‹ Histoire du chateau et des sires de TancarvilleChapitre 24 sur 46 · PIERRE D'ACQUIT · texte numérisé non relu

PIERRE D'ACQUIT

« doivent aussi chacun douze deniers d'aquit, « toutes fois et quantes qu'il est péché ausdites « eaux.

« De tous poissons trouvez en varech » , la « moitié en apartient à ladite sieurie , et l'autre « moitié aux trouveurs , qui l'aporteront sur « cette pierre, et peut-on prendre pour ladite « sieurie lesdits poissons chacun au taux des « jurez à ce ordonnez.

« Et s'il avenoit qu'aucuns trouveurs desdits « poissons, ne faisoient lesdits aquits des pois- « sons qu'ils pourroient avoir péchez ou trouvez, « sont et doivent être pris en forfaiture, et les « délinquans taxez en amende par les oficiers « des dites eaux. »

Les eaux du comté de Tancar ville s'étendaient, en prenant la rive gauche de la Seine, de la pointe occidentale de Quillebœuf , désignée sous le nom de Rabat ou de Gard de Quillebœuf, jusqu'au Noir-Port ou Noir-Oguier de Honfleur, qui était marqué par la grosse Tour carrée de cette ville, placée à l'est; et, sur la rive droite, du Val Varin, autrement nommé Crique des Saulx, jusqu'à la falaise d'Orcher. Ce qui formait une

k sec , sur le rivage, ou sur les sables.

étendue de six lieues, sur une largeur moyenne d'une lieue et demie.

La limite sous Orcher était déterminée par une pierre ou borne plantée duns la falaise, à un petit quart de lieue d'Orcher , en tirant vers le Havre. On la nommait la Pierre du Figuier, d'un arbre de cette espèce qui croissait auprès ». Cette pierre , souvent arrachée et replacée par les seigneurs d'Orcher et de Tancarville , donnait lieu entre eux, à raison de leurs droits respectifs, à de fréquentes contestations, qui n'ont cessé définitivement qu'avec l'abolition de ces mêmes droits, en 1789.

Les droits des seigneurs de Tancarville, dans les limites que nous venons d'indiquer, ne se bornaient pas à la pèche du poisson; ils s'étendaient à la vente des marchandises, aux naufrages, à la posée des navires, au passage des riverains, etc. On les désignait sous le nom de coutumes et droitures. On en peut voir la nomenclature dans la pancarte insérée aux pièces justificatives ( n° 1 ), que m'ont fournie les anciennes archives du château.

1 La pierre du Figuier est encore connue dans le pays; mais je n'ai pu m'assurer si elle existait en place , ou si on appelle ainsi , comme je le présume , une des roches même de la falaise.

DOxNJON.

Donjon,

Pour compléter la description du château de Tancarville, il faut sortir un instant de son enceinte principale. Un assez long détour va nous conduire aux ruines de son ancien Donjon. (Planche II, ai.)

Ainsi que nous Pavons dit à l'article de la tour Coquesart, la tour du Donjon1 communiquait avec le corps de la forteresse au moyen d'un pont dormant ou jetée en pierre ( planche II , 22) , terminé, du côté du Donjon, par un pont-levis.

Ce pont dormant a quinze pieds de large, à mesurer entre les murailles qui le ferment de droite et de gauche, en place de parapets. Ces

1 Elle est désignée souvent, dans les comptes du château , sous le nom de Grosse-Tour, nom qu'elle parait , au reste, avoir partagé avec la tour Coquesart et même plusieurs autres.

dernières ont de cinq à six pieds d'épaisseur. Dans la muraille qui regarde la Seine est creusé un petit escalier qui mène au fossé. Le pont-levis que je viens de mentionner existait au commencement du xve siècle, et par conséquent aussi le pont dormant lui-même et le donjon auquel il conduisait. En i4'o, on le refaisait à neuf. Voici les détails consignés dans les registres de cette année-là :

« — Pour avoir fait tout de neuf une plante chete en pont dudit batiffol dedens le bois « en costé devers Saine de la longueur d'icelui « pont et de deulx piés de lay et pour avoir « eslargi le trestre dudit pont en telle manière « que lad. planchete se peult recueillir dessus « et reposer. Item pr avoir esloigné et tourné « icelui trestre en manière que len peult entrer « sur le pont dormant et y avoir fait une apuye « adiouster avec celle dud. pont dormant et avoir « fait une alée sur icelui pont dormant pour « aler sur lad. planchete laquelle planchete il a « enesselée dun esseul qu'il a enclavé en post « dicelui pont et en un aultre qu'il a fait tout " de neuf de lessence à ceux dicelui pont et « audessus dicelle planchete a fait et assis un « lintel entre iceulx deulx pos en tel manière

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