‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la natureChapitre 3 sur 129 · DÉRIVÉS · texte numérisé non relu

DÉRIVÉS

Latin quercus. (1)

Bas-Latin quernus et casnus.

Vieux Français (2) chesne et chaiûe.

Français chêne.

Turc l chascha.

Italien quercia

Berbère kerou.

Espagnol encina.

Arménien gazni. .

Portugais carvalho.

Japonnais cacino-qui.

Sanscrit dâru, dru,

DÉRIVES.

Grec Zipuff (3)

Kimro-Breton deru, dero.

Kimro-Gàllois derw, derveauic ij/em àm),

Gaël-Irlandais . .^ daire.

Gaëlique-Ecossais dair, dear.

Russe dùb, «:^Iy6b.

(1) Vossius et l'abbé Dulac donnent au latin quercuê Téi^olcfte m peu forcée de t^otyyfXj mot grec qui signifie rude. Lemery faisait venir quercus de icepxco^ qui emporte aussi l'idée de rudesse.

D'après dom Lepelletier, ce ne serait pas de quer qu'il faut faire sortir quercutf mais du vocable cuéz qui est celtique aussi. Le nom d'une de nos grandes forêts de chêne, la forêt de Cuise, dérive de cuez^ ou de gweZf arbre, en breton.

M. Eugène Fôurnier a proposé une nouvelle étymologie du mot quercus. Il serait, d'après kù, formé du Hioi sanscrit orfca éèM Pafie

Celtlqae -. . • rbve.

BÉUVB&i

Espagnol roble.

Latin. robur.

Danois ballut.

Arabe bd^th.

Sanscrit bhug (manger)

PidrsaiB' bwk.

QuoJ^uQa laxi^e^a^ on la volt, oat pluâiûur& uorns, pa^ le^chêoe ; te latia, quercus et robw; ]e c/^ltiqxx^^qmr ^t TQve; te saoscirit^ dojty, et Wmff^ ^m d'étoQjaant & cela : teï$qu'uA Qbjj^t est pirmcipal ou seutemôiirt 6$&eaJUel pour ua peupte» dit TlieisS) U eat exprimé (te difiEireates ssâmècos. Le lion, en langue arabe» et le cheval, €a> tafifavrâ», oot plusteurs nomades acceptions serait nourritwe. D'après les Védas, h\K arka signiGerait qudk'imauvoMj nourrittkre : sllnsioB aur gtiindH.

(2) Pendant longtemps on a émi chaîne ; exemples : le dernier coup abat le oIuiUdb.,

Petit homme abat grand cbaine. (Proverbes du XIII* sièdB)jk.

Aa premier iHXup ae cbolt mie te chaîne;. (Prav.eibe9 dui Vilain. Xin* siècle).

(3) 0'«^prè;sM. Gajf, les bûcherons, de Pro^^tnce, Q«Qm«at IH-auîi^unQ espèce de cbêne^ le Quercus pseudo-suber.

C'est à ranglo-saxon ac et au sanscrit daru que se rapportent la plupart des noms du chêne dans les diverses langues.

Les noms celtiques, kimriques, gaéliques, bretons, du chêne, se rattachent au sanscrit daru, et il est probable que qvsr et rove ont eux-mêmes une semblable origine, un ^ mot sanscrit perdu;

Personne n'ignore que les Celtes sont issus de cette grande migration des descendants de Japhet, sortie comme un torrent des steppes situés à Test de la mer Caspienne. Pendant qu'une partie de ce grand courant humain envahissait l'Inde, y fixait ses mœurs et sa langue (le sanscrit) dans sa pureté native, l'autre branche se dirigea vers l'ouest. Chaque tribu laissée sur ses berges par le grand fleuve humain conserva dans son idiome les traits caractéristiques du langage commun ; mp.is nulle part les ressemblances ne sont aussi frappantes que dans les dialectes parlés sur les points les plus avancés du continent européen, là où les flots de l'Atlantique arrêtèrent ces marcheurs infatigables. Vannes touche à Bénares, suivant la remarque de X.-B. Saintine. Les noms du chêne, deru ou daru , sont les mêmes aux deux extrémités de cette ligne immense.

Aussi les étymologistes, après avoir successivement fait dériver les noms du chêne du latin, puis du grec, ont fini par les rattacher tous au celtique : et les noms celtiques à leur tour, deru, dair, quer, rove, doivent être rapportés soit au sanscrit daru , soit à d'autres types perdus de la même langue.

Le nom sanscrit du chêne, daru, avait une acception plus générale , il signifiait arbre. En Persan aussi , le mot diracht (corruption de daru) veut dire arbre. Précédé d'un adjectif, il désigne d'autres arbres que le chêne. Ainsi le

cyprès; arbre sacré des Perses, porte le nom de deva-daru ou par contraction devdar (que nous avons traduit déodorà). L'abricotier s'appelle jul-daru, une autre espèce aze-diracht [azederach (1).

Chez les Grecs, le mot ^pu<T s'appliquait aussi à d'autres espèces arborescentes que le chêne. « Il faut noter, dit Mathiole dans ses commentaires sur Dioscorides, que par le mot ^pu(T, il comprend en général tous les arbres portant gland. » Le mot çeTcXo^puer, employé pour désigner une espèce de gland, est d'une composition analogue aux mots persans devdar ^ aze-diracht.

Le nom danois du chêne ege-tree , paraît aussi construit de la même façon. Trée , ne vient-il pas aussi de ^pua ou plutôt du mot sanscrit dru, comme tretis^, en breton poutre de chêne en dérive ; et dès-lors, ege^trée n'est-11 pas composé comme deva-daru, çe^Xo^poff.

En annamite, d'après M. l'ingénieur Koru, le nom du chêne est cay-dé, cay, c'est l'arbre, cay-dé, c'est le chêne I

En résumé , et c'est là où nous voulions conduire cette discussion,, en résumé, dans l'Inde, comme à Quimper, le chêne est nommé daru ou deru, c'est-à-dire l'arbre. C'est que le chêne était et est pour ces peuples si éloignés aujourd'hui , mais d'origine commune , l'arbre par excellence. C'était l'arbre, comme Rome était la ville (2).

- (1) C'est M. Lajard qui a révélé celte étymologie du nom persan du cyprès deva-daru, qu'on peut traduire arbre sacré, daru arbre, deva, génie malfaisant. Une tradition persane, tirée de TAyesta, raconte que Zoroaste avait enchaîné sous un cyprès les génies malfaisants. De même que le gallois deru se lie au sanscrit daru, de même dew,div, diu, vieux mois bretons et celtiques, dm gaélique, diou kimrique, signifient comme le persan deva, génie, Dieu, divinité. Ceci est une preuve de plus de la parenté des langues celtiques el sanscrites.

(2) A quelle source rapporter un autre nom du chêne, un nom breton tann, s. m., un seul chêne ; — tarmen, f. plur., plusieurs chênes

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