‹ Histoire du Château de Versailles: Versailles au XVIII e siècleChapitre 55 sur 61 · CHAPITRE SIXIEME 2l · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME 2l

4. On devait cette économie à la dame d'honneur de la Dauphine. Lécuyer l'apprend à Marigny, dans son rapport du 10 septembre 1772 : « Au commencement de cette année, Madame la Dauphine ayant désiré une bibliothèque, je dis à Madame la comtesse de Noailles qui m'en parla que c'était une dépense de dix millions au moins; ce prix lui en parut trop cher apparemment, n'ayant plus été question que de tablettes unies seulement. »

5. Archives Nationales, O ' 1069. Le devis de Gabriel, du 16 septembre 1772, monte à 15.127 livres. La sculpture y est comprise pour 4.500 livres; les impressions et dorures des bordures des glaces sont comptées pour 700 livres ; « si l'on dorait le tout, il en coûterait plus de 3.000 livres ».

6. Rapport de Lécuyer, du 22 août 1773 : « Les lieux à l'anglaise de Madame la Dauphine sont faits, ainsi que la dorure de sa bibliothèque et celle de Madame la comtesse de Provence» (O1 1804).

7. Le billard delà Reine fut fait dans l'été de 1776; on remit à neuf en 1777 son cabinet de toilette (près de l'Œil-de-Bceuf) et sa « garde-robe à chaise » (O1 1802).

8. Archives Nationales, O1 1773. Une note de service du directeur général figure, sous la même date, dans un autre dossier (O1 1804) : « Je renvoie à M. Mique les élévations de la Bibliothèque de la Reine, en le chargeant de vérifier précisément ce que Sa Majesté désire, et de former en conséquence le? plans ainsi que le devis, dont la dépense mérite d'être spéculée avec attention, et d'autant plus qu'elle est assurément inévitable; d'ailleurs, M. Mique étant particulièrement à portée de s'assurer des désirs de la Reine, c'est une raison de plus de lui confier cette partie ». A la lettre de M. d'Angiviller est jointe la note suivante : « Pour la Bibliothèque de la Reine, on fera tous les bâtis avec les parquets de derrière du dessus de la corniche seulement, les autres anciens qui sont en place devant resservir ainsi que les côtés, tablettes et fonds. La corniche sera sculptée, c'est-à-dire les deux membres du haut seulement, et ne passera pas sur les croisées. Elle sera retournée en saillie sur les armoires entre les deux susdites croisées. — Nota. Cette besogne a été ordonnée par M. Heurtier, le 20 avril 1779; elle est entièrement faite ainsi que le modèle pour donner au fondeur. M. Rousseau a entre les mains la corniche pour la sculpture. »

9. Cette niche vient s'adjoindre au cabinet de Marie Leczinska, qui semble jusqu'alors conservé. Les nouveaux « lieux à l'anglaise » ont remplacé l'oratoire de la bonne Reine. La salle de bains existe déjà à cette époque, ouvrant seulement sur la petite antichambre et sans communication directe avec la pièce des femmes de la Reine, qui deviendra en 1783 bibliothèque de supplément. La <c chambre de bains » voisine, aujourd'hui tendue de soie jaune, est celle où la princesse de Lamballe, comme surintendante de la Maison de la Reine, a dormi pendant les premières couches de Marie-Antoinette.

10. Archives Nationales, O' 1802. Lettre de Mique du 14 juin 1780 à M. d'Angiviller: « Après avoir reçu vos ordres pour la bibliothèque de la Reine et vous avoir présenté le modèle de l'assemblage et des châssis, l'exécution s'en est suivie au point que le tout est actuellement entre les mains du doreur, pour les parties qui doivent être dorées. Cette bibliothèque, dont M. Campan me paraît être chargé pour ce qu'elle contient, [ne devant être] posée que pendant une absence suffisante de la Cour, Sa Majesté a bien voulu m'en parler de cette manière ces jours derniers. » (O1 i8o3). Au mois d'août, Mique demande un atelier au Château pour son doreur: « Monsieur le Comte, Jff.. Dutems aurait besoin d'un endroit pour achever de dorer la bibliothèque de la Reine ; il serait même nécessaire de l'assembler avant qu'elle soit à demeure, de manière qu'on pût la mettre en place sans avoir à y retoucher, dans la première absence que Sa Majesté fera. Pour cet effet, M. le Comte, je ne vois que la salle des gardes attenant au foyer de l'Opéra, dans laquelle le menuisier et le serrurier iront sous votre agrément assembler cette bibliothèque ». Dutems ne reçoit en 1781 qu'un acompte de 3. 000 livres ; mais ses paiements pour 1783, année de l'exécution du « cabinet doré » de Marie-Antoinette, dépassent la somme de 5o.ooo livres (0'2424", O" 2424l6cl«J. Il lui reste dû au 3i décembre l'énorme somme de 146.152 livres (0' 1764 B).

11. Rapports de l'inspecteur Heurtier du 8 avril et du i5 mai 1781 (Archives Nationales, O" 1806).

12. Campan écrit, le 20 avril 1781, au comte d'Angiviller : « Les principes de M. le directeur général étant qu'il soit fait par MM. les intendants des Bâtiments du Roî une estimation des ouvrages de menuiserie ou autres que l'on détruit et refait au Château et qu'ils soient vendus au compte de Sa Majesté, Campan prie M. le comte d'Angiviller de le recevoir pour adjudicataire, selon l'estimation de MM. les Intendants, de la décomposition de la Bibliothèque de la Reine dont Sa Majesté a ordonné la reconstruction. » Ce mémoire de Campan est du 20 avril 1781. Les matériaux de la bibliothèque lui furent accordés au prix d'estimation de 1.866 livres 18 sols (Archives Nationales, O ' 1806).

i3. Une lettre de Campan, du 1 1 février 1784, à M. d'Angiviller, fait connaître que le mémoire de Martial pour la nouvelle bibliothèque a été vérifié par les jurés du bureau des relieurs de Paris (Archives Nationales, O1 1807).

14. Archives Nationales, O1 2424", O* 2424". Les noms sont certains; mais il est impossible de connaître le prix exact des ouvrages, la comptabilité étant devenue très sommaire dans les registres conservés pour la fin du règne et les désignations de lieux n'y figurant plus. Les frères Rousseau n'ont été payés de leurs travaux de 1781 qu'au cours des années suivantes, sans spécification. Pour la ciselure de la même année, on trouve des acomptes, montant à la somme de 19.673 livres versés à la veuve Forestier, mais seulement en 1785 et 1786. Au 3i décembre 1783, la dette générale des Bâtiments envers l'atelier Forestier ne s'élevait pas à moins de 103.224 'ivres (O1 1764e).

i5. V. Nolhac, Versailles au temps de Marie-Antoinette, Versailles, 1889, p. 40. On trouve un état de 64 glaces blanches pour la nouvelle bibliothèque, signé de Mique le 25 mars 1781, et un état de 6 glaces au tain pour le nouveau cabinet, signé de Heurtier le 24 avril. Une bordure de glace surmontée d'une coquille entourée de roses, aujourd'hui posée dans la bibliothèque de supplément, porte cette inscription : « Bordure d'une cheminée d'un cabinet de chez la Reine, du 3o avril 1781 ». Les états mensuels de situation des travaux mentionnent la bibliothèque et le cabinet jusqu'au mois d'août (O1 1806).

16. Le petit cabinet de Trianon est de 1787 (G. Desjardins, Le Petit-Trianon, p. 322). Le chiffre MA rappelle celui que l'atelier Forestier a ciselé pour les verrous de la méridienne de Versailles. On lit dansun état des travaux de Trianon pour 1788 : « La Reine ayant en 87 fait changer une partie de la boiserie de son cabinet pour qu'il fût décoré en arabesques, on présume qu'Elle ordonnera le même changement pour sa chambre à coucher, dans laquelle on doit mettre un nouveau lit, que l'on brode à Lyon. »

17. Ces indications, jointes à l'existence d'un escalier adossé à l'escalier Fleury et montant directement aux Cabinets de la Reine, expliquent l'accès des intérieurs. On peut reconstituer notamment la scène fameuse de l'expulsion de Lauzun racontée par Madame Campan qui prétend y avoir assisté. Lauzun est entré par la première antichambre [salle 117] et la petite antichambre sombre dans la pièce basse, par où les femmes de chambre l'ont introduit au « cabinet doré ». Peu de temps après, la Reine rouvre la porte et dit : « Sortez, Monsieur! » Madame Campan, qui est dans la pièce des femmes de chambre », voit Lauzun s'incliner profondément et disparaître par la porte à gauche de la cheminée, tandis que Marie-Antoinette, sur le seuil de son cabinet, jette son ordre irrité : « Jamais cet homme n'entrera chez moi ». (Mémoires, t. I, p. 168).

18. Ces dessins, probablement de Heurtier, sont dans le carton O1 1773. Ceux de la niche de glaces et du côté de la cheminée ont été reproduits dans la Galette des Beaux-Arts de 1896, t. II, p. 89 et 93. Combien plus intéressants seraient les dessins des frères Rousseau, tels que celui qu'on rencontrait dans un de leurs recueils avec ce titre : Elévation du côté de la porte du nouveau cabinet de la Reine, 4 août 17 83. (Cité par A. de Champeaux, Histoire de la peinture décorative, Paris, )8yo, p. 284).

19. Rapports de Le Roy et de Heurtier à M. d'Angiviller (O1 1807). Dutems estime à 11.000 livres le travail du cabinet particulier « à dorer d'or fort taillé bruni rechampi au blanc de plomb ».

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