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PROJET POUR LE HAUT-RELIEF DE L'OPÉRA DE VERSAILLES

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« Helvétius amena le confesseur dans les Cabinets de la Reine ; on vint l'avertir dans sa chambre que son confesseur la demandait; elle s'en alla, les larmes aux yeux. Elle resta tout au plus une demi-heure dans ses petits cabinets et, repassant par son antichambre, elle alla tout de suite dans son petit appartement, fondant en larmes. Elle entra dans le cabinet de cet appartement; elle vit quelque temps après Madame de Luynes, Madame de Villars, M. de la Motte et Madame de Saint-Florentin , qui n'était pas habillée et à qui elle dit cependant de l'attendre dans sa chambre... A six heures et demie, le Roi arriva chez la Reine et resta près de cinq quarts d'heure tète à tête avec elle » '4. Ce petit appartement servait de pied à terre dans la journée au roi Stanislas, pendant ses séjours à Trianon, mais sans cesser d'appartenir au comte de Clermont, qui demandait alors à la Reine la permission d'y coucher.

Les Cabinets de Marie Leczinska prennent leur forme définitive en 1746 et 1747. Plusieurs sont refaits à neuf. Derrière la chambre à coucher, il en est un « à niche et à pans », la méridienne, boisée par Verberckt, où des tableaux de dévotion tiennent la place des deux glaces. A côté sont l'atelier ou « laboratoire de la Reine », avec des boiseries du même Verberckt, et la chambre de bains, confiée « pour la sculpture à M. Rousseau » '5, où Natoire plaçait deux tableaux estimés chacun 750 livres : « Un Concert champêtre et Une bergère et sa compagne, sujets pris des Églogues de M. de Fontenelle. » Pour le grand cabinet intérieur, qui suit les bains, on a les dessins de la décoration, où Gabriel a mis à l'échelle avec bonheur des motifs de la chambre à coucher ; dans les cadres chantournés placés au-dessus des portes à double battant, on peut avec certitude imaginer le délicieux portrait de Madame Henriette en Flore, tressant une couronne de fleurs, et celui de Madame Adélaïde en Diane, toiles de Nattier ayant figuré dans les cabinets de la Reine 1{'. Marie-Antoinette a trouvé en place ce bel ensemble, et a dû jouir en cet état du Cabinet de Marie Leczinska, pendant ses premières années.

Le Cabinet particulier était entouré de tout petits réduits. Le « boudoir » étroit existant encore du côté de l'antichambre du Roi est ici la seule partie du décorde l'époque qui ait échappé à la transformation du temps de Louis XVI'7. Encore ignorons-nous le moment où l'on a peint les scènes champêtres des sept panneaux, presque entièrement détruites par les badigeonnages de Louis- Philippe. Il est regrettable d'avoir perdu un exemple unique à Versailles de

ces cabinets revêtus de vernis, dont les textes parlent fréquemment. On goûte encore la gracieuse idée du décorateur, qui a colorié les bouquets sculptés au voisinage de bouquets simplement peints; des fleurs analogues se trouvaient, en 1741, dans le grand cabinet attenant, et La Martinière les dit « taillées sur les moulures, peintes au coloris en naturel ».

Les oratoires de Marie Leczinska sont décorés de tableaux de Coypel. Sa « garde-robe de commodité », refaite en 1 73 1 , est « en blanc, les moulures en bleu, ornée des estampes peintes par la Reine et de deux glaces ». En 1 753, d'autres ordres sont communiqués par Lécuyer à Marigny : « La Reine me fit venir hier pour prendre des mesures dans un de ses Cabinets , désirant d'y avoir des tablettes chantournées,sur une des glaces, avec des montants en palmiers à la place des bordures, le tout dans le même goût de ce qui lui a déjà été fait à un des bouts de ce même cabinet; présumant, Monsieur, votre empressement à satisfaire Sa Majesté, j'y ai fait commencer sur-le-champ ». Mais la pièce la plus intéressante est le « laboratoire », appelé plus tard « Cabinet des Chinois ». L'abbé Proyart y décrit ainsi les occupations de Marie Leczinska: « Au sortir de son dîner, elle donnait encore des audiences. Elle entrait ensuite dans ses appartements, où elle s'amusait à jouer de quelque instrument, à peindre au pastel ou à faire usage d'une fort petite et fort jolie imprimerie. Elle ne peignait que des tableaux de dévotion, dont elle faisait présent à des communautés religieuses et à des personnes qui avaient le goût de la piété... Elle imprimait, pour les distribuer comme ses tableaux, des prières, des sentences et des maximes de morale ». Madame Campan conte assez plaisamment la façon dont Oudry, maître de peinture de la Reine, préparait, corrigeait, complétait un travail que Sa Majesté s'imaginait naïvement avoir fait elle-même. La décoration de son petit atelier fut exécutée dans ces conditions, à l'époque où son goût se porta, avec celui du public, vers les objets de la Chine"-1. Les laques, les ivoires, les menus bronzes abondaient chez elle; elle faisait même tendre ses bains, en mai 1764, des « papiers de la Chine » devenus la grande mode du temps. Quatre copistes du Cabinet du Roi peignirent pour elle huit sujets chinois 20. Mais elle voulut mettre de sa main, sur les panneaux de son « laboratoire », des scènes évoquant l'évangélisation des Chinois par les Jésuites et sa dévotion particulière pour saint François- Xavier. La valeur de ces peintures anecdotiques est fort médiocre. Lorsque la Reine les légua par son testament à la comtesse de Noailles, la priant de les con-

server« par amour d'elle », la bonne dame d'honneur regretta peut-être les louanges obligées qu'elle en avait dû faire; l'acceptation du legs entraînait, en effet, de fortes dépenses, et les Noailles demandèrent par dédommagement les boiseries et les glaces du Cabinet. Ces détails sont dans un billet du comte adressé à M. de Marigny, le 17 juillet 1768, du petit château royal de Saint-Hubert: « Le Roi veut que Madame la comtesse de Noailles fasse bâtir un cabinet à Paris pour placer le Cabinet des Chinois, que la Reine lui a laissé et qui n'a d'autre mérite que d'avoir été peint par la Reine. Comme tout tient aux bâtiments et qu'il y a des glaces qui en sont, j'avoue (entre nous soit dit) que la dépense de dix mille francs m'affligerait un peu, surtout s'il n'y a que les Jésuites peints et les Chinois, et que tout ne soit possible à transporter comme il existe à présent, ce qui ne se peut sans votre attache; nous ne demandons rien »2'. Louis XV accorda la grâce de transporter le tout, et « Madame de Noailles, depuis maréchale de Mouchy, fit construire un pavillon de plus à son hôtel du faubourg Saint-Germain, pour y placer dignement le legs de la Reine ». Comme la dame d'honneur recevait également les meubles et les tableaux qui garnissaient la pièce, elle put rétablir dans l'état où elle l'avait vu le « Cabinet des Chinois », installé depuis au château de Mouchy.

Les aménagements du nouveau musée et la création des salles de peinture du dix-huitième siècle ont rappelé l'attention sur des salons bien oubliés du rez-dechaussée du Château, qui en furent autrefois une des parties les plus brillantes. Sous les Grands Appartements du Roi, s'étendent ceux qui, après avoir été jadis l'appartement des Bains, puis l'habitation de la comtesse de Toulouse et du duc de Penthièvre, furent partagés entre Madame de Pompadour et les filles de Louis XV, au moment où la marquise, n'étant plus que l'amie du Roi, quitta pour cette honorable installation le logement « d'en haut », où elle avait vécu ses années de favorite. Les chroniques sont pleines d'allusion à ce changement de logis, qui signifiait un changement de situation, et les dossiers du service des Bâtiments renseignent sur les travaux d'aménagement, qui durèrent du mois de mai au mois de novembre 1750. Les meubles les plus exquis, les soieries de Lyon et les tapisseries de Beauvais ornaient ces riches salons sculptés par Verberckt et ce cabinet de laque rouge, décoré des vernis de Martin, qui entendit tant de confidences et de secrets d'Etat. C'est là que la marquise mena sa vie, toute remplie par

la politique et les affaires, qui acheva de ruiner sa santé défaillante. Elle y mourut, le 14 avril 1764. A l'étroit entresol au-dessus de ses bains, habitait le docteur Quesnay, premier médecin ordinaire du Roi. Marmontel a joliment conté ses dîners d'encyclopédistes et comment la marquise, « ne pouvant pas engager cette troupe de philosophes à descendre dans son salon, venait elle-même les voir à table et causer avec eux »22. Nous avons retrouvé l'emplacement exact du logement de Quesnay, dont les fenêtres donnent sur une petite cour, en face de celles du Roi; nous désignons le seuil que franchissaient familièrement Diderot, d'Alembeit, Duclos, Buffon, Helvétius, pour ces libres réunions procurées par l'amitié, à quelques pas du monarque qui supprimait V Encyclopédie.

Voisines de Madame de Pompadour, Mesdames occupaient alors les pièces faisant l'angle de ce rez-de-chaussée et d'autres qu'on avait créées pour elles par des cloisons établies dans la Galerie Basse. Quand Madame Adélaïde vint, en 1769, rejoindre ses sœurs, elle eut précisément l'ancien appartement de Madame de Pompadour, considérablement remanié suivant ses propres désirs. La décoration la mieux conservée de cette époque est celle du salon situé sous celui de la Guerre et que Verberckt avait exécuté, en 1763, pour Madame Victoire23. Il fut, vers la fin du règne de Louis XV, le salon commun de cette princesse et de Madame Adélaïde, et leurs portraits par Madame Labille-Guiard sont venus depuis peu d'années y ramener leur souvenir.

Plus intéressant par les magnifiques œuvres d'art qu'il a gardées, et par l'histoire qu'on en peut écrire, est l'appartement du Dauphin, de l'autre côté du Château. Le (ils de Louis XV avait habité une première fois ce rez-de-chaussée, au moment où il avait été remis entre les mains des hommes (14 janvier 1736). Avant lui on y trouve, sous Louis XIV, le Grand Dauphin, puis le duc de Bourgogne; à la fin du règne, la duchesse de Berry, plus tard le Régent, puis M. le Duc et, après la fin du ministère de M. le Duc, le duc d'Orléans, fils du Régent24. La disposition avait été changée pour le Dauphin, dont la chambre à coucher se trouvait au-dessous de celle de la Reine. La salle des gardes était sous l'antichambre de la Reine, et l'entrée dans la petite cour derrière l'escalier de Marbre. Lors de leur mariage (23 février 1745), le Dauphin et la première Dauphine, infante d'Espagne, furent installés au premier étage de laile des Princes, dans un double appartement sur les jardins, qu'on enlevait

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pour eux à Mesdames Henriette et Adélaïde. Il était vaste et comprenait les deux tiers de l'aile ; mais le dégagement se faisait par cette galerie publique, pleine d'indécence et de malpropreté, dont les arcades servaient, dit le duc de Luynes, « pour le soulagement du public ». Le rez-de-chaussée du Dauphin passa à ses sœurs : « M. le Dauphin, écrit Luynes le ier décembre 1744, doit venir loger cette semaine dans son nouvel appartement, on travaille sans cesse à le finir et à le meubler, on y a même travaillé dimanche et hier, jour de Saint André. Il est nécessaire qu'il quitte son ancien appartement; pour qu'on puisse l'accommoder pour Mesdames et finir les arrangements nécessaires dans celui que Mesdames occupent aujourd'hui»25. Ces travaux furent retardés de quelques jours par des réparations urgentes qu'il fallut faire à Trianon, où le Roi voulut se retirer après la mort de Madame de Châteauroux.

La première Dauphine habita l'aile des Princes du jour de son mariage (23 février 1 7^ 5) à celui de sa mort (17 juillet 1746). Le Dauphin, durement atteint par son veuvage, souhaita s'éloigner des lieux où il avait vécu avec sa chère Infante. Avant qu'il fût encore question d'une seconde union, on proposa d'aménager à nouveau son ancien appartement, qui avait été, après Mesdames, occupé quelques mois par « la petite Madame», sa fille. La médisance déclara que ce projet n'avait d'autre intérêt que de loger magnifiquement Binet, premier valet de chambre, qui ne l'était pas à son gré dans l'aile des Princes. Le Roi reçut le plan à son travail du 19 septembre 1746 : « M. de Vandières a présenté à Sa Majesté un plan des changements à faire à l'appartement de la Reine et à celui actuel de Madame, au rez-de-chaussée du jardin, pour y loger à l'avenir Monseigneur le Dauphin et Madame la Dauphine future, lesquels changements le Roi a approuvés »2(i. Le 9 novembre, la Cour étant à Fontainebleau, le duc de Luynes notait l'avancement des travaux, d'après les nouvelles apportées de Versailles par M. de Tournehem : « L'appartement que l'on fait en bas pour M. le Dauphin et Madame la Dauphine n'est pas encore près d'être achevé et, quand même il le sera, il ne pourra être habité que quand les plâtres seront secs, c'est-à-dire au mois de juillet ou d'août de l'année prochaine. Ainsi la nouvelle Dauphine logera dans le même appartement que la dernière ». Ce fut, en effet, le 9 février 1747 qu'eut lieu le mariage de Marie-Josèphe de Saxe, et les époux ne prirent possession du rez-de-chaussée qu'en novembre de la même année27.

Le 24 janvier 1747, la maçonneiie des deux appartements étant terminée, le directeur des Bâtiments recevait de Gabriel l'état des « entrepreneurs et artistes » employés à leur décoration58. On réservait les grands morceaux de sculpture à Verberckt, à qui ses travaux de l'année rapportèrent 43.812 livres. Pour l'appartement de la Dauphine, les sculpteurs en bois désignés étaient Rousseau (première et deuxième antichambres), Verberckt (chambre et grand cabinet), Maîtrisant (cabinet particulier) et Poullet (chaise percée). Les deux cabinets particuliers, les deux chaises percées et les bains devaient être confiés au maître ornemaniste Peyrotte59. M. de Tournehem, saisissant l'occasion de faire travailler quelques peintres de l'Académie, annonçait, le 17 janvier, qu'il désignerait quelques-uns d'entre eux « pour les ouvrages dans les nouveaux appartements de Versailles,.., étant juste que tous les bons sujets profitent des bontés de Sa Majesté ». L'état de Gabriel nomme, pour les dessus de portes du Dauphin, Pierre et le paysagiste Aubert, qui devaient faire, l'un deux morceaux pour la chambre, l'autre, quatre pour la deuxième antichambre ; Boucher, chargé de quatre peintures pour le grand cabinet, et Oudry de deux paysages pour le cabinet particulier. Les tableaux mythologiques de Pierre représentaient Junon qui demande à Vénus sa ceinture et Junon qui trompe Jupiter avec celle ceinture, sujets qu'on jugeait alors convenir à la chambre à coucher d'un époux fidèle ?r>. Oudry, fort aimé du Dauphin, qui le faisait souvent travailler, peignit six toiles d'après les Fables de La Fontaine, dont quatre furent placées chez la Dauphine3'. Quant à Boucher, sa commande pour le grand cabinet du prince reçut une autre destination, et il exécuta plus tard seulement luatre paysages pour son petit cabinet-"2. Dès le mois de janvier 1750, il était remplacé par Nattier, le portraitiste favori de la famille royale ; celui-ci peignit, pour mettre au-dessus des portes du Cabinet du Dauphin, les portraits de Mesdames représentant les Quatre Eléments, qu'on vit au Salon Je r/5i et qui ne sont plus connus que par les gravures33. Enfin Natoire travailla aussi pour le prince, avec un Télémaque dans Vile de Càlypso et un Songe de Télémaque dans l'île de Cypre, exposés au Salon de 17463*.

Une partie du travail des artistes a été dirigée par le fils de Louis XV, qui se pique, comme sa mère, de s'entendre aux arts. Lorsque Oudry livre son tableau Je la Ferme, aujourd'hui au Louvre et daté de 1760, qu'il a fait « pour le cabinet

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de Monseigneur le Dauphin », et qui doit symboliser l'Agriculture, il constate que c'est le prince qui lui en a « dicté » le sujet « et en a fait l'esquisse devant lui ». Pour l'oratoire de la Dauphine, le Dauphin choisit les peintres et les inspire. Gabriel écrit à Tournehem, le 9 juin 1747 : « Monsieur, la décoration de l'oratoire de Madame la Dauphine ne change que pour la niche du fond, qui devait être de trois pieds et que M. le Dauphin demande à quatre pieds. Le reste est dans le même état toujours décoré de trois tableaux... Il veut dans les deux premiers une sainte du désert peinte par M. Coypel et, dans la niche du fond, un tableau de l'Adoration des Rois peint par M. Vanloo, qu'il lui soit fait de petites esquisses et qu'elles lui soient présentées le tout avant de travailler aux tableaux très promptement. Voilà les orJres qui m'ont été donnés. Je ne vois pas qu'il y ait rien dans les tableaux de Marly qui puisse convenir à de tels sujets, et je vous envoie en conséquence les mesures telles que je les ai réglées pour les menuiseries ». Le 16 octobre 1748, Tournehem transmet d'Etiolés au contrôleur de Versailles Lécuyer « l'échantillon de vernis que M. le Dauphin a choisi pour le cabinet de Madame la Dauphine » ; il charge cet agent de transmettre au peintre Martin les indications portées sur cet échantillon, et le contrôleur mentionne dans ses rapports les ouvrages du célèbre vernisseur : « (19 octobre) La menuiserie du cabinet particulier de Madame la Dauphine est entièrement posée, et le sieur Martin est venu aujourd'hui pour s'orienter et commencer à y mettre quelques couches de blanc avant l'arrivée de cette princesse... — (8 novembre) Les vernis dont il est question dans le cabinet feront un ouvrage très long, à cause de la sculpture qu'il y aura à polir. — (i3 novembre) Les peintres du sieur Martin travaillent au Cabinet... » Le détail du travail est donné par le « Mémoire des ouvrages du cabinet et passage de Madame la Dauphine» : « Fait les fonds des panneaux blancs vernis et polis, les ornements, sculptures et moulures en petit vert poli et verni, et l'oratoire en brun verni et poli ; aussi des meubles servant audit cabinet, comme deux canapés, des fauteuils, des chaises, des tabourets et un écran peints, vernis et polis de même couleur, commencés sous les ordres de Monsieur de Tournehem, contrôleur général des Bâtiments du Roi, le 8 octobre 1748, et finis le 26 avril 1749, par Etienne Martin, peintre et vernisseur du Roi »35. Ce cabinet [salle 46] est une pièce à niche de glace*, voisine de

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l'appartement du Dauphin et peinte d'abord « avec des petits cartouches et des dessins de Bérain, des fleurs, des oiseaux, etc. en miniature » ; la précipitation du travail n'ayant pas laissé sécher les toiles, ces peintures s'étaient c grippées » et durent être ôtées : « A la place, écrit le duc de Luynes, on a mis de la menuiserie avec de la sculpture, et de fort bon goût; tous les fonds sont en blanc et la sculpture est peinte en vert avec un vernis par dessus. Cette espèce de décoration est riche et agréable. Je prétends, et peut-être avec raison, que le modèle de ces menuiseries blanches avec les sculptures vertes est un salon que Madame de Luynes fit faire à Dampierre, il y a sept ou huit ans, dans une île qui est au bout de la pièce d'eau ». On reconnaît là des travaux de « vernis de la Chine » de l'atelier Martin. L'artiste allait, un peu plus tard, les multiplier à Versailles, où il peignait « en vernis », en 1 756, le petit cabinet du Dauphin et des cabinets pour Mesdames Adélaïde et Victoire 36 ; et les détails qu'apportent nos documents renseignent sur la vogue d'un art charmant, qui ne s'appliqua point seulement au mobilier, mais dont les spécimens de décoration murale sont devenus fort rares.

L'appartement du Dauphin s'acheva pendant les « voyages » de 1747. On faisait, en avril, a un degré pour communiquer de l'appartement du Roi à celui de M. le Dauphin » ; en juin, on posait une grille à hauteur d'appui « depuis l'encoignure du cabinet de M. le Dauphin jusqu'à sa chambre à coucher, prenant à la dernière marche du perron, afin d'éloigner les curieux ». L'escalier de Gabriel existe encore et débouche directement dans l'Œil-de- Bœuf37. La grille, d'un beau travail de fer forgé et doré, est en place sous les fenêtres du Cabinet ; une serrure permettait de l'ouvrir, quand le prince descendait dans les jardins 3S. Le 20 septembre, l'ordre était donné à la manufacture de glaces de livrer celles qu'attendaient les deux appartements. Enfin, le 21 novembre, le duc de Luynes les décrivait comme terminés, après qu'on y eût « travaillé sans relâche, et même les fêtes et les dimanches », et dépensé environ cent mille écus. On entrait chez la Dauphine en passant au pied de l'escalier de Marbre, par une petite cour qui rejoignait celle des Cabinets de la Reine et donnait aussi accès chez le Dauphin. Il y fut créé un jardin formé de terre rapportée, clos de treillages, orné de rocailles et d'une « perspective » peinte par Frédou. Ce fut un caprice du Dauphin et de la Dauphine, qu'il

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