CHAPITRE DEUXIÈME
-sur le devant de la loge, il y a au moins neuf ou dix places, fort commodes pour le Roi, la Reine et toute la famille royale.. . Derrière le service, une espèce de banc fort long dans lequel on met des pliants pour dix ou douze dames... » On descendait autrefois dans la loge de la Reine par un petit escalier, dont le tambour s'ouvrait « dans le salon au-dessus de la comédie » [salle 146]. En 1757, ce salon devient la Salle des Cent-Suisses, sur laquelle Luynes donne divers détails (t. XVI, p. 32 et 348). A cette occasion, « tous les petits marchands qu'on avait soufferts depuis longtemps à Versailles, depuis l'escalier de la galerie des Princes jusqu'à la salle des Gardes, se •sont retirés ».
19. La mise en état de la salle de Comédie "st de 1762. Au mois de septembre, le Roi y a destiné 16.000 livres (Archives Nationales, O1 2262). Elle s'achève en décembre (O1 1785). Des bals y sont donnés par Louis XV, les dimanches, à partir du 16 janvier 1763, et le Premier gentilhomme en fait les honneurs. La Reine y assiste dans sa loge. Les invités sont admis par le rez-de-chaussée de la cour des Princes (Le Château sous Louis XV, p. 264-266). La jolie estampe de Martinet! d'après M. -A. Slodtz, représente le « Bal du Mai » dansé dans cette salle au carnaval de 1763.
20. Le théâtre élevé au manège à l'occasion du premier mariage du Dauphin (23 février 1745) est représenté dans un des célèbres dessins de Cochin, gravés par lui, qui sont au Louvre. On donne dans le présent volume un détail de l'étude architecturale moins connue, due à Slodtz et animée de petits personnages de Cochin, ainsi que le dessin de Cochin montrant la salle transformée pour le bal. Sur l'usage fait de cette belle salle de spectacle, on consultera Luynes, t. VI, p. 297, 3i8, 322, 326, 333, surtout p. 340, et t. VIII, p. n3, 1 16. Croy en parle à propos du second mariage du Dauphin (t. I, p. 7S) : « Il y avait un rang de loges que l'on ôtait et, en vingt-quatre heures, d'une grande salle d'opéra on en faisait une tout autre, superbe, de bal, avec beaucoup de glaces et parfaitement éclairée ».
21. Argenson, t. VI, p. 91. Le Normant de Tournehem était directeur général des Bâtiments depuis décembre 1745, avec M. de Vandières pour survivancier. Gabriel fut fait au même moment inspecteur général des Bâtiments (Luynes, t. VII, p. i5i, 200).
22. Blondel, qui marque, dans son plan de l'aile du Nord, l'appartement de la princesse de Conti 2e douairière au pavillon de l'avant-corps, n'y fait pas figurer la Salle des ballets ; mais au plan général, qui est fort postérieur et gravé en 1755, on la trouve indiquée avec sa scène, dans une forme d'ailleurs différente de celle qui a été réalisée. C'est le premier projet, celui auquel pense Blondel, quand il parle, en 1756, du théâtre « qui se construit actuellement sur les dessins et sous la conduite de M. Gabriel, premier architecte du Roi, et dont la disposition, la grandeur et la décoration annoncent le plus grand succès ». Gabriel avait fait graver son projet dès 1753.
23. Le Château sous Louis XV, p. 210. Comte de Fels, Ange-Jacques Gabriel, p. 89. En janvier 1757, on relève dans Luynes (t. XV, p. 392) l'attribution à l'abbé de Bernis, ministre d'Etat, du logement du maréchal de Belle-Isle à côté de la Chapelle, « avec une cuisine que l'on construira auprès de l'endroit destiné pour la Salle des spectacles ».
24. Journal de Papillon de La Ferlé, publié par E. Boysse, Paris, 1S87, p. 204, 21 3.