un vaste potager dont les espaliers rivalisent de développement avec ceux de Saint-Cloud : sur une longueur de deux cents mètres, ils utilisent les murs des terrasses qui, avec leurs trente-quatre éperons, contrebutent l’avenue et, en outre, ils se déploient sur onze cents mètres de murs hauts en moyenne
de quatre mètres. Quatre jardins clos de murs parallèles et un terrain de forme irrégulière comprennent des planches de légumes, « une serisaye, des vergers, une Figuerie ». « L'exposition principale du potager et au levant, mais les vents du nord-ouest où il est exposé sans aucun abri rendent les productions tardives ; les poiriers y réussissent mieux que les autres fruits (7)5.
Aune très petite distance du château, tout près de l'endroit où l'Escalier du « Vois-tu-goutte » débouche dans les vignes, Louvois substitue à cinq chaumières une assezgrande demeure destinée à son régisseur ; cette maison prendra plus tard le nom de « Gouvernement » (8). Dans l'axe de la grotte, plus bas que la petite orangerie, une bâtisse d'aspect à demi-seigneurial apparaît à quelque distance de l’église (voir le dessin de Pérelle, fig 9). C’est une maison àunétage,prolongée sur la gauche par une aile unique ; la porte centrale, que surmonte un fronton, est précédée par un perron; de là, on accède à un jardinet carré qu’égaye un bassin rond à jetd’eau, cantonné de quatre parterres en broderie. Sur l'arrière et sur les côtés, s'étend un jardin de moyenne grandeur. Devant la demeure, une clôtureouverte en son milieu permet de descendre dansles parterres bas du parc par l'escalier à double révolution de «la Petite Grotte ». Nous retrouvons, dans une gravure d'Aveline, datant de 1690, le même pavillon rendu symétrique par l’addition d’une seconde aile sur la droite; tousles papiers de l’époque le dénomment : & maison de Mr Courtin ». Louvais avait acheté en 1682 cet hôtel de Claude de Guénégaud, et, en 1685, il en avait donné la jouissance à son ami intime Honoré Courtin de Chantereine, conseiller d'Etat, ancien intendant de Picardie et ambassadeur. de France. Le diplomate y vécut jusqu’en 1703, en compagnie de sa fille, Mme de Varangeville, mère de la présidente de Maisons et de la future maréchale de Villars. « C'étoit, nous dit Saint-Simon (9), un très petit homme qui paroissoit avoir
eu le visage agréable et qui avoit été fort galant. Il avoit beaucoup d'esprit, de grâces et de tour, mais rien de guindé, extrêmement l'air et les manières du grand monde, avec lequel il avoit passé sa vie dans les meilleures compagnies, sans aucune fatuité ni jamais sortir de son état. Poli, sage, ouvert quoiqu'en effet réservé,modeste et respectueux, surtout les mains fort nettes et fort homme d'honneur. Courtin avoit gagné à ses ambassades, la liberté de paroître devant le roi, et partout, sans manteau, avec une canne et son rabat. Le roi aimoit et considéroit fort Courtin, et se plaisoit avec lui, Jamais il ne paroissoit au souper une ou deux fois la semaine que le roi ne l’attaquât aussitôt de conservation qui, d'ordinaire, duroit le reste du souper ».
Les plans ne nous disent point ou était situé un autre monument, preuve aussi de l'affection que Louvois portait à ses amis, la maison du chevalier Nogent. A l’époque du dessin de Pérelle, ce n’était encore qu’un tout petit pavillon. Le dessinateur a-t-il omis dele reproduireou bien convient-il d’iden- ‘tifier cette construction avec la maison à étage, d’allure ita- Hienne, surmontée de deux pigeonniers quise voit à mi-chemin entre l'habitation de Courtin et l’église ? « Le chevalier de Nogent (10) étoit ami intime de M. de Louvois de tout temps. Il lui donna une petite maison de rien sous la terrasse à Meudon, dans une vue charmante avec un grand jardin. La dernière campagne de M. de Louvois, qui fut à Mons, où le chevalier de Nogent servit d'aide de camp duroïi, M. de Louvois quien avoit fait le projet et supputé à peu près la durée de la place, prit si bien ses mesures qu’au retour le chevalier de Nogent fut bien étonné detrouver la plus jolie maison du monde et assez grande, à la place de la sienne, bien meublée de basses-cours commodes, et ses jardins étendus et charmants. Telle étoit la magnificence et lalibéralité de ce puissant ministre pour ses amis ».
Une autre propriété plus petite, comprise entre le bas de la
terrasse et l'hôtel Courtin, avait été aménagée par Louvois ; on retrouve sur les plans, tout contre l’orangerie basse, cette maison avec:parterres minuscules et son bassin : c’est la demeure de M. de Bellon, secrétaire intime du ministre de la Guerre.
Louvois avait fait encore bâtir, à l'intention de M. de Tourmont, son commis principal pour la solde (11), une grande maison (fig. 15) dont le vaste jardin d’agrément et le beau potager se trouvaient au pied du bois de Clamart. Cette construction, appelée d’abord Hôtel de Tourmont, puis château de Fleury, jouissait d’une très belle vue sur le Val, la partie des jardins bas, dite le fonds d’Artelon, l’église et le château de Meudon (plan 3). ;