‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la natureChapitre 93 sur 129 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

11 dit, hieotôt le fer qu'on «les canots fecèle, Dt son 0)8 einpre«< secoQ^e les uino^ B| d*Qn cl|^ lOMffa dépouilla le« ramewii : Dédale les assemble, et, d'ane main safante. Unit le bols ftesiblc ft la toile mooTaate.

Que ce soit Dédale ou un autre qui ait le premier fott entrer le chêne dans la construction des navires, nous savons fort peu de chose sur les matériaux qui les composaient.

l4^ éc^ivaina, qui se soiut occupés de la marine des an- €»bens peuples, ont recherché surtout quelle avait été la forme de leurs navires, et ils sqnt très-achres de détails sur \^ nature des bois avQc lesquels ils étaient bfttis. * Les population? qui se livrèi^eat les premières au coob* merce maritime, habitait, les bords de la MAiiterranée, avaient: à l,eup disposition des. arbres d'essence, très-variées, pins, mélèzes, chêne, frêne, aune, peuplier, etc. ; il est probable que, suivant les localités^ tel bois était en usage de préârenœ i t^l auka. U mt ]?exm» de piei^eejt aussi que

plusieurs espèces ligneuses étaieut mises à contribution pour la construction des vaisseaux.

Dans un passage d'Ezéchiel sur la ruine de la superbe Tyr, par Nabuchodonosor, le prophète la compare, au temps de sa prospérité, à un navire, et s'écrie :

• Ils ont fait tout le corps et les divers étages de votre vaisseau en sapin de Sanir ; ils ont pris un cèdre du Liban pour vous faire un mât.

t Ils ont mis en œuvre les chênes de Basan pour faire vos rames ; ils ont employé l'ivoire des Indes pour faire vos bancs, et le bois qui vient des îles d'Italie pour faire vos chambres et vos magasins. »

Ce passage nous montre le chêne, là où nous ne nous attendions pas à le trouver. Les rames ou les avirons de chêne devaient être d'un poids qui les rendait peu maniables. Nous savons au contraire que les béquilles avec lesquelles on soutenait les vaisseaux d'alors sur le rivage, étaient en chêne ; nous savons également, et c*est Homère qui nous l'apprend, que les Grecs défendaient leurs navires avec des pieux du chêne le plus dur, et terminés par une tête d'airain; ils donnaient à ces engins le nom de

ÇuffTOV.

Un fait qui semble incontestable, c'est que les anciens cherchaient, pour la coque de leurs barques, les bois les plus légers. Il ne pouvait en être autrement, puisque nous savons que, pendant leurs relâches , ils balaient à terre leurs vaisseaux, et que la flotte des Grecs, pendant le siège de Troie, était tout entière à sec sur le littoral.

Les mots jrintùs^ abies étaient synonymes de navires :

PeUaco quondam prognatœ vertice pinus IHcanhùT liquidas NepPuni nasse per undas..

L'aune était même préféré au chêne, et passait pour trèspropre aux constructions navales*:

Fhbctibus apiior alnus.

LuCAINy liv^. UT.

Les rames n'étaient plus en chêne comme on pourrait le croire, d'après le passage d'Ezéchiel.

Cerula vertentes abiegnis wquora palmis. '

Catulle.

Verrons-nous encore une preuve que le chêne était exclu de la coque des navires dans ce passage du cinquième livre de l'odyssée î

€ Calypso conduisit Ulysse à l'extrémité de son île, où croissaient les plus grands arbres : on y voyait <ies aunes des peupliers, des sapins, dont la tète semblait se perdre dans le ciel, ils étaient d'une grande beauté et très-propres à construire des navires légers , étant entièrement dépouillés de leur humidité. »

Si le chêne ne constituait pas la masse principale de ces nefs antiques, il est probable cependant qu'il y entrait en petite proportion pour former la partie dont la solidité était la plus essentielle, ce qu'on nomme maintenant les fonds d'un navire.

Les Grecs nommaient jpuoxoff, la sentine ou la cale de leurs vaisseaux. Le chêne s'y rencontrait donc.

D'un autre côté, d'après un passage du quatrième livre de TEnéide, 697, on pourrait aussi admettre que quelques pièces de chêne figuraient à la base de .la carcasse :

Semiiùsta madescunt

robora

Avec le perfectionnement de la science nautique, le chêne se fit peu à peu une place importante dans les carènes.

Au combat de Marseille, Brutus avait des vaisseaux: trèsgrands , d'une construction très-solide , où dominait le chêne.

Twnc quœ eum que ratis robora Bruti Ictu vicia stio perçusses capta cohœsU.

LucAiNy liv. ui, V. 57-65.

Le mot transira^ employé pour désigner les poutres ou

baux allant d'un bord à l'autre, me semble indiquer que

ces pièces étaient en chêne. Transira ne vient pas de

Prannrey traverser, comme on l'a cru, mais du celtique

treust^ qui veut dire poutre de chêne, et qui lui-même

dérive de Apua, chêne.

Les flottes romaines ne devaient avoir qu'une durée

très-éphémère. L'association de divers bois est une mauvaise condition de conservation, et de plus, les anciens n'ayant pas de dépôts de bois de constructions, bâtissaient avec du chêne récemment coupé. En 45 jours, dit Pline, une flotte de 220 galères fut construite, équipée et envoyée contre Hiéron, tyran de Syracuse.

César se plaignait de galères construites avec des bois ooupés seulement depuis 30 jours.

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