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Inscription du portail de la grotte de Meudon

Le texte d’une estampe éditée « chez J. Mariette, rue Saint-Jacques, à la Victoire » porte « La Grotte de Meudon à main droite, à côté du château. Le cardinal de Lorraine la fit élever dans le siècle passé sur les dessins du Primatice : et en dedans elle fui embellie d’un grand nombre de peintures de Messer Niccolo, peintre de François °°, qui ne s’y voient plus, aussi bien que plusieurs Bustes et Statues antiques avec des Fontaines, et surtout un pavément à la mosaïque presque le seul qu’on ait veu en France. L’architecture en est rustique ».

La topographie de Claude de Châtillon, gravée vers 1610, donne deux vues très fantaisistes de Meudon, une de la grotte et l'autre du château. Les constructions latérales de la grotte ont perdu leur couverture (peut-être se terminaient-elles autrefois par des terrasses accessibles du plateau ?) L’aspect des parterres carrés, chacun planté d’un if en son milieu a gardé la saveur naïve des jardins du xvi® siècle.

Israël Silvestre a donné deux reproductions excellentes de la grotte, vue de face et de côté. L’extérieur du bâtiment central est intact ; il possède encore toute sa décoration sculptée ÿy compris le Bacchus et la Minerve de marbre dont les ‘silhouettes apparaissent dans les niches. On distingue le cartouche portant la dédicace aux muses d'Henri Il entre les bustes de Platon et d'Aristole.

Bien d’autres graveurs ont reproduit la grotte de Meudon. Parmi eux, Jean Marot (Recueil des Plans Profils et Elevations des plusieurs Palais Chasteaux Eglises Sépultures grotes et Hostels etc...), en 1639, mérite, par sa fantaisie une mention particulière. Démenti par tous les autres documents écrits et figurés, il donne à la grotte des dimensions inyraisemblables, d’ailleurs incompatibles avec la topographie du jardin de Meudon. C'est bien la construction délirante qu’imagine Vasari au récit grandiloquent des ouvriers italiens qui y ont travaillé... « un immense palais appelé la grotte tellement étonnant de grandeur, qu’à la ressemblance d'édifices antiques analogues, il mérite le nom de Termes par l’infinité et la grandeur des galeries, escaliers, salles publiques et privées qui s'y trouvent ». Cet édifice, qui n'est pas sans analogie avec le Pavillon de l’Horloge du Louvre, repose sur un soubassement devenu un immense étage à ressauts, qui semble se prolonger au-delà de la gravure. Cette galerie, imitée du palais Pitti, repose sur un autre étage tout en bossages, dont les niches contiennent un peuple de stalues.

M. Maurice Roy, dans son article « Le Primatice à Meudon » (Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France. 1917, p. 43-53) a pris ces rêves d'architecte pour des réalités : « La façade de la grotte dessinée

par Jean Marot, écrit-il, diffère quelque peu (!) de la façade primitive dont

nous avons donné plus haut la description. Sans doute, à la suite des détériorations éprouvées à la fin du xvre siècle, le monument aura subi des modifications qui entraînèrent notamment la suppression des statues des Vertus et des ornements décoratifs placés sur les plinthes (2). On remarque encore des niches renfermant des statues qui s’alignaient au rez-de-chaussée et étaient disposées çà et là aux étages supérieurs ». Les Vertus n’avaient pas disparu à la fin du xvwie siècle : elles ornent encore le pavillon central après la restauration et la décoration nouvelle de la grotte par Servien. M. Roy n’a pas connu les plans de la grotte dessinés nar l’atelier de Mansart pour le grand dauphin (Biïb. Nat. Topographie de France, Article : Meudon). Ceux-ci concordent parfaitement avec toutes les vues anciennes de la grotte, celle de Marot exceptée.

11. « Maisitre Jacques, natif d’Angoulesmes, qui, l’an 1550, s’osa bien parangonner à Michel-Ange pour le modèle de l’image de sainct Pierre, à Rome, et de faict, l'emporta lors pardessus luy au jugement de tous maistres, mesmes Jlaliens... de luy un Automne de marbre qu’on peult voir en la grotte de Meudon, si au moins il y est encore, car je l’y aï veu autres fois, ayant esté faict à Rome, aultant prisé que nulle aultre statue moderne ». « Images ou Tableaux de plate peinture de Philostrate, Lemnien, mis en françois par Blaise de Vigenère. » Paris, 1597.

12. Lettres de Catherine de Médicis, publiées par le comte Hector de la l'errière. Paris-Imprimerie Nationale. 1880. p. 210. note.

13. Laborde, op. cit. T. I, p. 42r. Jean Le Roux aura probablement exécuté la mosaïque du sol de la grotte. C'était un artisan de second ordre, expert en cette sorte de travail (R. Kæœchlin et J. J. Marquet de Vasselot, La Sculpture à Troyes et dans la Champagne Méridionale.au X VIe siècle. Paris- Armand Colin, 1900, p. 318).

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