‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la natureChapitre 31 sur 129 · CHÊNE CHEVELU · texte numérisé non relu

CHÊNE CHEVELU

Quelques auteurs ont pensé que cette espèce croissait spontanément en France ; d'autres ont prétendu qu'elle avait été importée. Elle est commune dans le Caucase et la Turquie d'Europe , elle devient plus rare dans les parties méridionales de l'Italie et de l'Espagne.

Indigène ou non, le chêne chevelu, vulgairement nommé chêne de Bourgogne, .est un des grands arbres de

France; il égale êh hauteur les chênes pédoncules ou sessiïes, quelques joui*s avant lesquels il fleurit.

Son bois, que recouvre une écorce épaisse, icrevassée, de couleur brunâtre, jouit d'une grande cohésion et d'une remarquable dureté. Il est employé aux mêmes usages que nos bois de chênes ordinaires ; il est même préféré pour la carbonisation et le chauffage direct. En Turquie il est utilisé pour les constructions navales. Ses glands sont sucrés et recherchés chez les populations de l'Europe méridionale. On prétend que la chair des animaux qui les mangent acquiert des propriétés particulières.

Le chêne chevelu peut être cultivé en taillis sur ^les coteaux et dans les terres sans profondeur ; dans ces circonstances, tous les quinze ou vingt ans on Texploite. C'est un grand avantage que de pouvoir consacrer à un arbre de cette valeur des sols médiocres et tellement pauvres que nulle autre culture n'y réussirait. En Bourgogne, dans la Franche-Comté , en Provence , il prend tout son développement dans les terres sèches, légères et sablonneuses. Dans les pépinières, il sert de sujet pour multiplier par greffes les espèces qui sont difficiles sur la nature du terrain.

CARACTÈRES BOTANIQUES

Le chêne chevelu a une cime touffue très-vaste, formée inférieurement de branches pendantes, supérieurement de Iramëaux prei^que dressés.

Lfô fouilles, dont la forme générale est oblongUe, sont rétlréeîés Vers la base et plus ou moins pinnatifldes.

Letir face supérieure, d'un vert éotnbre, est glabre ; là face inférieilre, de couleui* moins foncée, est pubéscente "ou cotonneuse, aVee dtes nervures de 'couleur claire. Les ^ étipùîes sont rotissâtres et liiïéaî^es.

Sur uft p4 flQncule gros et epurt , le^ j^lw4s sont au nombre de 1 à 4; l^ur fortue allongée çt leur grosseur sont assez yariables.

Leur cupule , hémisphérique , est formée d'écaillés étroites et presque filiformes,, caractère spécial qui a valu à l'espèce son nom de chêne chevelu.

Quercus vallonea.

CHÊNE VÉLANÎ.

Cette espèce était autrefois désignée sous le nom de Q. JEgUops, de aiyod chèvre, oç œil ou figure. Pline, après les Grecs, désignait ainsi ua arbre tpés-élevé- « Il porte, dit-il, livre 16, chapitre 8, à ses rameaux, des barbes d'upe coudqe de long; c'est de là qu'il tire son nom. » Ces barbes n'étaient autre chose que de longs lichens suspendus aux branches. ' '

D'après Séguier, le nom italien de Cerro était aussi donné au Q. JEgilops, Dodoens donnait aussi à VJEgilops le nom de Cerris, qui est aujourd'hui réservé au chêne chevelu.

lie chêne Yelani est un fort bel arbre dont les proportions égalent souvent celles d-e notre chêne sessile. Son tronc, couvert d'une écorce rugueuse, d'un brun grisâtre, élève dans l'air une cime touffue à brfinch^s ti^ori^ontales..

CettjB espèce, qui fljsurit au mois de mai, a pour patrie la côte occidentale de 1^ JSatolie. On la trouve enooie daBs les îles de l'Archipel, en Crête et en Gr^ee : elle ne s'est pas avancée au-delà.

D'après Olivier, les Grecs modernes donnei^t le npm de Yelani au chêne dont les cupules, appelées Velanèdes, ne sont autres que celles de VjEgilops.

Son l?ois est moins egtiipé que ^ielui ^es chênes yerts ; il n'est guère employé que dan». 1^^ menwi^pie,

Nous indiquerons au chapitre 21 la véritable valeur industrielle et commerciale de ce chêne (1).

En 1731, des essais de culture de ï^gilops furent tentés en Angleterre ; mais ils devaient échouer. A Paris, cet arbre ne peut se passer d'abris pendant Thiver. Il réussit bien dans le Midi, près des bords de la Méditerranée, dans un sol et sous un climat très-analogues à ceux de sa véritable patrie. Quelques pieds plantés au jardin de l'Ecole de Médecine navale de Toulon fructifient tous les ans. La naturalisation de cette espèce intéresserait notre industrie.

CARACTÈRES BOTANIQUES

Les feuilles sont ovales oblongues, et bordées de grosses dents dont chacune est terminée par une pointe setacée, molle et rougeâtre. «

La longueur des feuilles est d'environ 1 décimètre, et leur largeur de 7 centimètres.>Elles sont un peu épaisses, d'un vert brunâtre, luisantes* en dessus, blanchâtres et légèrement cotonneuses en dessous, comme les jeunes rameaux qui les supportent.

Les fruits sont se^siles et les glands assez gros un peu aplatis, et creusés en nombril au sommet où paraît leur petite pointe. Ils sont enfoncés jusqu'au tiers ou à la moitié dans une cupule très-remarquable par sa grosseur, son épaisseur et sa forme.

Cette cupule, développée, est une fois plus large que longue, cette largeur est de 5 centimètres ; elle est hémis-

(i) Aucher Eloy dit que les pachas de certaines contrées de TAsie- Mineure monopolisent toute la récolle des cupules du Velani ou VelanédeB, pour la vendre à grands profits aux trafiquants.

phérique, cotonneuse intérieurement, hérissée extérieurement d'écaillés dressées, étalées, longues de 15 à 20 millimètres, larges de 4 à 5.

Quercus cocdfera ver a.

CHÊNE KEtlMES

Cette espèce doit son importance à l'insecte ùommé Chermes ou Kermès dont les coques s'attachent sur ses rameaux.

Elle croît dans les lieux secs ou incultes, où elle forme des buissons bas et rameux. Elle préfère les terrains calcaires, et se trouve en plaine et sur les montagnes. Boissier la cite dans le midi de l'Espagne, entre 300 et 1,600 mètres d'altitude. Ce chêne est plus méridional que le (}, ikx; au sud, on le rencontre en France, en Espagne, en Corse, en Algérie, en Syrie, près de Jérusalem ; en France, il ne dépasse pas Alais, on le retrouve en Grèce, au Mont- Athos, en Albanie et en Thrace, enfln, du Portugal jusqu'en Asie-Mineure, il est disséminé çà et là sur le rivage de la mer intérieure.

Nous ne pouvons parler du chêne sans remonter au celtique pour les étymologies : Coccifera vient du grec Xoxxo<T, lequel dérive du celtique Coc, qui signifie rouge i

Le mot Kermès, d'après la plupart des auteurs, vient de l'arabe Quermez, qui signifie vermisseau, et le terme Otiermezy veut dire couleur rouge (provenant de cet insecte) : notre mot Cramoisi en dérive.

Il faudrait peut-être faire plutôt venir le mot Kermez de ' deux termes celtiques, quer, chêne, et mez, gland. Quermez signifierait gland de chêne ou graine de chêne. La coque de l'insecte à couleur rouge qui s'attache sur le Quercus coccifera ressemble à un fruit, et est même vulgairement désignée sous le nom de graine d'écarlate.

Les latioB désigaaiont aous le nom de vMmic^khfi l^iusecte du Q. ooecifem, de 1^ est veAu la B»at viurœcUlQA.

ÇÂHAGTÈRBS BOTANIQUES.

Feuilles petites, minçç§^ painJJ)re,usps, glabres, luisantes, ovales, bordées de dents allongées, épineuses. Les glands sont petits et ovales, enfermés dans une cupule hérissée an dehors de p^ûntes mdes, di^v^vtes et tcè$^*durei^.

Ce glaojl JQe grandit sensil^^en^at qu'u^, ^^9^^ Wk^ sa fécondation , et il ne tombe qu'au bout de 1^ moi§. L'arbre fleurit en avril et mai.

Dans le pars^gr^pl^e IJI, qui rç^ufeira^e des cbôqçs à o.y^le^ ç^yortép supères, à feuilles caduques ou persi^taçt^ ^ il nous reste à signaler quelques belles espèces^ américaines.

Qtiercus phellos.

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