‹ Histoire du chateau et des sires de TancarvilleChapitre 25 sur 46 · DONJON · texte numérisé non relu

DONJON

« que la verge dicelle planchete se peult recueillir « ainsi qu'il appartient. Item pr. avoir fait deux « petites loges pour le portier dont Tune est « assise auprès de lad. planchete et lauttre auprès « de la herche (herse) dempres la grosse tour a lesquelles contiennent chacune huit piés de « lonc et vi piés de lay de dehors en dehors et « vi piés de post et sont coulombeez tout autour « excepté que les bous d'icelles sont adjoustés a contre les palis dicelui batiffol et sont iceux <c palis cloisons au bout dicelles lesquelles loges « il a ordonné de son mestier de charpenterie a cheminéez pr. chauffer le portier et aussi a fait er en chacune un siège avec les huis et fenestres « et autres agréemens ad ce nécessaires et appar- « tenants. »

Entre le pont-levis et les loges du portier, dont il vient d'être parlé, on construisit, à la même époque, une palissade, sans doute comme nouveau moyen de défense. Le compte que je viens de citer le relate en ces termes :

« Pour avoir fait un palis de bois entre le « pont dempres la grosse tour et la petite tour , « lequel palis contient trois toisces de lonc ou « environ et dix piés de hault au dessus des « terres par dedens œuvre lequel palis il a garni

« dan sueil pour le miex lier et soustenir et « aussi a fait icelui palis en telle manière quil « ne nuyst point à charier le bois que len porte « dedens les cours dud. chastel xlv s.

Il n'est peut-être pas sans intérêt de noter, en passant, que les ouvriers qui travaillaient au pont-levis et à la palissade, recevaient cinq sous par jour. Ces travaux avaient lieu en i4io.

A défaut de pont-levis, gravissons la motte sur laquelle est assise la tour du Donjon; faisonsnous jour à travers les broussailles et les ronces qui en défendent l'approche, et qui en dérobent presque entièrement la vue. De loin , notre œil cherchait vainement ses créneaux, sa haute terrasse, ses mâchicoulis; de près, des monceaux de débris confusément entassés et que recouvrent déjà des tapis de mousse, annoncent que le temps ou la main des hommes les ont fait descendre depuis long-temps de la nue. Les cimes verdoyantes d'un hêtre énorme, qui est venu prendre racine entre ces débris, a remplacé la tete menaçante du vieux Donjon. Un soldat monté sur les épaules de son camarade toucherait aujourd'hui de sa main la crête des murailles de la haute citadelle, et les escaladerait sans coup férir. Mai» les brèches qu'il rencontrerait

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