CHAPITRE PREMIER
20. Voici comment est formulée la légende dans le Siècle de Louis XIV: « Cette apothéose d'Hercule était une flatterie pour le cardinal Hercule de Fleury, qui n'avait rien.de commun avec l'Hercule de la Fable. Il eut mieux valu, dans le salon d'un roi de France, représenter l'apothéose de Henri IV ». {Œuvres de Voltaire, éd. Beuchot, t. XIX, p. 23o).
21. Nonnotte, /. c, p. 534- Le sculpteur Vassé n'assista pas à l'inauguration définitive du Salon d'Hercule; il était mort le premier janvier 1736, âgé de cinquante-trois ans.
22. Œuvres de Voltaire, éd. Beuchot, t.XX, p. 33o (Siècle de Louis XIV). Nonnotte, Z.c.,p. 53 1 .
23. Lépicié a composé un livret explicatif au moment de l'achèvement de son œuvre (huit pages imprimées par J. Collombat, réimprimées en 1752, à la suite du discours de Caylus, et par A. de Montaiglon dans la Revue universelle des Arts, t. XIV, p. 197). Le peintre comprenait ainsi son sujet : « L'amour de la Vertu élève l'homme au-dessus de lui-même et le rend supérieur aux travaux les plus difficiles et les plus périlleux. Les obstacles s'évanouissent à la vue des intérêts de son Roi et de sa patrie; soutenu par l'honneur et conduit par la fidélité, il arrive par ses actions à l'immortalité. L'apothéose d'Hercule nous a paru propre à développer cette pensée. Ce Héros, pendant le cours de sa vie, ne fut occupé qu'à s'immortaliser par des actions vertueuses et héroïques; et Jupiter, dont il avait été l'image sur la terre, couronne ses travaux dans le ciel par le don de la Divinité dont il lui fait part... »
24. Archives Nationales, O1 1773. Ces dessins ont été reproduits dans la Galette des Beaux-Arts de 1896, t. II, p. 3g, dans Le Château sous Louis XV, p. io3, et dans le livre du comte de Fels, Ange-Jacques Gabriel, 1698-1782, Paris, 1912, p. 176.
25. La destruction de la chambre de la Reine en 1884 est racontée, d'après les papiers de Nepveu qui avait essayé de s'y opposer, dans la Galette des Beaux-Arts citée, p. 49, et Le Château sous Louis XV, p. 116. On a retrouvé, dans les magasins du service d'architecture, les quatre panneaux étroits qui entouraient les glaces démolies; deux ont pu être restaurés pour compléter une partie importante du décor sacrifié si fâcheusement par Louis-Philippe.
26. La cheminée avait été posée en 1725 (Archives Nationales, 0'2225).
27. Archives Nationales, 0'2235-2236. Le second sculpteur se nomme Gervais.
28. Archives Nationales, 0«2235. V. André Michel, Fr. Boucher, Paris, 1889, p. 34; Nolhac, Fr. Boucher, premier peintre du Roi, Paris, 1907, p. 22; et les reproductions des peintures de l'artiste aux en-tête des chapitres de La reine Marie Lecjinska, Paris, 1900.
29. La Martinière ajoute qu'au milieu de la mosaïque est « un écusson des armes du Roi et de la Reine qui en font la pointe »; cet écusson n'a pas été conservé. Les dessins de Gabriel montrent aux angles des voussures des griffons ailés. Pour les remaniements du plafond dûs à Rousseau, v. plus loin, p. 1 36.
30. Saint-Yves, Observations sur les arts, Leyde, 1748, p. 137.
3i. Sous Louis XIV, les autels devaient être dédiés à saint Louis, à sainte Thérèse, « patronne de la Reine », à sainte Anne, « patronne de la Reine-Mère », à N.-D. des Victoires, « patronne de Madame La Dauphine », à saint Philippe, « patron du roi d'Espagne », à saint Charles, « patron de Mgr le duc de Berry », à Sainte Adélaide, « patronne de Madame la duchesse de Bourgogne », enfin à saint Denis et à sainte Geneviève, patrons de la France et du diocèse de Paris. Ainsi s'expliquent les choix maintenus pour la plupart sous Louis XV. Les sculpteurs désignés furent Sébastien Slodtz (pour l'autel de saint Louis), P. Le Pautre, Chauveau, Vassé et Cayot, chargé des bas-reliefs de quatre autels. La question des bas-reliefs de bronze de la Chapelle a été débrouillée de la façon la plus claire par M. Louis Deshairs, dans un article de la Revue de l'art ancien et moderne, t. XIX, 1906, p. 217-230.
32. La diversité du style des bas-reliefs est frappante. M. Deshairs observe, à ce propos, que le paiement réduit du morceau des Slodtz ne saurait être celui d'une œuvre originale spécialement
commandée à ces artistes. Je peux appuyer sa remarque sur le bas-relief attribué à tort à Verberckt, par un parfait paiement fait au sculpteur de 3.700 livres, le 6 mars 1747, sur les fonds du département de Choisy, « pour les bas-reliefs (sic) de la Chapelle de Versailles » et aussi d'autres travaux exécutés à Choisy (Archives Nationales, C2244, fol. 292; 2246, fol. 228). Les Comptes des Bâtiments font connaître le prix exact payé à tous les autres auteurs des bas-reliefs posés en 1747, sur lesquels ils ont reçu leurs premiers acomptes dès 1743 (0'2243). Deux ouvrages sont l'objet d'un paiement moins important, ce sont les bas-reliefs de Guillaume Coustou le fils, de dimensions moins grandes que les autres, et celui de Claude Francin, exécuté peut-être d'après le modèle de Pierre Le Pautre, pour l'autel de la Communion adossé au maître-autel et enlevé par Gabriel, quand on a mis en face la chapelle du Sacré-Cœur. Voici la liste définitive, dressée le 16 février 1747, des paiements faits le 6 mars de la même année:
« Au sieur Bou chardon sculpteur, 2. 91 1 livres S sols, pour faire avec 2.000 à lui ordonnés à-compte, savoir 5oo livres sur l'exercice 1737, 5oo livres sur l'exercice 1739, 5oo livres sur l'exercice 1742 et 5oo livres sur l'exercice 1744, le parfait payement de 4.91 1 livres S sols, à quoi monte un bas-relief représentant saint Charles, qui dans une procession solennelle demande à Dieu la cessation de la peste qui aflligeait la ville de Milan, qu'il a fait et posé à un des autels de la Chapelle du Château de Versailles, pendant la présente année 1747, suivant un mémoire certifié, déduction fjite sur ledit mémoire de i3S livres 12 sols pour bronze provenant des magasins du Roi et resté audit sieur Bouchardon. — Aux sieurs Slodtz, 2.642 livres 10 sols..., pour trois bas-reliefs représentant saint Louis servant les pauvres, adorant la Vraie Croix et pansant les blessés, qu'il a (sic) faits et exposés à un des autels de la Chapelle... — Au sieur Adam l'aîné, 4.077 livres 6 sols..., pour un bas-relief représentant sainte Adélaïde, et deux petits vases, faits et exposés à un des autels de la Chapelle... — Au sieur Adam le jeune, 4.3o5 livres iS sols..., pour un bas-relief représentant le martyre de sainte Victoire... — Au sieur Ladatte, 4.027 livres 6 sols..., pour un bas-relief représentant le martyre de saint Philippe... — Au sieur Vinache, 4-940 livres 6 sols..., pour un modèle demausolée de feu M. le cardinal de Fleury et un bas-relief en bronze représentant la mort de sainte Thérèse... — Au sieur Francin, 1.6S0 livres..., pour un bas-relief en bronze représentant les trois Maries venant au tombeau pour embaumer le corps de Notre-Seigneur... — Au sieur Coustou, 2.275 livres..., pour un bas-relief représentant la Visitation de la Sainte Vierge... » (Archives Nationales, C2247, fol. 335 et suiv.).
33. Archives Nationales, 0'2237-2242. Les modèles de Neptune paraissent avoir été payés aux sculpteurs 2.500 livres. Celui d'Adam a été seul exposé au Salon de 1737. Le parfait paiement de Bouchardon doit se confondre dans ceux qui règlent les nombreux ouvrages faits par cet artiste pour le service du Roi. D'après un mémoire écrit de sa main, ses groupes furent commencés le 4 juin 1736, finis le 9 octobre 1739 (A. Roserot, Bouchardon, Paris, 1910, p. 46).
34. Cette inscription est gravée deux fois, sur la queue d'une baleine et au bas d'un pli de la grande coquille.
35. La fonte générale des ouvrages de Neptune est due à Monthéan. Le Triomphe de Neptune a employé pour 1 i5.5io livres de plomb ; le groupe de Y Océan, 63.83 1 livres; celui de Prolée et les deux dragons de Bouchardon, 73.35o livres. Au total, la comptabilité des Bâtiments enregistre une fourniture de 249.691 livres de plomb. Il faut y joindre environ 60.000 livres de vieux plomb pour la canalisation et les réparations des vases et coquilles (Alfred Leclerc, Le Bassin de Neptune à Versailles, Versailles, 1S99, p. 27).
36. Adam écrit, le 25 décembre 1742, à Philibert Orry : « Monseigneur, Plaise à Votre Grandeur d'accorder à Sigisbert Adam, à la fin de cette année 1742, le parfait payement du groupe de Neptune, qu'il a composé et exécuté à Versailles dont la somme totale est partagée entre deux frères associés pour cet ouvrage. Il a fait des représentations l'année dernière à Votre Grandeur à ce sujet ; il laisse à Votre Grandeur le tout entre ses mains, s'il lui plait d'accorder telle gratification qu'il lui plaira en achevant le parfait payement. Jusqu'à présent, il n'a pu parvenir à payer les dettes, à beaucoup près, dans lesquelles ce grand ouvrage l'a jeté, qui a été achevé en 1740. 11 prie Votre Grandeur de