‹ Histoire du chateau et des sires de TancarvilleChapitre 11 sur 46 · TOUR DU LION · texte numérisé non relu

TOUR DU LION

four îm Ciati.

Si cette tour (planche II, 5), qui est coupée droite du côté de la cour, et qui se projette seulement en dehors de la place, en demi-cercle, était complètement circulaire, sa circonférence atteindrait cent soixante pieds. Telle qu'elle est , c'est une des plus considérables du château. Ses murs ont généralement neuf pieds d'épaisseur, et, dans quelques-unes de ses parties, jusqu'à quinze et dix-huit pieds. On ne peut accéder dans l'intérieur qu'à l'aide d'une échelle, l'escalier, ou, pour nous servir du terme ancien, la vis étant détruite. Les voûtes et les cintres de la tour sont en brique, et d'une fort belle construction. S'ils n'ont point été exécutés après coup , ce qui n'est guère présumable , la présence de la brique ne permettrait pas d'assigner à l'érection de cette tour une date plus reculée que le milieu du xve siècle; bien que son parement extérieur, qui est en pierre , ne diffère point de celui de tours beaucoup plus anciennes. Quant au parement

en silex taillés , qui règne du côté de la cour , il doit être d'une époque plus rapprochée encore. Ici la netteté de la taille du silex et la beauté de l'appareil sont à remarquer.

La tour du Lion est mentionnée dans des actes de i4q5 et de i5i3. C'est à l'aide de ces pièces que j'ai pu restituer à cette tour son nom, qui depuis long-temps était oublié. Les gens du pays lui avaient substitué celui de la tour du Diable. Voici à quelle occasion; il existe sous cette tour un petit cachot souterrain, dans lequel on peut encore descendre. Cette retraite sombre et profonde, dans laquelle des malheureux avaient été probablement jetés et peut-être pour n'en point sortir, inspirait naturellement un grand effroi dans le pays. L'imagination de quelques hommes simples et crédules en fit une retraite plus terrible encore. On prétendit tout à coup que le diable y avait établi son séjour; le nom de la cave du Diable, de la tour du Diable, volait mystérieusement dans toutes les bouches. Un aumônier du château prit la chose au sérieux. Une grande procession fut ordonnée avec la croix et les bannières; l'eau bénite surtout ne fut point oubliée, car il ne s'agissait de rien moins que d'exorciser Satan en personne, et de le forcer à vider les lieux. Au moment de pénétrer dans la

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