‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la natureChapitre 47 sur 129 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

GrftnA99r et iQ&gàvit^ du el^to^,

Est-ce en deux Jours que le gland devient chêne ?

Lapontàinb.

Cet arbre à trois cents ans, on le dU & la ronde, Alors qu'il s'^evait du foi au temps ançivoi Colqmb, François premier, Raphaël» Tiiiep, Se promenaient de par le monde.

AOTBAN {vie ruraU)»

Lorsque Ton compare entre eux les êtres du règne animal et du règne végétal, les premiers nous semblent plus heureusement doués que las seconds. Aux uns la vie active, la locomotion, la sensation ; aux autres la vie passive, l'immobilité et une confuse sensation, qui ne mérite que le nom d'irritabilité, A.ux derniers dégrés de l'animalité, ces distinctions et ces privilèges s'effacent insensiblement, et pour bien rendre la déchéance de çe§ être3 inférieurs, on leur donne le nom de zoophytes, animaiixplantes.

A certains égards, cependant, le^ végétaux sont aupér rieurs aux animaux ; ils ont la grandeur, ils ont la durée et leurs cellules sont des laboratoires où se créent des substances dont les animaux ne sauraient réaliser la synthèse,

La grandeur et la durée ! La durée surtout, quel heureux privilège. Quel homme n'a pas envié la longévité du chêne qu'il venait de planter, et dont le feuillage abritera les enfants de ses enfants? Quel homme n'a pas senti dans les futaies tomber sur lui l'ironie des vieux chênes livrant aux soufflés d'automne le feuillage jauni de leurs bras séculaires, que d'éternels printemps reverdiront encore.

Tout périt, tout s'éteint, au vent tout s'évapore ;

Lui seul ne périt pas, lui seul n'est jamais vieux.

Les pieds dans le granit/ la tête dans les cieux,

On prétend qu'il grandit encore.

Adtran.

Mais relevons les yeux vers la cime des chênes, ne sommes-nous pas le roseau pensant ? L'arbre n'a pas la conscience de sa grandeur, nous avons celle de notre misère, et c'est de nous que le poëte a dit :

Tout commence ici bas, et tout s achève ailleurs.

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