‹ Histoire du chateau et des sires de TancarvilleChapitre 33 sur 46 · MAISON D'ORLÉANS-LONGUEVILLE · texte numérisé non relu

MAISON D'ORLÉANS-LONGUEVILLE

« par le vidimus des lettres du roy nostre seigneur « données à Paris le xxve jour de janvier dernier « passé. A estre paie par led. receveur la somme « de douze cens livres ts comme par quittance « dud. commissaire , faictes soubz son signe « manuel et son seel darmes le ixe jour de février « mil cccc un" et huit , le tout cy rendu appert , « pour ce xnc 1. »

Le 7 décembre 1489, Charles VIII, par lettres patentes délivrées à Amboise, mit en possession le comte de Dunois , lui rendant le comté de Tancarville, avec toutes ses droitures, prééminences, franchises et libertés 1 .

On ne dit point si les douze cents livres qu'avait touchées le vice-amiral Antoine Cannart , et l'artillerie et autres meubles du chastel, qui lui avaient été livrés, furent restitués. Quelques années après, les comptes mentionnent un voyage du receveur, à Rouen, au sujet de cette affaire, qui n'était point encore apurée à cette époque, à ce qu'il paraît, et d'une démarche faite à Honfleur pour recouvrer une partie de l'artillerie , qui y avait été transportée.

■ La succession de Jeanne de Harcourt donna lieu à quelques discussions dans la famille de Dunois , mais Tancarville resta définitivement dans les mains de François d'Orléans 1er.

RliCIT HISTORIQUE

Le fils de Danois ne devait pas jouir long-temps du noble héritage que lui avait légué Jeanne de Harcourt. Jeanne était morte en 1 488 ; trois ans après, il l'avait suivie dans le tombeau.

François d'Orléans Ier ne laissait que des enfants mineurs. En conséquence , une information , sous forme d'inventaire, des revenus, droitures et consistances du comté de ïancarville , fut dressée par les officiers du Roi au pays de Caux, auxquels le bailli de Gournay avait été adjoint pour cette opération.

« Au receveur , disent les comptes , pour « plusieurs parties de despenses faites au chaste teau de ïancarville par les officiers du roy ou « (au) bai liage de Caux ou moys d'avril mil cccc « quatrevings et quinze lesquelz estoyent venuz « et assemblez aud. lieu monsr le baillyde Gour- « nay estant en leur compagnie pour faire l'es- « timacion de la valleur de la conté terre et « seigneurie de Tancarville montant icelles parties k de despenses*à la somme de . . xxxv 1. xi s. vi d5.

Je donne, parmi les Pièces justificatives, cette information , qui est d'un intérêt marqué pour l'histoire de Tancarville. On y trouve consignés , dans le plus grand détail , les fiefs , les revenus, les droits seigneuriaux de toute espèce

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qui étaient attachés, en 149^, et plus anciennement encore , à la terre.

Les jeunes fils de François d'Orléans Ier furent mis , pour le roi , sous la garde noble d'Agnès de Savoie leur mère. L'aîné, François d'Orléans II, digne du sang qui coulait dans ses veines, n'avait pas encore atteint sa quinzième année,qu'il voulut suivre Charles VIII en Italie. Sa mère l'y accompagna. Tous deux y firent bon service au roi , l'un, de son épée, l'autre, de son argent. Il était redù à Agnès de Savoie trente mille livres sur sa dot, qui lui furent comptés à son passage à Turin; Agnès les remit à Charles VIII. Quant au jeune comte de Tancarville , après s'être montré moult gentil chevalier et bon gucrroyeur durant tout le cours de la campagne, il combattit plus âprement encore à Fornoue, à cette bataille où neuf mille Français passèrent sur le corps à quarante mille Italiens.

Charles VIII , de retour en France , voulant reconnaître les services que lui avaient rendus la mère et le fils , leur accorda , par lettrespatentes délivrées à Lyon en 1 , au mois de novembre , la confirmation , à perpétuité , des droits de haute justice et de tiers et danger dans le comté de Tancarville , qui leur étaient disputés par ses officiers au bailliage de Caux. 11

faut dire que cette concession n'était pas toutà-fait désintéressée , puisque Charles VIII , tout en exprimant qu'il faisait ce don en reconnaissance « des bons et agréables services que lui « avait faiz son cousin , le jeune comte de Dunois , « à son voiage de Napples », eut bien soin de stipuler « que c'était aussi en récompense et « paiement de la somme de trente mil livres « tournoys qu'il avait prins en passant le pays « de Savoie et eue contant des deniers qui estoient « deuz à sa tante de son mariage. »

J'ai pu relever ces expressions sur les lettres originales elles-mêmes*, qui portent, avec le sceau royal, la signature de Charles VIII. Cette dernière est ainsi figurée :

• Agnès de Savoie, mère du jeune comte de Danois, {l oir p. 213.)

i if .

» Archives du château de Tancarville. Charles VIII prend , dans ces lettres , le titre de roi de France , de Sicile et de Jérusalem.

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Le successeur de Charles VIII fit plus. De son propre mouvement , et sans y attacher aucun prix , en récompense des services que le jeune Dunois et ses ancêtres avaient rendus à la France , il érigea en sa faveur le comté de Longueville en duché. Les lettres-patentes en furent délivrées à Blois au mois de mai i5o5, et enregistrées à l'échiquier de Rouen le 18 novembre de la même année.

L'érection de Longueville en duché porta un coup funeste à la châtellenie de Tancarville. Tancarville n'étant que comté, se trouva soumis à la juridiction de Longueville, et ne dut plus relever immédiatement de la couronne, faveur dont il jouissait avant cette érection. 11 était dit seulement, dans l'acte qui la consacrait, que, en cas de l'extinction de la branche masculine , « le « comté de Tancarville, avec ses appartenances « et dépendances , retourneroit à sa première na- « ture, et ressortiroit devant les juges pardevant « lesquels il souloit ressortir , n'étant le présent « octroy, et sans ce qu'il fut, pour lors, réputé « de la dite duché de Longueville ne juridiction « d'icelle. »

Nous ne suivrons pas le duc de Longueville en Italie , où il descendit de nouveau , sous Louis XII ; Tancarville nous réclame. Ouvrons

les registres de ses receveurs ; nous y trouverons quelques détails qui ne sont pas sans intérêt.

« A Jehan Grosclle pour avoir fôurby xxvn « vouges 1 lu espieux estant au ehastel et xxvi « arbalaistres par marchié fait xx s.

« A Laurens Bonnechose tonnelier pour avoir « relié les barilz ou l'en met les poudres et salle- « pestres dud. ehastel , pour ce v s.

« A Pierres H de Saint-Romain pour avoir

« rabîllié xn arbalaistres et en icelle avoir fait xn « cordes toutes neufves au pris de 1111 s. pour .« chacune, vallent xxxvi s.

u Pour avoir monté Hll arbalaistres et 1111 ar- < briers tous neufz fournys de cordes et autres ( choses et pour autres nu cordes à mi autres « arbalaistres, et pour avoir apprêté les guydas3 « et trait desdites arbalaistres a chacune d'icelles, « pour ce vu 1. 11 s.

« A deux hommes pour avoir fait 11e (200) livres « <lr poudre à canon leur a esté paie la somme

<le xxxv s., pour ce xxxv s.

• lispèce de pique.

■trhri'r, manche de l'arb ilètc. 1 On lit plus i>as : « pour douze bendaiges nommez vuidaspour - l'"»uier arbalaistres.

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« Item pour leurs despens leur a esté paie xxv s. « A Simon Lorreys pour v journées a batre les <( dites poudres , pour ce xvi s. vin d.

u A Guillaume Delanoë (Delanoue) paintre a et verinier pour deux panneaulx de verre mis « aux fenestres de la chambre des Comptes et « en iceulx avoir mis les armes de monsr et de « madame , pour ce lx s.

« Au varlet du d. Delanoë pour x journées a « rabillier les verrières de la maison des Comptes « tant hault que bas et selles de la tour Carrée « et garniz de plomb, pour ce xl s. ts.

« A Pierres Bidel mareschal pour plusieurs « verges de fer à servir aux verrières qui ont esté « faites neufves en la chambre des Comptes et « en la tour Carrée, pour ce paié v s.

i5oi. — 1 5o3.

« A Jehan Decretot orfèvre demourant à Honk nefleu pour avoir nestoyé la croix et les chan- « delliers de la chappelle du chasteau lui a este « paie la somme de 11 s. vi d., pour ce u s. vi d.

« Au d. orfèvre pour avoir redoré dor lad. « croix et pour avoir mis de l'or ad ce convenable « jusques au pris de dix huit solz neuf deniers lui

« a esté paié la somme de xxv s. pour le tout , « pour ce xxv s.

« Pour h cierges achatés à Saint-Romain pour « la chappelle paié v s.

« A Messyre Jehan Levavasseur prestre une « paix par lui achatée pour servir à la d. chap- « pelle xv d. , pour ce xv d.

i5oa. — i5o3.

« Au recepveur pour ung voyage par luy fait « de Tancarville à Quillebeuf par devers Collenet « Ritouet marchant de poysson affin de parler a k luy pour avoir deux marsouyns pour présenter « aux président et conseillers de la Court de Les- « chiquier ainsy que l'avoit escript le bailly de « Longueville au recepveur pour ce paie pour la « despense du d. recepveur et un hommes qui le « portèrent en ung bateau aud. lieu de Quillece beuf , pour ce xv s.

a A Collenet Ritouet marchant de poysson « demourant aud. lieu de Quillebeuf a este paie « par le d. recepveur pour deux marsouyns par « luy livrés au bailly de Longueville à Rouen « pour présenter aus dis conseillers et président « de Leschiquier aud. lieu de Rouen ou moys de « mars mil vc et deux afin quilz lisent les materes « de monsr pour recorder ensemble Pexp

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